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L'Usine de l'Energie

[Tribune] Électricité et Gaz : faisons sauter le monopole des ELD !

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Publié le

Tribune Par Julien Tchernia, co- fondateur d’ekWateur, fournisseur d’énergie verte collaboratif et alternatif. Alors que le marché de l’énergie est ouvert à la concurrence depuis plus de dix ans, certaines régions de France sont restées sous le monopole d’entreprises locales d’énergies. Il est temps dans ces villes et communes de créer les conditions d’une véritable libéralisation pour permettre l’arrivée de la concurrence et faire émerger des offres attractives pour les consommateurs.

[Tribune] Électricité et Gaz : faisons sauter le monopole des ELD ! © DR

Non l’électricité et le gaz n’ont pas toujours été le monopole de l’État. Souvenons-nous. Jusqu’à la fin de la seconde guerre mondiale la distribution et la fourniture d’électricité et de gaz en France étaient assurées par des sociétés privées et par les municipalités. Ce n’est que le 8 avril 1946, sous l’impulsion du gouvernement du Général de Gaulle, que la nationalisation des industries électriques et gazières se fait. Tout le secteur est intégré au sein de deux entités (EDF, GDF) à l’exception toutefois de 170 entreprises, qui par dérogation, gardent leur indépendance. Soixante et onze plus tard, ces fameuses ELD ou Entreprises Locales de Distribution d'électricité et de gaz, ont toujours le monopole de leur région. C’est ainsi que, par exemple, quatre grandes villes sont alimentées par des entreprises locales : Électricité de Strasbourg, Usine Électricité de Metz, Gaz de Bordeaux, et Gaz et Électricité de Grenoble.

Des procédures trop complexes pour ouvrir à la concurrence

En 2004, le marché de l’énergie s’est ouvert à la concurrence pour les professionnels et en 2007 pour les particuliers. Depuis ces dates, la distribution d’énergie, c’est-à-dire le réseau qui achemine l’énergie et les compteurs, restent nationalisée. L’état, via des délégations de service public, a laissé cette partie aux mains de filiales des opérateurs historiques (ELD, Enedis et GRDF, qui se partagent désormais le marché la fourniture de l’énergie avec de nouveaux entrants.

Alors que la concurrence commence à prendre pied sur les zones desservies par ENEDIS et GRDF, presque aucun concurrent n’est venu s’implanter pour fournir une offre d’énergie aux particuliers sur les territoires des ELD. Même si celles-ci n’ont plus le monopole sur leurs zones de dessertes, de fait elles restent les seules à fournir les particuliers.

Pourquoi ?

Il faut savoir que commercialiser des offres d’énergies aux particuliers nécessite de déployer de gros systèmes informatiques pour gérer le vaste flux de données (état des compteurs, dates de bascules, consommation des clients, factures, paiement des clients, recouvrement, paiement des réseaux de distribution, des réseaux de transports, achat de l’énergie, taxes de l’État). Or chaque distributeur possède un système d‘information spécifique, ce qui contraint les fournisseurs d’énergie à déployer autant de systèmes qu’il a de distributeurs. Des investissements financiers colossaux qui, de fait, le contraignent à choisir les opérateurs qui lui permettent d’envisager un fort potentiel de développement tels Enedis avec ses 30 millions de compteurs d’électricité et GRDF et ses 10 millions de compteurs de gaz. Résultat : avec leurs dizaines de milliers d’abonnés, les ELD gardent le monopole de leur région.

De petits fournisseurs bousculent des ELD

Mais aujourd’hui, de petits fournisseurs attaquent la voie par le versant informatique. À moindres coûts, ils déploient des plateformes leur permettant non seulement de s’interfacer aux SI des opérateurs mais aussi d’optimiser les flux de données et de gérer de façon plus performante l’expérience clients. Ainsi, en proposant des sites plus ergonomiques, les clients prennent eux-mêmes en charge certaines opérations, permettant alors aux fournisseurs de réduire leurs coûts et donc de développer des offres attractives.

N’est-il pas, enfin, venu le temps de mettre en place les conditions d’une véritable libéralisation et de concurrence sur ces régions où sévit depuis trop longtemps le monopole ? Si la France a décidé d’ouvrir le marché de l’énergie à la concurrence, il appartient à l’état d’en imposer les règles pour s’assurer que cette dernière profite au consommateur et ne deviennent l’opportunité d’une rente aux mains d’opérateurs privés.

Là où le marché des télécommunications a su mettre en œuvre une disruption avec une ouverture à la concurrence digne de ce nom, le marché de l’énergie ne s’est ouvert que de façon trop progressive et le changement ne s’est pas opéré faute d’une réelle rupture.

Aujourd’hui il est temps de mettre un coup de pied dans la fourmilière et de redonner du pouvoir d’achat aux consommateurs en permettant une véritable politique concurrentielle du marché de l’énergie !

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2 commentaires

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16/09/2018 - 10h19 -

Il est temps d'ouvrir ces villes a la concurrence. Dans la région de Strasbourg, les 500.000 habitants sont scotchés pour l'électricité et le gaz avec les vieux monopoles ! Ca suffit... vive la concurrence des offres et des prix. Mais que fait le ministère pour changer cela ?
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10/09/2018 - 15h14 -

et alors ??? Résultat : avec leurs dizaines de milliers d’abonnés, les ELD gardent le monopole de leur région. !!! c'est TRES BIEN AINSI . POURQUOI VOULOIR LEUR " voler " cette clientele puisque ele est si FAIBLE NUMERIQUEMENT ?
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17/09/2018 - 15h42 -

Pour moi, ce n'est pas "voler" leur clientèle, mais surtout permettre aux abonnés de pouvoir choisir librement leur fournisseur grâce a libre concurrence. Surtout que lorsque l'on compare les offres, on se rend compte que certaines ELD ne se gênent pas pour rajouter des frais exorbitants pour faire toujours plus de bénéfice !
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