Transition énergétique : et si on allait beaucoup plus loin ?

Présenté par le Président Hollande comme l’un des textes majeurs de son quinquennat, le projet de Loi de programmation visant à définir un "nouveau modèle énergétique français" est entré dans sa phase parlementaire. L’ambition affichée est de "réussir la transition énergétique pour renforcer l’indépendance énergétique de la France et lutter contre le dérèglement climatique". Même si l’initiative n’est pas la première et fait notamment suite au Grenelle de l’Environnement de 2008, son intérêt ne fait guère de doute tant il devient urgent d’amplifier le mouvement.

Partager

TESTEZ GRATUITEMENT L'ABONNEMENT À L'USINE NOUVELLE

15 jours gratuits et sans engagement

Transition énergétique : et si on allait beaucoup plus loin ?

Au cœur du projet se trouvent les innovations et créations d’emplois par la croissance "verte" : valorisation de nouvelles technologies, conquête de nouveaux marchés, amélioration de la compétitivité des entreprises.

Globalement, cette initiative contribue, même si son orientation reste essentiellement limitée aux aspects énergétiques[i], à créer des conditions favorables à l’accélération d’un mouvement de transition nationale vers un véritable développement durable. Et si, dans ce domaine comme ailleurs, l’État ne peut pas tout, son rôle d’impulsion est à l’évidence prépondérant.

VOS INDICES

source

logo indice & contations

Le contenu des indices est réservé aux abonnés à L’Usine Nouvelle

Je me connecte Je m'abonne

Une démarche proactive…

Au-delà, la réussite d’une transition de grande ampleur passe par une prise de conscience massive, une démarche fortement proactive et la mobilisation de toutes les parties prenantes aux niveaux individuel et collectif. Le rôle des entreprises est central, surtout si l’on considère qu’il est souhaitable de dépasser rapidement le cadre purement national pour élargir les actions engagées au niveau européen.

Si bon nombre d’entre elles sont d’ores et déjà engagées en matière de responsabilité sociale ou sociétale, il est encore trop tôt pour se réjouir : les innovations proposées consistent le plus souvent en des adaptations ou des ajustements aux législations environnementales, ou en des réductions de coûts par des innovations de procédés et organisationnelles.

Or, ce que rend nécessaire aujourd’hui l’état de la planète, c’est une approche incomparablement plus tranchée : une révolution complète et urgente des pratiques et des mentalités.

…soutenue par une responsabilité et un engagement collectifs

Bien sûr, le changement n’est jamais aisé et de nombreux obstacles doivent être surmontés. Mais les recherches menées[ii] montrent néanmoins que les leviers existent, notamment par la mise en œuvre d’une démarche collective proactive : formidables opportunités d’innover, les mesures à prendre peuvent devenir un exceptionnel catalyseur pour prioriser les choix stratégiques, mobiliser les parties prenantes, (re)définir des règles de création et de partage des valeurs et des bénéfices économiques, sociaux et environnementaux retirés.

En cela, on peut regretter le manque d’ambition du nouveau "modèle énergétique français" : avec un engagement beaucoup plus fort dans la révolution énergétique, les perspectives économiques induites pourraient être immenses, sans commune mesure avec les 100 000 emplois envisagés sur trois ans par le projet actuel.

Au-delà, on pourrait souhaiter bien davantage : que la France puisse, par des initiatives d’ampleur aux niveaux européen et mondial, s’ériger en moteur et fer de lance de la défense d’un nouveau modèle de développement économiquement, écologiquement et socialement responsable.

Cette stratégie serait non seulement parfaitement compatible et cohérente avec l’histoire et la culture nationales, mais également susceptible de redonner du sens à un pays qui cherche avec peine sa place dans le monde du XXIème siècle. Qui pourrait, mieux que le pays héritier des Lumières et de la Déclaration des Droits de l’Homme, prétendre au leadership mondial en ce domaine ?

Alexandre Asselineau et Marc Ingham, enseignants-chercheurs, Chaire en Management & Innovation Responsables, Groupe ESC Dijon-Bourgogne

[i] À titre d’exemple, l’index de performances environnementales globales (EPI 2014) situe la France en 27ème position (sur 178), derrière l’Allemagne (6ème) ou le Royaume-Uni (12ème). http://epi.yale.edu . (Index EPI 2014, Yale University)

[ii] Ingham, M. (2011), Vers l’innovation responsable : pour une vraie responsabilité sociétale, De Boeck, Bruxelles.

Partager

PARCOURIR LE DOSSIER
SUR LE MÊME SUJET
LES ÉVÉNEMENTS L'USINE NOUVELLE

LES SERVICES DE L'USINE NOUVELLE

ARTICLES LES PLUS LUS