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«Travailler sur le France, c'était un coup de chance»

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Entretien Marc Rouaud était dessinateur-traceur dans les ateliers qui ont conçu le France. Il raconte ses souvenirs, son métier et son admiration pour le projet.

«Travailler sur le France, c'était un coup de chance» © DR

Comment avez-vous pu travailler sur le projet du France ?

J'ai travaillé à la réalisation du France en 1956. Je sortais de l'école d'apprentissage des chantiers de Penhoët. J'ai été affecté dans la salle à tracer qui préparait la construction du France. J'avais 17 ans. C'était un coup de chance.

Le France, on savait que ça allait être le fleuron de la construction navale. C'était le top modèle des bateaux de l'époque. L'harmonie de ses formes était exceptionnelle.

Quel était votre rôle ?

Je réalisais des traçages des futurs tronçons à l'échelle 1/10e. Nos plans étaient transmis à l'atelier voisin, qui réalisait des tracés en grandeur réelle. On dessinait ces plans sur des tôles peintes (plus résistantes que du papier), directement sur le sol.

Je travaillais avec un traceur confirmé sur l'étrave. Le bulbe nous a demandé beaucoup de travail. Le responsable du bureau de traçage voulait une étrave qui ait le profil d'une lame de couteau.

D'ailleurs ça a posé problème ensuite. En 1964, j'ai eu l'occasion de retravailler sur le France, 4 ans après son inauguration. L'étrave était si fine que les filets d'eau s'écartaient trop de la coque. Des poches d'air se formaient contre la coque, éclataient et provoquaient des bruits très forts. Pour régler ce problème, la partie avant avait été remplie d'eau, puis de béton. Mais les poches d'air continuaient de se créer. Il a été décidé de modifier cette partie avant de la coque. On est donc revenu me chercher pour que je dessine un bulbe plus important.

Vous en gardez un souvenir particulièrement fort ?

J'ai manqué le lancement du France. J'étais en Algérie ce jour-là, en formation sur des blindés près d'Alger. Le 10 mai, à 16h, nous sommes montés avec quelques copains sur un char, et sommes restés au garde-à-vous durant une minute. Pour célébrer le lancement du France.


 

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