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L'Usine Aéro

Travailler avec des drones : des pilotes à la mission, les points à surveiller pour ne pas se planter

Olivier James , , , ,

Publié le , mis à jour le 15/11/2014 À 11H16

L’engouement de l’industrie pour les drones ne se dément pas. Mais la marche à suivre pour en faire un outil efficace reste mal connue. Alors qu'Amazon vient d'annoncer qu'il cherchait ses propres pilotes de drones, voici les points clés à surveiller pour dénicher le bon opérateur et éviter le crash...

Travailler avec des drones : des pilotes à la mission, les points à surveiller pour ne pas se planter
Comment se retrouver dans la jungle des centaines d’opérateurs sur le marché?? Certains, comme Redbird, se sont taillé une solide réputation.

Un drone peut-il transporter de la farine ? C’est la question quelque peu saugrenue qui a été posée il y a peu à Michaël de Lagarde, le PDG de Delair-Tech, une société qui opère des drones. « Des demandes curieuses comme celles-ci, on en a tout le temps, assure le spécialiste. Il y a encore une non-conscience de l’aspect professionnel du drone civil. » Ces demandes sont sans doute alimentées par le buzz existant autour de sociétés comme Amazon, qui envisage le transport de ses colis par drones, ou bien encore Domino’s Pizza, qui souhaiterait faire convoyer ses pizzas dans les airs.

Le crash en mai dernier d’un drone sur la plage de Nice ou le récent surval des centrales nucléaires renforcent l’idée que l’usage de ces engins volants souffre d’un amateurisme complet… alors qu’il nécessite un professionnalisme éclairé. Les exemples d’utilisation réussie dans le monde industriel se multiplient aussi, heureusement ! On ne compte plus les entreprises qui, de Vinci à Total, en passant par GRTgaz ou bien encore Alstom, expérimentent les drones, voire en font un usage opérationnel. Principalement pour des missions d’inspection ou de surveillance. Car loin de se cantonner à la prise de vue aérienne, les caméras des drones peuvent agir dans les fréquences du spectre visible, mais aussi infrarouge, ou encore procéder à des calculs de volume via un capteur laser. Suivi de chantier, mesures de fuites thermiques, maintenance d’équipements industriels, surveillance de sites, observation automatisée d’un réseau… Le drone peut générer de substantielles économies par rapport aux démarches humaines. Quelques précautions s’imposent néanmoins avant d’en faire un outil incontournable dans votre activité.

1 Cerner l’étendue des possibilités

Première démarche : se pencher avec attention sur la réglementation issue de l’arrêté ministériel du 11 avril 2012, qui a fixé les conditions de développement du secteur des drones à usage civil. Elle définit notamment quatre scénarios d’utilisation, suivant le poids du drone, le peuplement de la zone concernée et la distance d’utilisation de l’engin. Le détail de cette réglementation, placée sous le contrôle de la Direction générale de l’aviation civile (DGAC), se trouve sur le site internet du ministère des Transports et sur celui de la Fédération professionnelle du drone civil. « Il ne faut pas hésiter à se tourner vers son avocat pour bien connaître cette réglementation », conseille Ozan Akyurek, associé en contentieux commercial-droit des affaires au sein du cabinet d’avocats Jones Day. C’est seulement une fois ce cadre bien connu que l’on peut vraiment ajuster ses besoins.

