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L'Usine Matières premières

[TRIBUNE] Rôle des data dans les minerais, le pétrole et le gaz : investissements et enjeux différents, même rationnel

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Publié le , mis à jour le 08/03/2016 À 09H45

Tribune Le rôle des données et, plus largement, du digital va grandissant dans le secteur des industries extractives dont elles vont devenir un pilier. Dans cette seconde chronique, David Weber, expert industries extractives chez BearingPoint, revient sur ce qui sépare et ce qui rapproche les miniers des pétroliers confrontés à cette nouvelle série d'outils. A retrouver chaque lundi sur usinenouvelle.com.

Les entreprises citées

La chute du prix de l’or noir et des matières premières que traverse aujourd’hui l’industrie extractive au sens large a des répercussions sur les investissements, réduits à la portion congrue. Toute la filière souffre, comme en témoignent les valorisations de sociétés de services parapétroliers comme Vallourec et CGG, dont le cours représente parfois le tiers de la trésorerie disponible !

Les investissements miniers reprennent plus vite après une crise

Historiquement, après une forte crise, le milieu des matières premières, cyclique par nature, offre aux industries minières et à l’industrie pétrolière un délai de latence très différent dans la reprise des  nouveaux investissements. Généralement, le  minerai devance le pétrole de quelques mois, pour trois raisons majeures : moins exposé aux aléas géopolitiques, il porte moins flanc à des décisions étatiques ou inter-états par nature très imprévisibles. D’autre part, la mise en œuvre de l’exploration est légèrement plus rapide dans le secteur minier qu’en milieu pétrolier ou gazier. Enfin, à l’exception notable des majors de part de d’autres, les sommes à mobiliser sont plus importantes, et donc moins vites investies dans le pétrole et le gaz que dans la mine, toutes choses étant égales par ailleurs.

Des logiques de décision semblables

La meilleure décision à prendre sera toujours celle dont on est capable d’expliquer les raisons. Que l’on soit géologue en chef  dans l’industrie minière ou ingénieur réservoir dans l’industrie pétrolière et gazière, la quadrature du cercle est sensiblement identique : l’objectivation d’une décision ou d’un avis est fondamentale pour l’exploration et l’exploitation, alors que des informations éparses et complexes viennent constituer des modèles qui, bien qu’éprouvés, comportent leur lot de risques.

Les logiques et rationnels de décision en phase amont sont donc identiques, bien qu’avec des investissements et des enjeux sensiblement différents sur l’aval. A y regarder de plus près, l’industrie pétrolière semble plus avancée dans sa façon d’aborder la question du traitement des données : il faut y voir un signe de l’importance des enjeux qui dépassent souvent et largement le seul cadre économique, quand bien même celui-ci prime. Les simulations de contenance, d’écoulement et de comportement de réservoirs sont la pierre angulaire obéissant à la loi d’airain régissant toute décision: le calcul du niveau d’OHIP (Original Hydrocarbon In Place), véritable baromètre. Les facteurs l’influençant, comme le niveau de saturation en hydrocarbure, le volume ou encore la porosité viennent de mesures ou l’interprétation des logs et faciès posent souvent problème. Là encore, le bruit des données est souvent un élément perturbateur et les outils qui tendent à modéliser en lissant s’affranchissent des particularités locales. Dans leur immense majorité, les plus gros supercalculateurs en modélisation butent encore et toujours sur la captation du signal faible, fiable et exhaustif car la science algorithmique n’avait pas jusque-là la capacité à l’identifier et encore moins à l’expliquer dès lors qu’il n’est pas aléatoire.

Un outil de décision...

Chez les miniers, c’est exactement la même problématique. A un certain point, l’identification et évaluation de la ressource est faite par fonction d’extrapolation et/ou d’interpolation (le ‘krigging’) basé sur ceux des éléments qui définissent le mieux l’environnement géologique. Pour simplifier, ce serait comme assigner des poids d’importance à certains paramètres rentrant dans une équation permettant de savoir ce que contient le sous-sol entre deux points. Le hic, c’est que le résultat n’est pas, loin s’en faut, toujours conforme aux attentes : un ou plusieurs facteurs influents échappent à l’expert métier, pratiquement toujours contre-intuitifs.

Or, lorsqu’on lui demande de décrire son expertise de façon exhaustive sur un point précis, il lui est souvent impossible de le faire car ce savoir est une somme de combinatoires complexes entre différentes connaissances. Les trois questions qui viennent sont alors : par où commencer, où finir et quel degré d’exhaustivité ai-je atteint dans ma description ?

...et de transmission

Il devient patent qu’en sus d’être capable d’identifier du signal faible et non aléatoire, la révolution du traitement de la donnée achèvera de convaincre ses utilisateurs en devenant - aussi - un outil de transmission du savoir, alliant puissance et simplicité. Cette dernière n’est-elle d’ailleurs pas la sophistication ultime ?

Ce dont le monde minier et pétrolier a rêvé, les mathématiciens l’ont inventé et les codeurs mis en forme. Le monde va se diviser en deux populations : ceux qui baseront leurs expertises et décisions dessus et ceux qui ne le feront pas. L’heure n’est plus à se laisser convaincre, mais à en bénéficier pleinement.

 

David WEBER, expert industries extractives au sein du cabinet BearingPoint, est féru de technologie et particulièrement de tout ce qui touche aux données. Au confluent de ces deux mondes, il conseille sociétés minières et gouvernements, du Canada au Niger, sur l’ensemble de l’écosystème. 

Il est par ailleurs auteur de nombreuses publications, rapports gouvernementaux et d’un ouvrage paru en 2012 sur le sujet des terres rares (www.terresrares.fr)

Lire la tribune de la semaine dernière: Rôle des data dans le secteur miner: la révolution est en cours

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