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L'Usine de l'Energie

Transition énergétique : enfin le gaz de schiste !

Ludovic Dupin , , ,

Publié le

Ce mercredi 3 juillet, le comité de pilotage du débat national sur la transition énergétique accueillait le premier et seul débat sur les gaz de schiste. Un exercice intéressant mais qui n'aura pas d'effet sur les conclusions à venir du débat national.

Transition énergétique : enfin le gaz de schiste ! © .RGB. - Flickr - C.C.

C'est un débat qui arrive bien trop tard pour avoir le moindre effet sur les conclusions imminentes du Débat national sur la transition énergétique (DNTE) qui s'achévera le 18 juillet prochain. Cependant, il était loin d'être inutile. Reconnaissons à Alain Grandjean, le président du groupe des experts du DNTE, d'avoir organisé l'un des débats sur les gaz de schiste les plus intéressants des derniers mois. Il a réuni un panel de six experts qui représentait l'ensemble des compétences et des avis sur le gaz de schiste. Allant de Bruno Courme, directeur de Total Gas Shale Europe et défenseur d'une exploration en France, à Thomas Porcher, économiste fermement opposé aux hydrocarbures non conventionnels, en passant par des membres aux positions intermédiaires (Agence internationale de l'énergie, GIEC, banquiers...).

Ce débat a réussi l'exploit, chose rare, de voir émerger de relatifs consensus. En premier lieu, l'ensemble des intervenants juge que la révolution américaine et la réindustrialisation qui s'en suit n'est pas directement transposable en France, pour des raisons géologiques et culturelles. En particulier, les créations d'emplois en France seraient sans doute limitées. Même si Bruno Courme rappelle que même la création modeste de 2 000 ou 10 000 emplois compte dans un pays en crise. Autre consensus sur le fait que l'usage des gaz de schiste, intense ou non, n'aura qu'un impact limité à la hausse ou à la baisse sur les émissions de CO2. Quasiment tous nourissent une interrogation commune sur les fuites de méthane. Elles auraient lieu lors des forages et, à haut niveau, pouraient avoir un effet global négatif sur les émissions de gaz à effet de serre.

Quelques réserves

Mais loin d'être dans la langue de bois, les intervenants ont aussi fermement avancé leurs convictions. Eric Besson, analyste à l'AIE, juge ainsi que "si on exporte pas les gaz de schiste, on redonne la main aux grands pays exportateurs traditionnels et on laisse la place à des prix plus élevés".  Bruno Courmes de Total juge que "le sujet a pris des proportions sans communes mesures avec la réalité du sujet en France". Puis après avoir expliqué que les technologies des gaz de schiste sont connues depuis longtemps, il ajoute : "Il n'y pas d'autres raisons qu'idéologiques pour ne pas explorer!"

D'autres intervenants expriment des réserves. Jérôme Courcier, qui représente les investisseurs banquiers dans l'organisation The Climate Group, jugent que "les industriels s'ils s'en donnent les moyens techniques peuvent gérer tous les risques environnementaux". En revanche, il craint des risques importants en matières de gestion sociale et d'acceptabilité, domaines sur lesquels tout est à faire selon lui. Par exemple, il pointe du doigt qu'aux Etats-Unis, deux tiers des emplois créés sont non-qualifiés. Franchement opposé au gaz de schiste, Thomas Porcher estime que la seule raison pour laquelle la France n'a jamais evalué l'impact économique des gaz de schiste, c'est pour "laisser supposer que les gains économiques sont sûrs". Puis, - bizarrement -, il ajoute qu'il y a plus d'emplois à créer dans la rénovation thermique que dans les gaz de schiste, comme si ces deux sujets s'opposaient.

Mesurer le coût de la perte de compétitivité

Le débat sera également vif avec la salle où des opposants au gaz de schiste comme Laurence Tubiana du comité de pilotage du DNTE ou Matthieu Orphelin porte-parole de la Fondation Nicolas Hulot réaffirmeront que le gaz de schiste est, selon eux, incompatible avec la transition énergétique. De son côté, le député Jean-Claude Lenoir (Sénateur UMP de l'Orne) n'hésitera pas à juger la loi du 13 juillet 2011, interdiant la fracturation hydraulique, de "stupide". Tandis qu'un représentant de l'industrie chimique appelait à mesurer le coût de la perte de compétitivité si on reste dans "l'inaction" sur les gaz de schiste.

Le seul regret du débat aura sans doute été l'absence du nouveau ministre de l'Ecologie, du Développement durable et de l'Energie, Philippe Martin. Il avait ici l'occasion de prendre officiellement le relais de Delphine Batho, renvoyée le 2 juillet du gouvernement, et jusqu'alors grande ordinatrice du DNTE. Mais le nouveau ministre, retenu à Matignon, s'est fait excuser.

Ludovic Dupin

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4 commentaires

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16/07/2013 - 13h55 -

Gaz de schiste.... imaginez notre gouvernement actuel prendre position sur le nucléaire il y a quelques décennies.... on l'a échappée belle!
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Nom profil

09/07/2013 - 17h30 -

l'ancien ministre a-t-il expliqué qu'à Fukushima
il n'y pas de catastrophe.......................
................................................
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04/07/2013 - 13h45 -

Green Cross France et Territoires a rédigé un rapport d'une centaine de pages sur les gaz de schiste, les enjeux et limites de celui ci. Pour le lire : gcft.fr/WP/gds
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04/07/2013 - 11h58 -

Une question me taraude : Eric Besson, l'ancien ministre de l'industrie, a-t-il vraiment participé au débat d'hier soir ?
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