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[Transport] Le gouvernement va devoir trancher entre trois scénarios

Olivier Cognasse

Publié le , mis à jour le 01/02/2018 À 14H58

Le rapport de la commission présidée par Philippe Duron détaille trois scénarios pour l’avenir des infrastructures en France, ce qui repousse certains projets aux calendes grecques. Et il propose de nouveaux financements pour payer ces chantiers, notamment taxer les poids-lourds. Il préconise aussi de privilégier les trains à hydrogène.

[Transport] Le gouvernement va devoir trancher entre trois scénarios
Pour Toulouse, il faudra attendre 2037.
© Patrice Desmedt

En préambule à la présentation du rapport du conseil d’orientation des infrastructures (COI), ce jeudi 1er février 2018, la ministre des Transports, Elisabeth Borne a félicité les 16 membres pour leur travail en parfaite harmonie avec les nouvelles orientations présentées par le Président Emmanuel Macron, lors de l’inauguration de la LGV Pais-Rennes, le 1er juillet dernier. "Améliorer les transports du quotidien et […] faire une pause sur les nouveaux grands projets. Il fallait sortir de cette dérive des projets non financés. Notre pays en a souffert."
La priorité – on l’a compris – c’est l’entretien et la modernisation des réseaux routiers, ferroviaires et fluviaux existants, le désengorgement des villes, le désenclavement des territoires,… La priorité est aux nœuds ferroviaires plutôt qu’aux nouvelles LGV et au développement de la mobilité douce, comme "élément central de la politique d’équipement."
Bordeaux-Toulouse en 2037 ?
Sur la LGV Bordeaux – Toulouse, la ministre a mis l’accent sur la priorité aux nœuds ferroviaires des deux métropoles et si le maire de Toulouse pense que le projet est sauvé, il faut tempérer cet enthousiasme. Au plus tôt, et selon le scénario le plus favorable, les travaux entre Toulouse et Agen commenceraient en 2023…
Vraisemblablement, c’est le scénario médian qui sera retenu pour répondre aux priorités du gouvernement. Les nœuds ferroviaires de Bordeaux et Toulouse pourraient être réalisés entre 2018 et 2022, le tronçon Toulouse- Agen entre 2028 et 2032 avec un bémol : ce projet ne peut pas être conduit en même temps que celui qui doit relier Montpellier à Béziers. Quant au deuxième tronçon, entre Agen et Bordeaux, il ne serait pas achevé avant 2037.
Trois projets importants ont été exclus de cette commission : la LGV Lyon-Turin qui fait l’objet d’un traité international, le Canal Seine-Nord qui fait l’objet  d’un accord entre le gouvernement et la région Hauts-de-France,  et le Grand Paris Express, un projet financé par les Franciliens.
Plutôt des trains à hydrogène que l’électrification des lignes
"La lettre de mission était claire, exigeante et réaliste, a indiqué Philippe Duron, le président du COI. Il s’agit de redéfinir la mobilité pour les 20 ans à venir, de prendre en compte les impératifs de transition énergétique et de financement." Pour la transition énergétique, il s’agit de privilégier les transports décarbonés (commun ou partage), les bornes et les routes intelligentes.
"Nous voulons favoriser le développement des trains à hydrogène et nous conseillons de temporiser sur l’électrification des lignes ferroviaires non équipées", a annoncé l’ancien député socialiste. Il préconise aussi de regarder les lignes les moins fréquentées, une par une, avant de décider leur fermeture, de permettre l’augmentation des plages horaires pour les chantiers, peut-être, "en supprimant le dernier train du soir et le premier train du matin", pour permettre d’accélérer les travaux.
Pour financer ces chantiers, il faudra trouver des ressources supplémentaires. Le scénario numéro 1 qui mobilise 48 milliards en 20 ans pour l’Agence de financement des infrastructures de transport de France (AFITF) augmente déjà le budget annuel de 10% par rapport aux dépenses de ces dernières années. Le scénario numéro 3 atteint 80 milliards. Entre les deux, le scénario numéro 2 – celui qui semble le mieux répondre aux priorités fixées par le président de la République – atteint 60 milliards d’euros, soit 3 milliards par an.
Des ressources financières dans le transport routier
Pour financer entretien, modernisation et projets, il faut donc trouver de l’argent. Une des pistes est d’augmenter la part des usagers dans le prix des transports en commun. Par contre, pas question de revenir sur la controversée écotaxe. Le COI propose d’instaurer une vignette pour les poids lourds et les véhicules utilitaires légers, selon le principe du pollueur-payeur (sans parler de leur faible contribution à la détérioration des infrastructures). Il demande une affectation plus importante à l’AFITF de la taxe intérieure de consommation sur les produits énergétiques (TICPE). Autre solution : il demande de revoir la niche fiscale octroyée aux sociétés de transport routier et de taxis qui se monte actuellement à 900 millions d’euros et qui pourrait atteindre 3,8 milliards d’euros, dont 3,15 milliards pour les seuls poids-lourds en 2022 avec l’augmentation du taux de la TICPE. Le gouvernement osera-t-il mécontenter le transport routier avec les conséquences que l’on connait au nom de l’intérêt général ? Réponse dans quelques semaines. La loi sur la mobilité sera présentée en avril au Conseil des ministres.

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