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[Tribune] Quatre actions pour optimiser la sécurité au travail… Et donc la productivité des entreprises

Publié le

Tribune Philippe Billet, DG France & Europe du Sud d'Ascom, détaille les quatre étapes essentielles à frenchir pour s'approcher du risque zéro en matière d'accidents de travail.

[Tribune] Quatre actions pour optimiser la sécurité au travail… Et donc la productivité des entreprises

En France, en 2016, on dénombre 626 227 accidents du travail. La dimension humaine reste le facteur essentiel du risque. De fait, le risque zéro ne sera jamais atteint. Et ces accidents représentent un coût pour les entreprises, qu’il s’agisse d’une TPE ou d’un grand groupe : le coût moyen forfaitaire des risques professionnels a crû de 3,7 % sur 2018, particulièrement dans l’industrie. Voici 4 étapes essentielles pour s’approcher du risque zéro.

1 - Evaluer les risques réalistes grâce à une grille unique et participative

L'employeur doit assurer la santé et la sécurité des salariés : c’est une obligation légale ! Pour les managers, l’évaluation des risques est la première étape dans la démarche de prévoyance. Pour être pertinente, cette évaluation doit être pragmatique, c’est-à-dire en phase avec l’observation du travail réel. 

En 2001, le Document Unique d’Evaluation des Risques (DUER) est créé par décret, lequel adopte la directive européenne sur la prévention des risques. Ce document unique s’inscrit dans une démarche de prévention a priori : il s’agit de réaliser un inventaire complet et réaliste des risques à travers la consultation des modes opératoires, l’observation des situations de travail et l’interview des salariés. 

2 - Optimiser et adapter le travail aux hommes

L’observation rigoureuse du cadre de travail a pour conséquence potentielle de transformer le travail. Dès 1989, la directive 89/391/CEE soutient qu’il faut "adapter le travail à l’homme". Il s’agit d’une préoccupation stratégique : en plus de limiter les risques, favoriser un travail optimisé et un niveau de bien-être est un facteur de productivité.

Il ne s’agit pas simplement d’installer un babyfoot, cher aux startups. Cette approche concerne l’optimisation des postes et outils de travail, la mise en valeur du dialogue social ou encore l’ergonomie des locaux… Derrière cette image "feel good @ work" se cache un objectif de rentabilité : un salarié heureux est un salarié qui produit plus et réalise potentiellement moins d’erreur liées au stress. Le développement des collectifs et labels comme HappyTech ou du métier de CHO comme leviers de performance confirme cette tendance dans les entreprises. Favoriser le bien-être des salariés entraine une amélioration moyenne de rentabilité de 11 %.

3 - Former les salariés pour limiter les risques

Un collaborateur n’est pas toujours conscient du danger qu’il court, sur un site industriel par exemple où certaines dimensions de l’activité restent secrètes. Néanmoins, le code du travail est formel : l’employeur doit proposer à ses salariés des formations liées à la sécurité au travail. Et certaines sont d’ailleurs obligatoires pour limiter les risques : sécurité incendie, sauveteur secouriste du travail, utilisation de certains équipements…

A la suite de quoi un salarié ne respectant pas les consignes de sécurité de son manager peut se voir infliger des sanctions disciplinaires, voire même un licenciement pour faute grave. Dans l’industrie notamment, la formation sur les machines est un élément crucial qui peut entraîner des conséquences dramatiques si les consignes de sécurité ne sont pas respectées, pour le salarié mais également pour tous ses collaborateurs autour de lui.

4 - Prendre des mesures de précautions centrées sur le déclenchement des alarmes et la gestion des secours

La sécurité ne doit pas être vue comme une charge pour la direction… C’est avant tout un investissement et un facteur de réussite pour l’entreprise. Selon le rapport de l’association internationale de la sécurité sociale (AISS), les entreprises peuvent espérer un retour potentiel de 2,20€ pour chaque euro investi dans la sécurité !

Si les risques et les responsabilités sont encadrés par la loi, les moyens à utiliser ne sont pas précisés. Aux entreprises de s’entourer de spécialistes de la sécurité pour limiter les risques et améliorer la réactivité des équipes face à un accident, problématique de sécurité numéro 1. Pour cela, la direction doit impulser une dynamique en mettant en place un dispositif performant.

Dans le secteur industriel où les risques sont les plus fréquents, on parle notamment des dispositifs de Protection du Travailleur Isolé (PTI) et Dispositif d’Alarme pour Travailleur Isolé (DATI). A l’ère 4.0, ces dispositifs « intelligents » doivent garantir à la fois la mobilité des collaborateurs et une réactivité accrue des secours en cas d’incident. Dans le cas d’un collaborateur évanoui, l’enjeu est de le localiser, mais aussi et surtout d’être capable de le secourir rapidement et efficacement, donc de transmettre l’information à la bonne personne, au bon endroit, en temps réel. Gageons qu’à l’avenir, le boom des IoT viendra concourir au développement de la culture de sécurité des entreprises et donc de leur croissance

Philippe Billet, DG France & Europe du Sud d'Ascom

Les avis d'expert sont publiés sous la responsabilité de leurs auteurs et n'engagent en rien la rédaction de L'Usine Nouvelle.

 

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1 commentaire

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13/06/2019 - 09h43 -

Tout est dit ! Le point N° 3 est important notamment la formation des préventeurs qui jouent un rôle clé dans le suivi des plans d'action. La fonction du préventeur est transverse et à ce titre doit être vécu par l'ensemble des salariés de l'entreprise comme un soutien, un support à la démarche de prévention. Faute de savoir-être, souvent, le préventeur n'ose pas aller vers les chefs d'équipes ou autres contremaitres pour leur dire : "Bonjour ça va ? En quoi je peux t'aider pour améliorer la sécurité dans ton service ?"
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