[Tribune] Oui, la technologie est écologique !

Le président du comité économie d'Ingénieurs et scientifiques de France, Christophe Dubois-Damien, revendique une écologie qui passera par la technologie. Son argument ? Dans la troisième révolution industrielle, une partie de la production n'est plus conditionnée par les lois de la thermodynamique.

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[Tribune] Oui, la technologie est écologique !
Pour Christophe Dubois-Damien, le président du comité économie de Ingénieurs et scientifiques de France, la consommation énergétique du digital est négligeable par rapport à ses avantages environnementaux.

La décroissance n'est pas la seule solution face aux défis écologiques. Contre le réchauffement climatique, les solutions s’appellent numérique et 5G. Car elles alimentent une source infinie d’opportunités : médecine augmentée, bâtiments intelligents, télétravail, etc., Eux permettent de réduire notre consommation d’énergie.

Il faut s’inscrire dans le contexte de la troisième révolution industrielle, celle de 1980, qui se poursuit aujourd’hui. Fondée sur l'informatique puis sur internet, l’industrie contemporaine est mue par des processus informatisés. On passe de l’ère de la main-d’œuvre à l’ère du « cerveau d’œuvre », réseau maillé collaboratif, alliage du cerveau humain et de l’ordinateur.

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Les révolutions technologiques successives de la deuxième révolution industrielle, celle de 1880, s’appuyaient sur la synergie de la mécanique et de la chimie. Elles obéissaient aux lois de la thermodynamique.

La troisième révolution industrielle s'appuie sur la synergie de la microélectronique, du logiciel et de l'internet. Elle n'est donc plus conditionnée par les lois de la thermodynamique, mais par celles de la théorie de l'information.

Au-delà des lois de la thermodynamique

Les écologistes, s’appuyant sur le principe de la thermodynamique, affirment que la nature est soumise à une dégradation entropique permanente, toute production entraînant une consommation d’énergie. La seule solution, selon eux, serait donc la décroissance.

Mais la production est composée de deux critères : le quantitatif et le qualitatif. Or la qualité ne consomme pas d’énergie. Et la production informatisée pousse l’intelligence au maximum. Qu’est-ce qu’un logiciel, sinon de l’écriture codée et de l’intelligence ? Grâce au modèle informatisé de la troisième révolution industrielle, une grande part échappe à la loi de l’entropie et crée, au contraire, de l’organisation. À la lutte contre l'entropie succède l'élaboration de la néguentropie.

L'entropie caractérise le niveau de désorganisation d’un système. La néguentropie est de l'entropie négative, un facteur d'organisation des systèmes physiques, biologiques, sociaux et humains qui s'oppose à la tendance naturelle à la désorganisation.

La pandémie du Covid-19 a montré que de nombreuses activités pouvaient fonctionner grâce aux outils digitaux. L’utilisation de l’automobile et des transports en commun, les programmes d’infrastructures, l’immobilier de bureau et le principe des villes géantes sont remis en question.

Certes l’informatique consomme de l’énergie, mais en comparaison des avantages environnementaux considérables qu’elle procure, la consommation énergétique du digital, qui de surcroît va s’améliorer avec la 5G et l’ordinateur quantique, devient anecdotique.


Par Christophe Dubois-Damien, président du comité économie d'Ingénieurs et scientifiques de France (IESF)


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