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"Trop c’est trop, il faut arrêter de plumer l’encadrement", selon Carole Couvert

Publié le

Pour sa première rentrée comme présidente de la CFE-CGC, Carole Couvert a affiché une certaine vélocité. S’affichant comme la défenseuse du pouvoir d’achat des classes moyennes, elle a regretté la timidité de la réforme des retraites et s’est inquiété d’un éventuel plafonnement de l’assurance chômage. Menaçant même de créer un système de protection sociale réservé aux cadres.

Trop c’est trop, il faut arrêter de plumer l’encadrement, selon Carole Couvert © Wikimedia Commons

Cela sonne comme un avertissement. Pour sa conférence de presse de rentrée, Carole Couvert, la présidente de la CFE-CGC avait décidé d’adopter un ton offensif. Si elle continue de militer en faveur d’un syndicalisme de propositions, elle n’entend pas laisser tondre la laine sur le dos des cadres. Or, pour elle, c’est la direction que prend la politique gouvernementale depuis quelques mois.

Ainsi est-elle très critique sur la réforme des retraites, "une réformette" qui n’est pas "la grande réforme que le gouvernement voudrait nous faire croire" estime-t-elle. Sur ce dossier, les causes de mécontentement ne manquent pas. Comme par exemple, la hausse des cotisations salariés et patronales, qui vont pénaliser le pouvoir d’achat, pouvoir d’achat qui était "une promesse du président de la République quand il était candidat", rappelle-t-elle, regrettant que le gouvernement n’ait pas adopté les propositions de la CFE-CGC qui reposait sur la création d’une contribution sur la consommation que le syndicat se garde bien de nommer "TVA sociale".

Même les points de la réforme qui emportent son adhésion sont critiqués car ils ne vont pas assez loin. Si Carole Couvert salue la création d’un compte pénibilité, elle lui attribue un "peut mieux faire" : "il faut intégrer les risques psycho-sociaux dans les facteurs de pénibilité", notamment le stress et le burn out. Sur ce dernier point, la confédération a précisé sa position, expliquant qu’elle allait œuvrer pour faire reconnaître le burn out comme une maladie professionnelle dans un premier temps. Autre avancée du texte sur les retraites que critique Carole Couvert : la possibilité de racheter des années d’études. La mesure qui figure dans le projet de loi est trop restrictive à ses yeux. Elle souhaiterait que les années d’étude puissent être rachetées pendant les dix années suivant la fin des études, car "la première année les jeunes salariés ont d’autres priorités".

Ne pas manifester mais faire du lobbying auprès des parlementaires 

Malgré toutes ces critiques, la CFE-CGC ne défilera pas le 10 septembre avec les syndicats plus contestataires (la CGT et F.O.). Que le gouvernement n’y voie pas une adhésion qui n’ose pas dire son nom. Carole Couvert a indiqué que la question avait été très disputée entre les différentes fédérations de la CFE-CGC, certaines d’entre-elles étant partisanes de battre le pavé, avant de rallier la ligne majoritaire. Cela ne veut pas dire que rien ne sera fait. Carole Couvert a prévenu : "nos militants vont aller voir les députés et les sénateurs pour qu’ils soutiennent des amendements", modifiant le texte dans un sens favorable au syndicat.

La question des retraites était l’apéritif. C’est sur le dossier de l’assurance chômage que Carole Couvert s’est montrée la plus combative, traçant fermement une ligne rouge sur la question de l’indemnisation du chômage des cadres : le syndicat de l’encadrement refusera tout nouveau plafonnement de l’indemnisation du chômage. "Trop c’est trop, il faut arrêter de plumer l’encadrement" a estimé Carole Couvert. Elle a par ailleurs rappelé que les cadres cotisaient relativement plus (30 % des ressources de l’assurance chômage sont payées par eux, indique-t-elle) qu’ils ne reçoivent (18 % du même total). 

La double peine des classes moyennes

Décidément très en verve, Carole Couvert estime qu’un déplafonnement des prestations constituerait "la fin de la solidarité nationale" puisque certains paieraient toujours plus pour percevoir toujours moins. Et d’évoquer une double peine pour les classes moyennes "trop pauvres pour faire de l’évasion fiscale mais trop riches pour percevoir les allocations du système social."

Si elle n’est pas entendue, elle a indiqué que la CFE-CGC ne signerait pas la nouvelle convention d’assurance chômage qui doit être renégociée d’ici à la fin de cette année. Elle a, en outre, assuré que si le plafonnement était adopté, la CFE-CGC organiserait une consultation pour étudier le coût et l’opportunité d’un système privé de protection sociale pour les cadres.

La menace est virtuelle. Les syndicats n’ont pas vraiment la possibilité de créer un système de protection sociale. Ou s’ils le faisaient, cela ne dispenserait pas de cotiser au système interprofessionnel. Par cette annonce, Carole Couvert a surtout voulu indiquer que les classes moyennes étaient à bout et montrer au gouvernement et aux partenaires sociaux la limite à ne pas franchir.

Christophe Bys

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1 commentaire

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09/09/2013 - 20h18 -

C'est bien de hausser le ton mais la CFE-CGC ferait mieux de passer à des actes forts.
Ainsi, par exemple, elle ferait bien avancer les choses si elle soutenait ceux qui essaient de quitter le monopole illégal de la sécurité sociale.
cf http://jequittelasecu.blogspot.fr/
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