[Tribune] Sortons de l’inaction climatique grâce à l’industrie

Pour Jean-Pierre Riche, directeur général d’Orygeen, il faut passer de l’"Inaction climatique" à l’action avec nos industriels, en les aidant à gagner le combat mondial de la compétitivité énergétique.

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[Tribune] Sortons de l’inaction climatique grâce à l’industrie
"Qu’attendons-nous pour passer de "l’inaction énergétique" que reproche 2,1 millions de français à l’Etat, à un mode d’action ambitieux en impliquant les industriels français", interroge Jean-Pierre Riche.

L’Industrie ne pèse désormais plus que 10% dans le PIB français, significativement moins que nos voisins allemands ou italiens, mais consomme 21% de l’énergie du pays. En accélérant la transition énergétique de l’industrie française par une politique incitative et ambitieuse, nos gouvernants ont l’opportunité d’augmenter significativement sa compétitivité tout en luttant efficacement contre le changement climatique.

La PPE, une occasion à saisir

Le projet de Programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE) est une belle occasion de changer notre approche de l’énergie dans l’industrie en France. Il est temps de réformer en passant du protectionnisme ambiant à un plan ambitieux et collaboratif, et ainsi accélérer fortement la compétitivité énergétique de nos entreprises industrielles.

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Il n’existe quasiment plus un dirigeant d’entreprise industrielle en France qui ne soit conscient des enjeux énergétiques actuels et à venir. Tous les jours des managers convaincus que leur transformation énergétique est inévitable, engagent des mesures d’efficacité énergétique, étudient des solutions d’énergies renouvelables, réfléchissent à l’effacement et au stockage...

Le climat valeur montante dans l’entreprise

Les actionnaires valorisent mieux les entreprises qui anticipent la transition écologique, les clients sélectionnent de plus en plus leurs fournisseurs et leurs produits selon leur engagement dans la lutte contre le changement climatique, les employés sont fiers et plus engagés quand ils travaillent pour une entreprise qui s’engage pour la préservation de notre planète. Les dirigeants de Solvay, Michelin, Système U, Microsoft ou Ardian exprimaient par exemple clairement cette analyse lors de la dernière conférence ENR entreprises en septembre 2018.

Investir dans l’efficacité énergétique

Soutenons massivement l’investissement pour l’efficacité énergétique. Les industriels énergivores sont prêts à réduire fortement leurs coûts énergétiques et leurs émissions de CO2 en baissant leurs consommations. Mais les temps de retour sur investissement sont encore trop longs pour mettre en œuvre certains leviers significatifs. La PPE pourrait proposer de subventionner sur les 10 prochaines années, tout programme ambitieux de réduction des consommations électriques et thermiques pour réduire son temps de retour sous les 3 ans acceptables par les industriels. Pour cela, additionnons avec cet objectif pour chaque projet, les aides issues du Fond chaleur et des Certificats d’Economies d’Energies (CEE) et les mécanismes de valorisation du système européen des Quotas Carbone.

Favoriser les contrats d’achats privés d’électricité verte

Fléchons vers l’industrie l’électricité verte à prix plus faibles. Les entreprises sont prêtes à signer des contrats longs d’achat d’électricité renouvelable via les Corporate PPA, permettant de favoriser la construction de nouvelles fermes solaires et éoliennes. Donnons-leur accès à des prix plus compétitifs pour s’approvisionner en ENR certifiées qui favoriseront la massification de cette démarche. Pour cela la PPE pourrait laisser un libre accès aux garanties d’origines (GO) associées aux nouveaux actifs de production ENR subventionnés par l’état via les appels d’offres de la CRE (ils sont actuellement conservés par l’État pour être revendus séparément). Il suffirait par exemple de mettre en place des formules de complément de rémunération intégrant la valeur des garanties d’origine.

Faciliter l’autoconsommation

Facilitons les projets d’autoconsommation solaire sur site industriel. A court terme, pour faciliter les projets d’autoconsommation électrique et promouvoir une dynamique de transformation compétitive du mix énergétique industriel, la PPE pourrait élever le plafond de puissance installée (actuellement de 1MW) des projets exonérés de taxes (CSPE) et de coûts de transport (TURPE). Revoyons et clarifions aussi rapidement les modalités applicables aux projets financés en tiers investissement, le mode favoris des entreprises.

Valorisons beaucoup plus fortement la flexibilité. La flexibilité est le moyen le moins onéreux pour le système électrique de gérer l’intégration des renouvelables dans le réseau. Cela peut aussi être un levier supplémentaire de réduction des coûts énergétiques pour nos industriels. N’hésitons pas à rémunérer significativement ceux qui s’engagent comme cela peut être fait dans d’autres pays.

Faire avec l’industrie, pas contre

La PPE pourrait prévoir d’augmenter la rémunération de l’effacement liée au mécanisme de capacité pour inciter les industriels à participer de façon volontariste à la gestion de la demande, et les aider à investir dans leur process pour augmenter leur flexibilité.

Alors qu’attendons-nous pour passer de "l’inaction énergétique" que reproche 2,1 millions de français à l’Etat, à un mode d’action ambitieux en impliquant les industriels français dans la construction d’un plan de combat qui les mènera en tête du peloton mondial de la performance énergétique ?

Jean-Pierre Riche, directeur général d’Orygeen

Les avis d'experts sont écrits sous l'entière responsabilité de leurs auteurs et n'engagent en rien la rédaction de L'Usine Nouvelle.

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