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Troisième conférence sociale : patrons et gouvernement sous le feu des syndicats

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Publié le , mis à jour le 07/07/2014 À 09H58

La troisième conférence sociale qui démarre ce lundi 7 juillet s’ouvre dans un climat de rupture entre les syndicats et le gouvernement socialiste. Elle pourrait signer la fin d’une première période du quinquennat qui avait mis le dialogue social au centre de sa politique.

Troisième conférence sociale : patrons et gouvernement sous le feu des syndicats

Jamais conférence sociale ne s’est ouverte dans un climat aussi tendu depuis que François Hollande a institué ce grand raout annuel. Le chantage au boycott ayant réussi aux organisations patronales, CGT et Force ouvrière menacent à leur tour de ne pas participer à la troisième édition qui démarre ce lundi 7 juillet au Conseil économique, social et environnemental (CESE). Les dirigeants de ces organisations, Thierry Lepaon et Jean-Claude Mailly, rencontreront bien le président de la République, lundi, en ouverture de la conférence. Mais leurs syndicats pourraient décider dans la journée de ne pas participer aux tables rondes de mardi matin et de sécher la clôture de la rencontre par Manuel Valls mardi après-midi.

Vendredi matin, Thierry Lepaon laissait retentir sa colère au siège de la CGT, à Montreuil : "Manuel Valls cédant au patronat avant même le début de la conférence sociale a franchi une ligne rouge qu’il n’aurait pas dû franchir". Suite aux menaces du Medef de ne pas participer à la conférence sociale, le premier ministre a effectivement annoncé la semaine dernière un report partiel du compte pénibilité, un assouplissement des nouvelles règles du temps partiel et sa volonté de simplifier le code du travail. Du coup, le Medef a confirmé sa participation. Mais ces décisions gouvernementales ont suscité une vaste colère des organisations de salariés. Jean-Claude Mailly, patron de FO, a lui aussi indiqué que son syndicat "marquera le coup". "Notre comportement ne peut plus être le même que celui qui était prévu avant la déclaration de Manuel Valls", a-t-il ajouté.

"Le Premier ministre a fait une erreur"

Le gouvernement a même réussi à fâcher la CFDT, son partenaire de toutes les négociations depuis le début du quinquennat. Son secrétaire général Laurent Berger a dénoncé une "rupture du dialogue social". "A quatre jours de la conférence sociale, répondre à  une menace du patronat, cela n’entre pas dans la conception de la démocratie sociale qu’a la CFDT, a-t-il déclaré dans les colonnes du Monde. Le premier ministre fait une erreur" .Ce n’est pas le genre de l’organisation de Laurent Berger de manquer un rendez-vous social, mais la CFDT pourrait se montrer plus exigeante que jamais sur ses revendications. Notamment sur le renforcement du dialogue social dans les petites entreprises, ou sur la façon dont les entreprises doivent rendre compte de l’utilisation des sommes du pacte de responsabilité.

Pas question non plus pour la CFE-CGC de pratiquer la politique de la chaise vide, Carole Couvert souhaitant porter les revendications de ceux qu’elle représente. "Mais c’est inquiétant, que le gouvernement recule face à chaque protestation, commente-t-elle. S’il n’apporte pas un signal aux classes moyennes, on se prépare un automne de marche". Autrement dit, le syndicat des cadres et techniciens sera prêt à battre à nouveau le pavé.

Désaccord patronat-syndicats sur le nombre de branches qui négocient le pacte

En essayant d’obtenir encore plus du gouvernement, le Medef ne risque-t-il pas de définitivement braquer toutes les organisations syndicales, y compris les plus disposées à négocier ? Et de ne plus pouvoir discuter  de rien avec personne ?  Dans le contexte actuel, quel syndicat va accepter d’aller négocier sur les institutions représentatives du personnel, alors que Manuel Valls a invité les partenaires sociaux à engager une discussion sur les seuils sociaux – nombre de salariés à partir duquel il faut créer un comité d’entreprise, par exemple ?

L’organisation de Pierre Gattaz a d’ailleurs tenté de faire taire les critiques il y a quelques semaines, en brandissant la liste des vingt branches qui auraient commencé à négocier sur les contreparties au pacte de responsabilité. Problème : les organisations syndicales de ces branches démentent formellement tout début de discussion, sauf dans quatre ou cinq d’entre elles. Mais c’est bien la preuve que le Medef a compris qu’il devait montrer patte blanche de temps en temps.

Quant au gouvernement, il a pris un gros risque, celui de casser la dynamique de dialogue social de la première moitié du quinquennat. Un risque assumé par un premier ministre dont le principal moteur est d’accélérer le rythme des réformes, quitte à prendre de court celui plus lent du dialogue social. François Hollande, en soutenant Manuel Valls, tourne une page. Y aura-t-il une conférence sociale l’an prochain ?

Cécile Maillard

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1 commentaire

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07/07/2014 - 11h06 -

Mais que vont faire les syndicats de salariés dans cette galére de " conférence antisociale"? pourquoi ne font-ils pas du chantage comme le fait en permanence le medef , la cgpme etc..?, qu'attendent-ils de Valls , ce premier ministre qui est à la botte des patrons ? sont-ils naïfs , crédules ou amusent-ils les français ? dans ce dernier cas , alors ils vont bientôt se retrouver encore plus en sous nombre donc en sous représentation!! On comprend souvent pourquoi la base des syndiqués ne suit plus les directives apaisantes des chefs syndicaux.
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