Trois questions à Marc Touati : "Les entreprises doivent arrêter de licencier"

Alors que les plans sociaux se poursuivent dans presque tous les secteurs, les chiffres du chômage de juin seront connus ce lundi à 18 heures. Pour Marc Touati, économiste et directeur général de Global Equities, les entreprises doivent se mettre à réinvestir pour ne pas rater le coche de la reprise.

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Trois questions à Marc Touati :

Quelles sont vos prévisions pour les chiffres du chômage de juin ?
« Aujourd’hui nous avons un ralentissement du chômage. On va rester à un rythme de 30 000 à 35 000 chômeurs supplémentaires. Au début de l’année, on a assité à des hausses de 80 000 demandeurs d’emploi de plus par mois, mais on était en pleine crise de confiance. Les entreprises n’avaient aucune visibilité. Alors elles se sont mises à trop destocker, à trop désinvestir, à trop licencier, bien au-delà de la réalité économique ! Le chômage va donc continuer à augmenter. Mais il ne faut pas s’attendre à une stabilisation avant 2010 !


Quelle va être la conséquence de cet afflux de chômeurs pour l’économie française alors qu’on s’attend à une reprise au second semestre ?
C’est bien là tout le problème. Il faut arrêter de broyer du noir. Si le chômage continue d’augmenter, la crise économique va se transformer en crise sociale. Or, si les entreprises ne veulent pas rater le coche de la reprise, il faut absolument qu’elles arrêtent de licencier. Car quand l’activité va redémarrer, elles vont être obligées de réembaucher, cela prendra du temps. Comme dans toutes les situations de crise, il va y avoir des opportunités. Bien sûr il y aura des perdants, mais aussi des gagnants. La reprise est là mais il faut transformer l’essai. D'autant que ce sera une reprise molle, un rebond technique, donc il faut rester très prudent. Par ailleurs, on a un plan de relance, on voit que la consommation résiste. S’il y a un espoir, il ne faut pas le gâcher.


Le gouvernement a-t-il mis les moyens suffisants pour éviter une crise sociale ?

Le gouvernement a permis d’éviter le pire mais en France on a une politique de relance budgétaire trop faible. Cette crise n’a fait que mettre au jour les erreurs de ces trente dernières années. Il aurait fallu réduire les dépenses publiques pour avoir les mains libres et augmenter les déficits au moment où l’économie en a besoin comme en ce moment. Par exemple, entre 1999 et 2001, en période de forte croissance, la France aurait dû en profiter pour réduire les déficits alors qu’elle les a aggravés. Entre 2002 et 2008, les dépenses de fonctionnement de l’Etat ont augmenté de plus de 10,5 milliards par an. Si on avait cessé ses dépenses, on aurait aujourd’hui un plan de relance de 90 milliards d’euros. »

Propos recuillis par Carmela Riposa








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