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[Tribune] La sérendipité, l’art de provoquer le hasard, s'applique aussi à l'industrie

Publié le

Christophe Colomb, Dom Pérignon, Louis Pasteur, pour n’en citer que trois, sont reconnus pour leurs découvertes essentielles pour l’humanité et illustrent parfaitement le principe de sérendipité ou « comment trouver ce que l’on ne cherche pas ». Certains traduisent ce concept par « heureux hasard » mais cela fait bien longtemps que l’on sait, comme le disait le même Louis Pasteur, que la chance ne sourit qu’aux esprits bien préparés. Une tribune de Laurent Manach, Directeur du pôle de compétitivité EMC2.

[Tribune] La sérendipité, l’art de provoquer le hasard, s'applique aussi à l'industrie

Peut-on, au sein de nos organisations, systématiser la sérendipité,  laisser au hasard la responsabilité des progrès ? L’idée peut sembler incongrue et pourtant la sérendipité systématisée pourrait contribuer à l’efficacité des dispositifs d’innovation des entreprises. Bien évidemment, toutes ne sont pas structurées comme Procter & Gamble, mais bon sens et organisation permettent de progresser dans la bonne direction.

Cela suppose tout d’abord de développer un état d’esprit favorisant la curiosité et de le diffuser à tous les niveaux de la structure, afin de permettre l’éclosion des bonnes idées et de les transformer en produits et en services innovants. L’intégration du concept de sérendipité dans le processus de R&D suppose que l’on donne un indispensable coup de pouce au hasard. Pour cela les informations doivent circuler sans entraves au sein de l’entreprise, transcender l’idée de services, d’équipes et de groupes, devenir un capital commun.

Jouer la carte du collaboratif

Aujourd’hui, les outils de veille sont accessibles et extrêmement faciles d’utilisation. Rien ne s’oppose donc à ce qu’ils deviennent partie intégrante des dispositifs de gestion de la connaissance. Il convient également que les entreprises puissent s’ouvrir aux autres, à la nouveauté, notamment en développant des actions de coopérations avec différents types de partenaires. Ainsi, les projets collaboratifs peuvent s’imaginer avec des entreprises concurrentes - ce que certains appelaient la co-opétition - aussi bien qu’avec des acteurs issus d’autres secteurs d’activités afin de jouer la carte de la fertilisation croisée.

Ces coopérations gagnent, bien entendu, à être montées  avec des partenaires apportant des compétences scientifiques et technologiques. Elles concourront ainsi efficacement à l’organisation d’une supply chain de l’innovation, permettant d’identifier des contributeurs industriels et académiques qui s’inscriront dans la démarche d’innovation de l’entreprise. En conséquence, l’entreprise crée de réelles habitudes d’innovation ouverte et collaborative pour aller chercher à l’extérieur des réponses aux questions qu’elle se pose et pour lesquelles les compétences n’ont pas toujours besoin d’être internalisées.

C’est cette capacité à organiser de façon structurée la recherche de solutions innovantes en s’appuyant sur l’ensemble des forces internes et externes de l’entreprise qui permet de systématiser ce fameux « heureux hasard ».

Faire remonter les bonnes idées

Il est essentiel que cette recherche de l’idée compétitive commence par les cercles les plus proches. Tout d’abord les personnels de l’entreprise, bien sûr, par la diffusion de l’état d’esprit propice, mais aussi grâce à des dispositifs assurant la prise en compte et la mise en œuvre des idées par les acteurs ceux qui les connaissent le mieux. La version 2.0 de la boîte à idées prend la forme, pour certaines entreprises, de « shadow Codir » qui, aux côtés des Codir classiques, donnent la possibilité aux plus jeunes (la fameuse génération Y) de se prononcer sur les orientations stratégiques.

Il faut également largement s’appuyer sur le second cercle, c’est à dire l’écosystème propre à l’entreprise : d’importants gisements de compétitivité résident dans une utilisation appropriée des compétences de cet environnement proche. Les pôles de compétitivité, en structurant de véritables communautés d’innovation, ont ainsi relevé le défi permettant aux sociétés de toutes tailles de trouver rapidement des réponses aux multiples challenges auxquelles elles sont confrontées. Avec le projet collaboratif, les pôles de compétitivité proposent un outil de sérendipité devenu incontournable en quelques années.

Laurent Manach

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2 commentaires

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02/05/2016 - 19h29 -

Bien sûr, mais il ne suffit pas d'organiser le cadre de recueil et de diffusion des idées - outil déjà ancien - ni d'instaurer une disposition favorable à l'émergence des idées "sottes et grenues".
Il existe des outils simples et pourtant très mal connus, qui permettent de faire parler les intuitions et les émotions, de les gérer (déclencher et arrêter quand on veut) et d'en tirer une information pertinente. Autrement plus productif que d'attendre la coïncidence, qui reste de l'ordre de l'aléatoire.

Cdlt,
CR
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Nom profil

02/05/2016 - 10h39 -

Bonjour,

Sur ce thème de la "sérendipité" , a vous signaler aussi un livre très accessible qui s’intitule « Ces petits hasards qui bouleversent la science ». L’auteur , Marie Noëlle CHARLES, journaliste et ingénieur agro, y présente 50 chroniques racontant autant de découvertes scientifiques pour lesquelles le hasard, sous une forme ou une autre, a joué un rôle. (voir l’éditeur : http://www.papillon-rouge.com/)
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