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Election présidentielle 2017

Trois philosophies pour l'assurance chômage

Cécile Maillard , , , ,

Publié le

Trois philosophies pour l'assurance chômage
L’emploi reste l’une des préoccupations majeures des électeurs.

Les entreprises citées

La lutte contre le chômage reste la priorité des Français. Sur ce sujet, les candidats à la présidentielle avancent principalement des propositions économiques. Plusieurs préconisent aussi une réforme de l’assurance chômage. Trois grandes approches idéologiques s’affrontent.

La fin du régime assurantiel

Emmanuel Macron est le seul à proposer une réforme radicale. L’État reprendrait en main l’assurance chômage, aujourd’hui confiée aux partenaires sociaux : à lui de définir le montant des indemnités, la durée de l’indemnisation et de gérer les ressources. Universelle, l’indemnisation chômage serait accessible à tous les actifs (indépendants, entrepreneurs, salariés démissionnaires…). Pour la financer (son coût est estimé à 2?milliards d’euros), Emmanuel Macron supprime les cotisations chômage des salariés (2,4 % du salaire) et les remplace par une hausse de la CSG (de 1,7 %), qui touche aussi les revenus de remplacement ou du capital. C’est la fin du système actuel dans lequel on cotise pour toucher, en cas de besoin, une indemnisation proportionnelle à son effort. Le montant de l’allocation serait fixé par le gouvernement, sans être nécessairement lié au dernier salaire. Un peu comme en Grande-Bretagne, où le montant de l’allocation est forfaitaire, variant uniquement avec l’âge. Ce projet, selon Bruno?Coquet, expert de l’assurance chômage, « n’est encore qu’une esquisse. Ses grandes lignes sont donc compatibles à la fois avec une assurance à la française, très contributive et coûteuse, et un régime à l’anglaise, moins cher mais avec des allocations forfaitaires. Les cotisations des employeurs posent aussi question : seront-elles modulées et comment? Étendues aux employeurs du secteur public, qui aujourd’hui s’en exempte pour une grande part ? »

L’approche coercitive

François?Fillon défend l’idée qu’une indemnisation moins généreuse poussera les chômeurs à reprendre un emploi. Sa proposition phare : instaurer une dégressivité des allocations chômage, qui baisseraient au bout de six mois. Bruno?Coquet reste dubitatif : « Tous les travaux de recherche montrent que cette dégressivité ne favorise pas le retour à l’emploi. Appliquée en France dans les années?1990, l’évaluation a montré qu’elle aurait ralenti le retour à l’emploi. Elle peut certes générer quelques économies, mais à court terme et modestes. » Toujours pour accentuer la pression sur les chômeurs, François Fillon propose que tout refus d’emploi soit motivé, et un deuxième refus non motivé sanctionné. Emmanuel Macron suit la même ligne, puisqu’il suggère de suspendre les allocations après deux refus d’« offres raisonnables » d’emploi, et de renforcer les contrôles en y affectant 1 000?agents spécialisés. « Croire que les demandeurs d’emploi restent au chômage uniquement pour profiter de l’allocation ne tient pas la route : la moitié d’entre eux ne sont pas indemnisés, souligne Bruno?Coquet. La recherche n’a pas démontré que l’assurance chômage française est trop généreuse ni ne pose un tel un problème d’aléa moral. »

Un revenu pour tous sans condition

Ni Jean-Luc Mélenchon ni Benoît Hamon ne parle d’équilibre des comptes de l’Unédic ou d’un impact de leurs propositions sur la reprise d’emploi. Le premier veut bâtir une « sécurité sociale intégrale ». Quand un chômeur arrivera en fin de droits, il pourra invoquer un « droit opposable à l’emploi » et se tourner vers l’État pour qu’il lui trouve « un emploi en lien avec sa qualification, sur une mission d’intérêt général ». Il défend une indemnisation dès le premier jour de chômage, au moins égale au seuil de pauvreté, et ouverte aux démissionnaires. Des mesures qu’il chiffre à 2?milliards d’euros. Comme Emmanuel?Macron, il compte, pour les financer, sur la baisse du chômage induite par ses réformes. Benoît Hamon mise, lui, sur le revenu universel pour assurer des revenus aux personnes sans emploi. Son idée est de verser une allocation pouvant s’élever jusqu’à 600?euros à tous ceux qui gagnent moins que 1,9?smic, chômeurs inclus. Il n’est pas question d’une réforme de l’assurance chômage.

Enfin, Marine Le Pen compte sur ses mesures protectionnistes et sur une taxe sur l’emploi des étrangers pour faire baisser le chômage, dont elle ne prévoit pas de réformer le système. 

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