L'Usine Energie

"Trop de défectuosités" pour réparer la cuve du réacteur de la centrale nucléaire belge

Elodie Vallerey ,

Publié le

L'impossibilité de réparer la cuve affectée par les fissures dans le réacteur n°3 de la centrale nucléaire de Doel oblige la Belgique à envisager l'arrêt définitif du réacteur.

Trop de défectuosités pour réparer la cuve du réacteur de la centrale nucléaire belge © Wolf-Ulf Wulfrolf - Flickr - C.C.

Les informations se précisent sur les anomalies récemment détectées dans la cuve d'un réacteur de la centrale de Doel lors de son inspection annuelle. Le quotidien belge Le Soir fait état d'une "fissure de 15 à 20 millimètres".

Une défectuosité qui oblige l'Agence fédérale belge de contrôle nucléaire (AFCN) à se montrer prudente sur l'avenir du réacteur n°3 de Doel. Willy de Roovere, son directeur, s'est exprimé à ce sujet ce vendredi 10 août lors d'une interview à la radio publique RTBF : "Je suis assez sceptique pour le moment", a-t-il confié, répondant à une question sur la possibilité de réutiliser la cuve défectueuse.

Et de poursuivre : "Il reste quand même la possibilité de prouver que je me trompe, mais il y a un peu trop de défectuosités à notre goût".

La réparation de la cuve ne semble pas à l'ordre du jour. "Une éventuelle réparation de la cuve est pratiquement impossible et n'est pas l'option à retenir, parce qu'il est à craindre qu'une telle opération fasse apparaître de nouvelles tensions dans la paroi de la cuve, ce qu'il faut absolument éviter", explique l'AFCN dans la fiche d'informations qu'elle a mis à la disposition du public sur son site internet. "Un remplacement de la cuve est extrêmement difficile (dose élevée de rayonnements) et n'a jamais eu lieu où que ce soit dans le monde".

Une réunion le 16 août entre représentants de la sécurité nucléaire des pays concernés

Hier, on apprenait que neuf autres réacteurs (22 en tout dans le monde) étaient équipés de cuves fabriquées par le même constructeur hollandais, Rotterdamsche Droogdok, qui a depuis cessé ses activités.

L'agence de sûreté nucléaire belge prend le problème de Doel à bras le corps.  Elle a notamment annoncé une réunion le 16 août prochain à Bruxelles des représentants des autorités chargées de la sécurité nucléaire des pays concernés. Car selon l'Union européenne, en l'absence de constructeur pour mener les vérifications dans ses cuves, "ce sont les agences nationales (de sécurité nucléaire) qui sont responsables".

En Belgique, une inspection de routine est programmée en septembre pour le réacteur numéro de 2 de la centrale belge de Tihange, mis à l'arrêt par précaution lors de la découverte des fissures dans la cuve du réacteur de Doel. Selon l'AFP, la Suisse a également prévu un contrôle à Mühleberg.

Les Néerlandais en revanche "n'ont pas encore décidé" si une inspection du réacteur de Borssele "s'avérait nécessaire", a indiqué vendredi à l'AFP une porte-parole du ministère de l'Economie.

Selon l'AFP, l'enjeu est lourd en Belgique, car la mise à l'arrêt de Doel 3 et de Tihange 2 va priver le pays d'un tiers de sa production d'électricité.

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