[Tribune] Transition écologique : faites-la avec l’ISO 14001

3 septembre 2020 : annonce d’un plan de relance de 100 milliards d’euros post-Covid, à forte connotation verte. 5 juin 2021 : journée mondiale de l’environnement. Entre ces deux dates, neuf mois…et un constat : inutile de multiplier les labels. Appliquons les recettes qui marchent déjà, à l’instar de la certification ISO 14001, très largement utilisée par les PME pour sa portée internationale, estime Vincent Gillet, secrétaire général adjoint du groupe Afnor.

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[Tribune] Transition écologique : faites-la avec l’ISO 14001

Début 2021, le cœur des activistes climatiques s’est réchauffé. Election de Joe Biden à la Maison Blanche suivi du retour des USA dans l’Accord de Paris, baisse des émissions de CO2 due à la réduction des trajets motorisés dans le cadre des confinements, plan de relance tricolore prévoyant 30 milliards d’euros pour la transition écologique (dont l’industrie bas-carbone), marches citoyennes un peu partout en France… Le climat est sur tous les agendas politiques. Et au menu de tous les comex dans les entreprises.

L’ISO 14001 parle du climat, et à tout le monde

Cet élan climatique doit se faire, il doit aussi se voir. Il faut désormais démontrer au client, au fournisseur, au sous-traitant, aux pouvoirs publics que oui, dans ma PME j’agis et je change, et que non, ce n’est pas du greenwashing. Chez Afnor, nous proposons de capitaliser sur une certification qui existe déjà et qui s’appuie sur une norme volontaire internationale : l’ISO 14001. Les lecteurs et lectrices de l’Usine Nouvelle sont familiers de ce sigle, cousin de l’ISO 9001 pour la qualité, répandu sur toute la planète depuis 2004, et encore plus depuis 2015, année de la dernière actualisation de la norme volontaire qui en constitue le socle (une nouvelle mise à jour sera bientôt proposée).

Dans le monde, 312 000 entreprises l’affichaient en 2019, contre 307 000 en 2018, aux deux tiers pour des sites industriels. En France, près de 7 000 entreprises sont déjà engagées avec l’ISO 14001 (+ 5 % en un an), soit près de 20 000 sites sur le territoire (1). Et ce n’est pas qu’une affaire de grands groupes ou d’ETI : les deux tiers des entreprises utilisatrices de l’ISO 14001 sont des PME. Parmi leurs arguments : le sésame ouvre les portes des marchés publics et des marchés internationaux auprès des donneurs d’ordres, notamment ceux du CAC 40 soucieux d’acheter responsable.

Le plan de relance offre une occasion de reconnaître l’engagement effectif de ces entreprises dans la transition écologique. Allemagne, Chine, Inde et toutes les grandes économies ressentent le besoin de s’affilier à ce signe universel qui matérialise un engagement d’amélioration continue dans le domaine de l’environnement. Et dans l’environnement, il y a le climat. Alors, pourquoi créer de nouvelles estampilles monothématiques, a fortiori franco-française, lorsqu’une certification planétaire, qui parle à tous les pays signataires de l’Accord de Paris, fait déjà le job ? Jouons les complémentarités, voire les équivalences !

ISO 14001 : un engagement de progrès

C’est un fait : la majorité des certifiés ISO 14001 déclinent l’exercice à plusieurs enjeux environnementaux, en moyenne 4 à 5 (2). Les déchets sont souvent cités en tête, mais les émissions de gaz à effet de serre ne sont pas oubliées. Tous les trois ans, un auditeur vient vérifier si les objectifs fixés ont été tenus, dans cette logique d’amélioration continue propre à la certification d’un système de management, en plus de prouver une conformité réglementaire. Et cela, en évitant les transferts de pollution : si les moyens engagés pour réduire les émissions de CO2 nécessitent de générer davantage de déchets, où est le gain ? L’ISO 14001 a pour elle d’être une certification multicritères.

Surprise : les entreprises en redemandent ! Quatre sur cinq maintiennent leur certification ISO 14001 après leur cycle de trois ans. C’est donc bien un outil d’émulation, qui produit en outre un effet positif sur l’engagement des salariés, en moyenne 16 % plus productifs. Cerise sur le gâteau : alors que le gain financier n’est pas forcément attendu, 4 entreprises certifiées sur 5 disent en retirer un. Et pour une sur quatre, ce gain atteint même 6 % du chiffre d’affaires et plus ! Alors, oui, en cette journée mondiale de l’environnement, labellisons les entreprises en transition, mais avec l’ISO 14001.

Vincent Gillet, secrétaire général adjoint du groupe Afnor

Les avis d'experts sont publiés sous l'entière responsabilité de leurs auteurs et n'engagent en rien la rédaction de L'Usine Nouvelle.

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(1) ISO Survey 2020

(2) Etude Opinion Way pour AFNOR Certification, novembre 2017

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