L'Usine Aéro

Trois choses à connaître sur GKN Aerospace, objet de l'OPA hostile d'une société d'investissement

Aurélie M'Bida , ,

Publié le

Il fournit Airbus pour Ariane 6 et l'A380 ou encore Boeing, GKN Aerospace est un partenaire incontournable des grands groupes industriels de l'aéronautique et du spatial. Pourtant, après une offre de rachat dont ses dirigeants ne veulent pas entendre parler, c'est tout un groupe qui se remet en question. Portrait en trois points.

Trois choses à connaître sur GKN Aerospace, objet de l'OPA hostile d'une société d'investissement © GKN Aerospace

Un Safran britannique ou un Thales, par la taille et par la performance, l'équipementier aérospatial britannique GKN Aerospace, fait parler de lui en dehors des frontières de l'archipel alors qu'il expérimente une crise majeure. Après une offre publique d'achat jugée hostile de son compatriote Melrose Industrie, répondant à l'appel d'un serrage de ceinture de la société-mère GKN, la filiale Aerospace a dû proposer une réorganisation complète et une autre stratégie pour tenter de convaincre ses actionnaires. Symbole des difficultés vécues par les fournisseurs de 1er rang de l'aéronautique et du spatial, touchés par ricochet par les politiques de diète de leurs grands donneurs d'ordre, le sort de GKN Aerospace reste à observer à la loupe. Comme un cas d'école.

Qui est GKN Aerospace ?

Division aérospatiale du groupe industriel britannique GKN, GKN Aerospace fabrique des pièces pour la plupart des grands constructeurs mondiaux tels Airbus, Boeing ou encore Ford. GKN Aerospace se positionne ainsi en tant que fournisseur de premier rang d'aérostructures, de produits et de systèmes de moteurs, et de systèmes de câblage électrique pour l'industrie aérospatiale. Fleuron du secteur aéro en Grande-Bretagne, GKN Aerospace emploie près de 18 000 personnes au sein de 52 sites dans 14 pays autour du monde. Ses produits équipent par exemple l'A350 XWB et l'A380 d'Airbus, le Boeing 737. Pendant 15 ans, GKN Aerospace a fabriqué la tuyère de moteur d'Ariane 5, et travaille actuellement pour le futur lanceur européen Ariane 6.

Pourquoi parle-t-on de lui ?

Objet d'une OPA hostile de 7,4 milliards de livres de Melrose Industrie au mois de janvier dernier, l'ingénieriste est aujourd'hui obligé de revoir toute son organisation pour convaincre ses actionnaires de rejeter l'offre jugée trop basse. "Trop souvent nous avons poursuivi la croissance au détriment des rendements, ce ne sera plus le cas", a écrit Mike Turner le président de GKN Aerospace aux actionnaires le 1er février, les priant de "ne prendre aucune décision" en faveur de l'offre de son compatriote. La restructuration a été évaluée par les experts à un coût de 450 millions de livres sterling à GKN, dont 32 % seront engagés cette année et 44 % en 2019, promet GKN dans un second courrier le 15 février. La division pourrait également tailler dans ses activités (et ses effectifs) notamment aux Etats-Unis ou encore dans son activité roues automobiles, identifiées comme non stratégiques.

Quel avenir envisageable pour ce géant fragilisé ?

En fin de compte, la bataille "hostile" pour l'acquisition de GKN Aerospace se résume en une question : à savoir qui les actionnaires vont-ils choisir pour gérer l'entreprise. Le management existant ou quatre recrues promues par le spécialiste du redressement Melrose Industries ? Tous deux promettant des dividendes substantiels et autres revenus exceptionnels.
En tout cas, la mainmise potentielle sur GKN, ne laisse pas la classe politique aphone. Jeremy Corbyn, leader Travailliste, a plaidé mardi 20 février lors d'une conférence de l'EEF pour un futur gouvernement qui "interviendrait pour empêcher des prises de contrôle hostiles", rapporte The Guardian. Il propose, si son parti gagne les prochaines élections, d'"élargir la portée du motif d'intérêt public" pour permettre au gouvernement d'arrêter les prises de contrôle qui menacent de "détruire (notre) base industrielle".

Vidéo – Ce que  fait GKN Aerospace en images

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