Quotidien des Usines

Transgène cède sa production à ABL Europe

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Transgène, filiale du Laboratoire Mérieux établie au Parc d’innovations d’Illkirch-Graffenstaden (Bas-Rhin) dans la banlieue de Strasbourg, a officiellement cédé son unité de production de biotechnologies à une autre filiale du groupe lyonnais, ABL Europe. L’objectif est de poursuivre la production de vecteurs viraux nécessaires au développement de thérapies anticancéreuses par Transgène, mais aussi de conquérir de nouveaux clients.

ABL Europe reprend l'unité de production de biotechnologies de Transgène. Les deux entreprises sont filiales de l'Institut Mérieux. Cette cession d’actif porte sur des locaux d’environ 2 500 mètres carrés sur le site de Transgène au Parc d'innovation d'Illkirch-Graffenstaden (Bas-Rhin), ainsi que les équipements techniques de bio production. ABL Europe embauche également une trentaine de salariés de Transgène concernés par le plan de sauvegarde de l’emploi (PSE) déployé par le laboratoire strasbourgeois en 2015 qui a conduit à environ 110 départs sur les 360 de l’effectif initial. "Notre unité de production n’a jamais cessé de fonctionner et les personnels repris par ABL Europe sont tous des spécialistes de bio production", souligne Philippe Archinard, PDG de Transgène. Le montant de la cession n’a pas été indiqué.

"L’expérience acquise par l’unité de production de Transgène représente un très grand intérêt pour ABL", explique Patrick Mahieux, le dirigeant de l’entreprise. "Le site a été fondé en 1994 et son savoir-faire est unique. Nous sommes déjà en discussion avec des acheteurs potentiels, partout dans le monde. Avec cette acquisition ABL se spécialiste dans le domaine des vecteurs viraux, alors que notre site américain, plus petit que celui de Strasbourg, travaille sur des produits multiples."

Deux années cruciales

ABL Europe entretient des contacts commerciaux aussi bien avec des « big pharma » que des start-up en biotechnologies, sans oublier des laboratoires publics engagés dans des recherches cliniques, financées par des fondations. "Le marché des biotechnologies est mondial et la demande est de plus en plus forte. Il existe d’autres unités de production, mais la compétence du site créé par Transgène est reconnue", indique Patrick Mahieu.

Cette cession d’actif met un terme au plan de restructuration de 2015 et permet au laboratoire strasbourgeois d’engager la période deux ans annoncée comme cruciale par Philippe Archinard. L’entreprise a reconstitué un "trésor de guerre" de 60 millions d’euros pour enfin obtenir des partenariats commerciaux autour de produits de traitements de différents cancers et de la tuberculose. Outre un prêt de la Banque européenne d’investissement de 20 millions d'euros, un montant exceptionnel dans ce secteur d’activité, Transgène affirme disposer d’une trésorerie de 30 millions d’euros et sa maison-mère apporte 10 millions d’euros sous une forme non précisée.

"Nous passons un message fort aux marchés qui nous ont sanctionné l’an passé. Dans les deux ans à venir, au moins un de nos produits affichera des résultats cliniques", espère le dirigeant. L’accès aux marchés pharmaceutiques est resté jusque là fermé à l’entreprise, qui espère avoir pris les bonnes mesures de restructuration technique et financière pour enfin franchir ce cap.

Didier Bonnet
 

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