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"Travailler le dimanche générera de la croissance en plus", estime Laurence Parisot

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Entretien Le travail le dimanche, elle est résolument pour. En exclusivité pour L'Usine Nouvelle, Laurence Parisot livre son analyse du problème soulevé par les surfaces de bricolage... et propose d'élargir le raisonnement à la question plus globale du travail en France.

Travailler le dimanche générera de la croissance en plus, estime Laurence Parisot
Laurence Parisot, résolument contre l'interdiction du travail le dimanche
© Laurence Parisot a su imposer le débat sur la modification des statuts.

L'Usine Nouvelle - Comment vous positionnez-vous dans le débat actuel autour du travail le dimanche ?

Laurence Parisot - Je suis très favorable au travail du dimanche. J’y ai beaucoup réfléchi et c’est une conviction forte. Il faut autoriser le travail le dimanche d’autant plus que dans la polémique actuelle, les salariés, les dirigeants d’entreprises et les clients demandent tous la même chose. Nous sommes dans un cas de consensus fort. Ne pas aller dans le sens de ce que tout le monde souhaite serait incompréhensible. De plus, nous observons les micro-signes d’une micro-reprise : il faut encourager cette dynamique. Interdire, empêcher, limiter, cela reviendrait à assécher les poches de reprise.

Vous appelez à la modification de la loi de 2009 ?

Sans aucun doute. On savait d’emblée que la loi de 2009 allait être difficile à appliquer. Il faut la transformer. La bonne approche consisterait à négocier, dans le cadre d’un principe général de liberté, des accords régionaux ou d’entreprise d’application.

Rappelez-vous : les partenaires sociaux s’étaient mis autour de la table et ils avaient réussi à trouver un accord pour l’ouverture du dimanche du Centre Commercial de Plan de Campagne près de Marseille. Travailler le dimanche génèrera des centièmes de point de croissance en plus. Il faut repenser, simplifier et réécrire la loi de 2009. Revoir aussi les interdictions de travail le soir : ce qui se passe pour Sephora est également absurde. La consommation du dimanche et celle du soir, si elles ne se font pas le dimanche ou le soir, ne seront pas totalement transférées sur un autre moment ou un autre jour de la semaine. Ne tombons pas dans le même raisonnement qui a mené aux 35 heures. Le postulat des vases communicants est faux.

Faut-il revoir l’organisation du travail en France, et notamment la durée légale ?

J’ai été la première à proposer que la durée du travail soit conventionnelle, et l’idée fait son chemin. Tout le monde comprend que la durée et les horaires de travail ne peuvent pas être les mêmes, par exemple entre Sephora et une entreprise industrielle. Ce qui signifie que la durée du travail doit être négociée par branche ou par entreprise, qu’elle ne peut pas être définie de manière absolue pour tous. En mars 2008, j’avais obtenu qu’un volet de l’accord sur la représentativité prévoie cette avancée. Malheureusement, il n’a pas été repris dans la loi, le gouvernement de l’époque ayant considéré à tort que via le mécanisme des heures supplémentaires, les 35 heures étaient déjà remises en cause. On doit faire mieux aujourd’hui !

Propos recueillis par Thibaut De Jaegher

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