Trois pistes pour lutter contre le gaspillage alimentaire

Alors que se tenait, ce 16 octobre, la sixième journée nationale de lutte contre le gaspillage alimentaire, l'ensemble des acteurs du secteur se penchent sur des solutions pour réduire les pertes. 

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Trois pistes pour lutter contre le gaspillage alimentaire
6ème journée nationale de lutte contre le gaspillage alimentaire

Depuis la loi Garot de 2016, la lutte contre le gaspillage alimentaire est l'une des priorités de la filière. Durant les Etats Généraux de l'Alimentation, qui se sont tenus au second semestre 2017, un atelier était dédié à la problématique "anti-gaspi". Résultat : le texte de 2016, qui concernait exclusivement la grande distribution en incitant l'utilisation des invendus propres à la consommation par le don ou la transformation a été étendu à l'industrie et à la restauration collective.

Selon les chiffres de l'Ademe, plus de 10 millions de tonnes de déchets alimentaires sont jetés chaque année en France parmi lesquelles 2 millions de tonnes d'ingrédients encore consommables. Cela représente plus de 7 kilos de produits emballés par an et par habitant. En 2013, la France s'est engagée à réduire ce chiffre de 50% d'ici à 2050. Pour tenir cet objectif, industriels, consommateurs et distributeurs se penchent sur des solutions.

Changer la date de péremption

L'une des principales pistes de réflexion repose sur la clarification des mentions relatives aux dates de consommation indiquées sur les produits. D'après les chiffres d'une étude publiée en 2011 par la Commission européenne, la mauvaise compréhension des dates de péremption serait responsable de 20% du gaspillage alimentaire.

A l'heure actuelle, deux mentions apparaissent sur les aliments : la DLC (date limite de consommation.) et la DDM (date de durabilité minimale). C'est cette dernière qui est pointée du doigt. D'après les experts, elle ne relève pas de questions sanitaires mais induit les consommateurs en erreur et favorise le gaspillage.

Les fondateurs de l'application #togoodtogo, qui proposent des paniers d'invendus à moindre prix, ont profité de la journée nationale de lutte contre le gaspillage alimentaire pour lancer une pétition afin que cette DDM soit modifiée. "Nous appelons les industriels à une révision de la sémantique utilisée pour la désignation des DDM afin de rajouter la mention "mais toujours bon après ou mais aussi après", explique Lucie Basch, fondatrice de l'application. L'initiative a déjà reçu le soutien de grands noms de la distribution comme Carrefour ou Auchan.

Optimiser le don grâce à la foodtech

Pour prendre en charge leurs dons alimentaires, les enseignes de la distribution peuvent compter sur une kyrielle de startups, créées dans la foulée de la loi de 2016, pour s'occuper de la logistique et du lien avec les associations destinataires des produits. Comerso ou Phenix sont parmi les deux plus grosses du secteur. Rémunérées par la grande distribution (GMS), elles se chargent de rechercher les associations et d'assurer la collecte et le suivi des produits. Aujourd'hui, destinées à la GMS, ces solutions pourraient demain s'appliquer à l'industrie et à la restauration collective.

Optimiser les processus de fabrication

Si les distributeurs jouent le jeu, les industriels, de leur côté, ne sont pas en reste. L'Association nationale des industries alimentaires (ANIA), s'est engagée, à travers son manifeste des "1000 jours pour mieux manger" à "limiter et valoriser des déchets industriels et des co-produits pour lutter contre le gaspillage alimentaire". A ce titre, elle soutien le dispositif "IAA témoin" en partenariat avec l'ADEME. Lancé en 2017, le projet a pour but d’accompagner vingt industries agroalimentaires en réalisant un diagnostic de leur site industriel, puis de proposer un plan d’actions sur-mesure pendant neuf mois. L'opération, actuellement en cours, devrait permettre de dessiner les grandes lignes d'amélioration pour l'ensemble du secteur.

En attendant, les industriels peuvent, d'ores et déjà, s'appuyer sur un réseau de start-up qui, à l'image de Biotraq, proposent des solutions de "traça-qualité" dont l'objectif est d'aider les industriels à savoir s’ils peuvent conserver les produits ou s’ils doivent les jeter, et pourquoi. "Nous proposons des solutions pour suivre les produits périssables jusqu’au consommateur et établir en temps réel une date limite de consommation dynamique, car électronique" explique Olivier Duchesne de Lamotte, le président de Biotraq. De quoi sensibiliser tous les acteurs de la chaîne alimentaire en même temps.

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