Abonnez-vous Identifiez-vous

Identifiez-vous

Vos codes d'accès sont erronés, Veuillez les saisir à nouveau. Mot de passe oublié ?

L'Usine Santé

[Tribune] Financement et valorisation de biotechs, un challenge pour le développement de ces sociétés

Publié le

Tribune Quel que soit le mode de financement recherché par une biotech pour assurer le développement de ses produits candidats, celui-ci s’accompagne généralement d’un exercice de modélisation et de valorisation, un préalable souvent nécessaire à toute décision d’investissement. Il s’agit également d’une étape incontournable qui permet à la société de formaliser les différents scenarii envisagés et d’appréhender les risques futurs associés, explique l'équipe parisienne du cabinet de conseil financier Duff & Phelps . 

[Tribune] Financement et valorisation de biotechs, un challenge pour le développement de ces sociétés © Lyonbiopôle accueille 5 000 emplois privés et 2 750 chercheurs dans la santé et les biotechnologies.

L’actualité récente a une nouvelle fois montré à quel point la valorisation des biotechs peut atteindre des sommets. Convoitée à la fois par Merck et par Allergan, Biogen a vu sa valeur grimper à 70 milliards de dollars, cet été. Cela étant, au-delà de ce cas remarquable, toute biotech doit prêter attention à la façon dont sa valorisation évolue au gré des étapes clés d’un développement souvent long, coûteux et à l’issue incertaine, pour lequel le premier défi à relever est le financement.

A cet égard, il existe de multiples sources de financement : subventions et/ou dispositions fiscales sont souvent les premiers soutiens financiers auxquels les biotechs ont recours. Un grand nombre de ces sociétés font également appel à l'apport en capital d’investisseurs privés, se traduisant par des levées de fonds successives, au rythme des besoins de la société. Des alliances ou partenariats stratégiques avec des entreprises pharmaceutiques sont également envisageables et prennent souvent la forme d'un accord de licence. L’introduction en bourse est un mode de financement alternatif qui permet de lever des fonds généralement importants, pouvant atteindre plusieurs dizaines voire plusieurs centaines de millions d’euros, dans un laps de temps réduit. Enfin, on observe depuis ces dernières années une multiplication des OPA sur les sociétés innovantes de la part des grands groupes pharmaceutiques, qui ont besoin de renforcer leurs portefeuilles de produits dans le but de trouver des relais de croissance.

Un outil d’aide à la décision et à la négociation à destination des dirigeants et des investisseurs

Lorsque les actionnaires, souvent fondateurs d’une biotech, décident de recourir à des financements extérieurs ou de signer un accord avec un partenaire, ils s’entourent de conseils qui les assistent sur des problématiques juridiques, réglementaires ou financières. Quand les enjeux sont importants, un exercice de modélisation et d’évaluation financière est, dans bien des cas, nécessaire.

Pourquoi ? Parce que c’est un outil d’aide à la décision et à la négociation qui s’avère très utile pour analyser, chiffrer, mesurer, comparer les différentes options possibles. Modéliser différents scenarii consiste à construire un business case qui met en musique les options qui s’offrent à la biotech, en matière d’indication thérapeutique (définir le ou les indications qui seront développées en priorité), en matière d’implantation géographique (déterminer les zones géographiques où le produit sera lancé), en matière de timing (établir un calendrier de développement et de lancement dans les années à venir). Plus la société est jeune, plus il est difficile de prévoir l’avenir. Il est néanmoins possible de mettre en exergue les quelques scenarii qui font le plus de sens, ce qui permettra aux actionnaires de définir quelles options sont viables pour la société compte tenu de ses contraintes de trésorerie, quel timing fait le plus de sens, à quel stade du développement il est le plus judicieux de signer un partenariat, etc.

Bâtir un business case : un exercice délicat mais structurant

Quel que soit le modèle de financement que la société choisira, il est fondamental de construire un business case solide qui convaincra à la fois les actionnaires et les partenaires financiers éventuels. Cet exercice est délicat en raison des nombreuses incertitudes quant à l’avenir de la société, d’autant qu’il force les actionnaires à retenir des hypothèses et à prendre des positions encore incertaines. Exercice difficile, certes, mais approche structurante et stratégique, qui permet d’aller de l’avant. Pour élaborer un business case, qui aboutit ensuite à la construction d’un business plan chiffré, on commence par définir le marché : quels sont les acteurs sur ce marché, existe-t-il des concurrents, quelles sont les géographies concernées ? Il convient ensuite d’envisager comment le produit que la société compte promouvoir évoluera sur ce marché : prix de vente (fonction notamment des politiques de remboursement), courbe de croissance des ventes, atteinte du pic... Ne disposant pas d’une boule de cristal pour déterminer ces paramètres bien des années en amont de la mise sur le marché du produit pharmaceutique, on procède en général par benchmark en se comparant à des technologies similaires ou en s’appuyant sur des études d’experts.

Un business case solide permettra d’instaurer la confiance entre les actionnaires et les investisseurs, il confortera les projections financières et les niveaux de valorisation qui en découlent. Une manière de contrer les nombreuses incertitudes inhérentes à la biotech consiste à mener des analyses de sensibilité aux paramètres clés : ces analyses permettent de voir comment le changement d’une ou plusieurs variables affecte le profil des projections financières et donc la valeur de la société. Quel serait par exemple l’impact d’un retard d’un an de la phase de développement clinique sur les projections financières et la valeur de la société ? Quel impact aurait la réduction du prix de vente ou de la part de marché du produit lors de la commercialisation ?

Autant de questions essentielles et légitimes qui ont pour objectif d’encadrer au mieux la valeur à laquelle on parvient et de capturer, via une fourchette de valeurs, les principaux éléments de risque et d’incertitude qui entourent la biotech. Ces éléments d’analyse, entre les mains des actionnaires, constitueront un puissant outil d’aide à la décision et à la négociation.

Rita Chraibi, Director,
Sara Mokaddem, Senior Associate,

Cabinet de conseil financier Duff & Phelps 

Réagir à cet article

Testez L'Usine Nouvelle en mode abonné. Gratuit et sans engagement pendant 15 jours.

Créez votre compte L’Usine Connect

Fermer
L'Usine Connect

Votre entreprise dispose d’un contrat
L’Usine Connect qui vous permet d’accéder librement à tous les contenus de L’Usine Nouvelle depuis ce poste et depuis l’extérieur.

Pour activer votre abonnement vous devez créer un compte

Créer votre Compte
Suivez-nous Suivre Usine Nouvelle sur Facebook Suivre Usine Nouvelle sur Twitter RSS Usine Nouvelle