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Trois raisons pour lesquelles la reprise est une mauvaise nouvelle pour les DRH

Christophe Bys , ,

Publié le

La reprise est là, et c'est une bonne nouvelle pour tous ceux qui cherchent un emploi. Plusieurs études récentes donnent une idée de la liste des défis qui attendent les DRH. Ils vont devoir retenir les talents et même attirer les meilleurs, dans un contexte où les demandes de hausses de salaire à l'embauche vont se faire de plus en plus pressantes.

Trois raisons pour lesquelles la reprise est une mauvaise nouvelle pour les DRH
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© thinkpanama - Flickr - C.C.

On ne sait si ce sont les dernières décisions du précédent Président de la République, François Hollande, ou bien les premières mesures prises par Emmanuel Macron qui portent leurs fruits. Toujours est-il que la reprise économique a pointé son nez au deuxième semestre de 2017 et se confime début 2018. Avec un taux de croissance à 1,9%, les perspectives économiques n’ont jamais été aussi bonnes depuis plusieurs années, à tel point que certains parlent de plein emploi pour les cadres, voire sur certains métiers de situations de graves pénuries.

Reste que ce qui semble être une bonne nouvelle va poser des problèmes aux entreprises. Pour commencer, ce sont les DRH qui vont se retrouver en première ligne. Ils vont être confrontés à au moins trois problèmes : l'inflation salariale, notamment à l'embauche, le besoin de nouveaux cadres dirigeants et experts, et la rétention des talents sur fond d'ennui au travail.

"Moi y'en a vouloir des sous"

C’est l’étude Universum sur les entreprises préférées des jeunes diplômés qui l’indique : pour recruter ces jeunes, il va falloir avoir des arguments sonnants et trébuchants. Universum interroge en effet les futurs jeunes diplômés sur les critères d’attractivité des potentiels employeurs. Et il en ressort que la perspective d’avoir de futurs revenus élevés revient en force. Elle arrive en première réponse des élèves d’école de commerce avec plus de 60 % de citations, et en seconde position chez les élèves d’école d’ingénieurs (plus de 50 % de citations). Ce critère "progresse sur les deux populations", note Universum.

A l’inverse, tous les critères qui avaient monté pendant la crise - et sur lesquels les DRH s’étaient jetés - régressent, note l’institut : c’est le cas de l’innovation, mais aussi de "l’environnement de travail créatif et dynamique" ou encore du "travail en équipe". L’étude réalisée par RegionsJob sur les seuls développeurs informatiques évoque le salaire comme la première motivation pour un changement de poste. Il est cité par 75 % des sondés, devant les technologies et méthodes utilisées, et l’équilibre vie privée - vie professionnelle.

Il est trop tôt pour en tirer des conclusions définitives, mais il se pourrait que le changement de génération décrit par les spécialistes de la génération Y ne traduisait peut-être que l’adaptation des jeunes à la conjoncture... Ayant intégré que la crise était là, ils avaient revu leurs prétentions salariales immédiatement. L’activité reprenant, ils s’adaptent tout aussi rapidement, ayant bien compris, que sur le marché de l’emploi comme au surf, il faut savoir prendre la vague avant qu’elle ne se forme. Sinon on risque de finir sur le rivage et se prendre sa planche sur la tête !

Trouver des dirigeants : un impératif qui concerne tout le monde en même temps

Deuxième enjeu pour les ressources humaines : le recrutement de cadres de haut niveau. Quand la conjoncture repart, les recrutements de cadres de haut niveau et d’experts, qu’on avait repoussés à des jours meilleurs, ne peuvent plus attendre. Sauf que quand tout le monde s’y met en même temps, trouver la perle rare devient plus difficile. L’étude menée par OpinionWay pour le cabinet Eurosearch & Associés sur les seules PME et ETI montre qu’en trois ans, la part d’entreprise cherchant à renforcer leurs équipes de direction dans les six prochains mois a crû de 9 points, passant de 43% en juin 2015 à 52% en janvier 2018.

Dans les ETI réalisant plus de 100 millions de chiffres d’affaires, la proportion monte à 68%. En tête des fonctions les plus recherchées figurent les directions commerciales, les directions industrielles et opérationnelles, mais aussi tout ce qui concerne l’informatique, les systèmes d’information et le digital. C’est dire à quel point on recherche des spécialistes de la vente pour les développer. Cela traduit la confiance des dirigeants sur la poursuite de la conjoncture.

L'ennui au travail (ou comment lutter contre)

Troisième enjeu pour les DRH : la rétention des talents. Quand le climat va mieux, celles et ceux qui n’osaient plus quitter leurs postes, tétanisés par le risque du chômage, recommencent à se dire que l’herbe est plus verte ailleurs et sont prêts à aller le vérifier. Dans ce contexte, l’ennui au travail représente un véritable danger. Un salarié qui s’ennuie est susceptible de claquer la porte.

Une étude de Robert Half révèle que, si 25% des directeurs généraux interrogés ne s’ennuient jamais au travail, 13,5% d'entre eux estiment qu’un salarié quelconque peut s’ennuyer l’équivalent des deux tiers d’une journée par semaine. Un DG sur cinq considère qu’un salarié peut s’ennuyer pendant 10% de son temps de travail et 6 % qu’il peut s’ennuyer jusqu’à 20% de son temps. A leurs yeux, les raisons qui expliquent l’ennui au travail, autrement dit les leviers sur lesquels DRH et managers doivent travailler, sont le manque de diversité des tâches à accomplir (35%), le manque de défi dans les missions (35%), des réunions trop nombreuses et chronophages (30%), le manque d’intérêt des missions confiées (25%).

Mais la rétention des talents ne concerne pas les seuls salariés qui s’ennuient. D’autres risquent de partir parce qu’ils sont très demandés. C’est le cas des développeurs. 44% d’entre eux pensent ne plus travailler dans la même entreprise dans un an. Ils sont 60% à se déclarer dans la même situation à un horizon de deux ans et 84% d’ici à cinq ans. Rien d’étonnant à cela, ils sont hyper sollicités. 61 % d’entre-eux reçoivent entre 1 et 10 sollicitations par mois ; 6% en reçoivent plus de 10 ! Plus de la moitié des développeurs (53%) estiment cependant que les offres reçues sont peu ou pas du tout pertinentes.

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