2 Trouver le bon opérateur

Une fois les besoins ciblés, une question se pose : faut-il internaliser l’utilisation du drone ou bien faire appel à une société extérieure, autrement dit un opérateur de drones ? Plusieurs facteurs plaident en faveur d’un usage interne : des raisons de confidentialité des données obtenues, en particulier pour des sites industriels sensibles ; des installations difficiles d’accès, comme les plates-formes pétrolières ou les sites en altitude ; et enfin des considérations économiques, dans le cas d’un usage très fréquent. Ces facteurs ne correspondent pas à vos besoins ? Alors, la lourde tâche de trouver le bon opérateur s’impose à vous ! La multiplication vertigineuse des opérateurs en France constitue un casse-tête pour qui veut mettre la main sur le bon partenaire. Comment se retrouver dans la jungle des centaines d’opérateurs sur le marché ? « J’encourage à avoir une démarche rationnelle et à éviter les charlatans qui vendent monts et merveilles », prévient Michaël de Lagarde. Certains acteurs se sont déjà taillé une solide réputation, comme Delair-Tech, Redbird, Delta Drone et Azur Drones. Avant d’en sélectionner un, vous devez vous renseigner sur plusieurs points. Son offre correspond-elle à vos besoins ? A-t-il procédé à un dépôt, auprès de la DGAC, de manuel d’activités particulières (MAP), véritable carte d’identité de la société ? Fait-il partie de la Fédération professionnelle du drone civil ? Se trouve-t-il sur la liste établie par la DGAC ?

3 Établir une feuille de route

Rien de tel qu’un retour d’expérience concret pour comprendre les démarches à effectuer. À Fos-sur-Mer (Bouches-du-Rhône), ArcelorMittal a mené, ces derniers mois, une série de tests pour vérifier l’efficacité des drones dans l’inspection des installations. Y a-t-il des fuites thermiques au niveau des cheminées des hauts-fourneaux ? Les convoyeurs de matières premières subissent-ils les assauts de la corrosion ? Suite aux retours positifs, une campagne réelle de deux semaines a été effectuée l’été dernier, via la société CIE Contrôles industriels.

Pour arriver à ce résultat, un important travail préparatoire a été mené. « J’ai établi la campagne en concertation avec le Comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail du site (CHSCT), décrit Ronald Kefferstein, responsable d’un service de maintenance conditionnelle électromécanique chez ArcelorMittal. Nous avons ensuite établi un plan de prévention qui récapitulait l’ensemble des opérations effectuées. » Définition de zones interdites d’accès, compétences des pilotes vérifiées, analyse des risques, validation des fréquences d’utilisation des drones afin d’éviter les interférences avec les équipements… Des dizaines de pages qui ont permis d’aller au bout de la démarche et à ArcelorMittal d’assurer en un temps record des inspections autrefois fastidieuses.

4 Assurer ses arrières

Une préparation exemplaire ne permettra jamais d’éviter un problème. Dans l’espace aérien, les drones se multiplient, les risques d’incidents aussi ! Pour se prémunir, il faut d’abord veiller à ce que le pilote d’un drone soit apte… à le piloter. Comme l’exige la réglementation, les télépilotes doivent justifier un brevet théorique reconnu (type ULM, avion, planeur, hélicoptère…) et disposer d’une DNC (déclaration de niveau de compétence). Attention, les nombreuses écoles de formations pratiques qui fleurissent un peu partout ne sont pas spécifiquement agréées par la DGAC. Mieux vaut se renseigner sur le niveau de compétences et d’expérience des télépilotes. Vigilance aussi quant à la vie privée. « Un habitant proche du site industriel peut intenter une action judiciaire pour violation de vie privée », rappelle Ozan Akyurek. Et ce sera à l’entreprise de prouver le contraire. » Quant à l’assurance, c’est l’opérateur qui est pleinement responsable lors de l’utilisation d’un drone sur un site : il faut vérifier qu’il est bien couvert par une assurance responsabilité civile. Dans les cas les plus critiques, travailler en concertation avec un avocat ne peut qu’aider à une démarche professionnelle. ??

L’important, c’est la donnée collectée !

Le drone n’est pas une fin en soi, mais un moyen d’obtenir des informations. Tout ludique qu’il soit, son rôle est de collecter des données, de permettre leur traitement et leur restitution. Raison pour laquelle il faut veiller au professionnalisme des opérateurs ou avoir dans son entreprise des spécialistes du traitement de données, lesquels devront être capables d’extirper les données utiles et de répondre aux besoins initiaux. Cela sonne comme une évidence, mais la prolifération d’opérateurs plus ou moins compétents incite à la vigilance…

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