Transparence ne veut pas dire bonne gouvernance

Après deux ans d’enquête, l’ONG de lutte contre la corruption Transparency International a publié ses résultats concernant le niveau de transparence de 169 industries de défense. L’étude ne porte cependant pas sur les pratiques des industries, d’où le paradoxe de retrouver BAE System ou EADS en tête du classement. Le Serious Fraud Office vient d’ouvrir une enquête contre une filiale du géant européen GPT Special Project Management.

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Transparence ne veut pas dire bonne gouvernance

En s’appuyant sur la communication des industries en termes de lutte contre la corruption, Transparency International a établi un classement des industries de défense et attribué des notes en fonction de leur transparence. 7% des 169 entreprises ont obtenu un B, parmi lesquelles Thales, Northrop Grumman Corporation ou encore BAE Systems. Peu évasif sur sa politique de lutte contre la corruption, Dassault Aviation a écopé d’un E, suscitant l’incompréhension chez l’industriel français.

"Ni Dassault Aviation ni ses dirigeants n’ont jamais été condamnés dans des affaires de corruption. Nous répondons à des normes nationales et nous participons à des forums comme Global principles of business ethic", explique Stéphane Fort, directeur de la communication chez Dassault Aviation. L’avionneur français n’est pas le seul à dénoncer le paradoxe de l’étude.

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Chez Zodiac, qui a obtenu un F, - la moins bonne note -, c’est l’incompréhension : "Nous n’avons jamais reçu le questionnaire de l’étude ni été contacté par Transparency. J’ai l’impression qu’on nous reproche notre manque d’affichage pourtant notre clause de déontologie a été mise à jour", plaide Pierre Antony Vastra, directeur de la communication chez Zodiac. Les industriels dénoncent avant tout la méthode, jugée peu rigoureuse. Un laxisme dont se défend Transparency.

"Nous avons essayé d’entrer en contact avec les industries au moins cinq fois. C’était dans leur intérêt de participer à cette étude et je ne comprends pas pourquoi le GIFAS a refusé de participer", déplore Mark Pyman, l’auteur de l’étude. Contacté par téléphone, le groupement des industries françaises aéronautiques et spatiales a refusé de s’exprimer sur le sujet.

La transparence prime sur les pratiques

Si certaines industries ressentent un tel décalage entre leur pratique et le résultat, c’est que l’étude de l’ONG s’est penchée uniquement sur la communication concernant la lutte contre la corruption, plutôt que sur les pratiques des industries. "Nous avons analysé toutes les informations publiques disponibles sur internet ou dans des publications externes, les déclarations des PDG et la formation du personnel. Puis nous avons demandé aux industriels de répondre à des questions et de nous ouvrir des informations internes pour que nous puissions vérifier leur système de protection contre la corruption", explique Mark Pyman, l’auteur de l’étude.

Les industries les mieux notées sont ainsi celles qui ont ouvert leurs documents à l’ONG. Pas étonnant donc de retrouver BAE Systems dans les bons élèves, et ce après des années de déboires judiciaires. En 2010, alors que Transparency International commence son enquête, l’industriel britannique se voit condamner à payer une amende de 450 millions de dollars pour une affaire de corruption. L’étude, dans laquelle EADS est noté d’un C, parait alors que le Serious fraud office vient d’ouvrir une enquête contre GPT Special Project Management, filiale britannique d’EADS, soupçonné d’avoir passé des pots de vins à des généraux saoudiens sur un contrat de vente d’équipements de communication. Le coût global de la corruption est estimé à 20 milliards de dollars par an.

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