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L'Usine Aéro

[Transformation numérique] Daher met en vitrine son savoir-faire

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Images À la fois équipementier et prestataire de services, le groupe met à profit sa propre transformation pour la valoriser à l’extérieur.

[Transformation numérique] Daher met en vitrine son savoir-faire
C’est sur le site de l’un de ses principaux clients, Airbus Helicopters, à Marignane, que Daher a organisé au printemps une journée dédiée à ses dernières innovations. Si la logistique par drones n’est pas encore opérationnelle, le magasin automatisé de pièces de rechange et la mise en œuvre d’outils de maquette numérique font partie du quotidien chez l’hélicoptériste. Comme la Daher control room du réacteur Iter, également à Marignane, qui permet de visualiser en direct la logistique du projet.

Demain, ce drone pourrait sillonner le site d’Airbus Helicopters à Marignane (Bouches-du-Rhône) et assurer les besoins logistiques d’urgence. C’est ce que projette Jacques Delgorgue, le directeur innovation des métiers et services chez Daher. "Nous avons mené un ”proof of concept” de six mois car nous voulions savoir quelles étaient les capacités des drones logistiques, en termes de poids, de durée de vol, mais aussi de contraintes réglementaires, explique-t-il. S’il reste compliqué d’envisager un drone qui survole des routes, un vol réalisé au-dessus d’un site industriel est désormais envisageable." Les équipes de Daher ont fait la démonstration des capacités de l’engin en avril, lors d’une journée de présentation de ses dernières innovations organisée sur le site d’Airbus Helicopters.

L’hélicoptériste est l’un des principaux clients de Daher, pour lequel il a déjà mis en œuvre depuis 2011, à Marignane, un magasin automatisé de plus de 100 000 bacs, sur une superficie de 4 000 m², s’érigeant en véritable Amazon des pièces de rechange pour hélicoptères. Durant l’événement, le groupe a présenté à son prestigieux client un panel de ses solutions les plus à la pointe de la technologie, comme ce casque à réalité virtuelle permettant de faciliter la conduite de chariot dans les entrepôts pour améliorer la sécurité. Le système permet aux opérateurs de s’entraîner dans une configuration proche du réel et de s’approprier plus vite les lieux et emplacements. Une journée dédiée à l’innovation, immergé chez un client, voilà qui témoigne du positionnement singulier de Daher.

Aujourd’hui, le groupe familial de 8 500 salariés est avionneur avec la famille d’avions monomoteurs TBM, équipementier spécialisé dans les aérostructures pour les plus grands donneurs d’ordres aéronautiques et prestataires de services, avant tout dans la logistique. Qui se souvient qu’à sa création, en 1863, l’entreprise était spécialisée dans la logistique maritime ? Grâce à ce modèle économique, la répartition du chiffre d’affaires – qui a depuis trois ans dépassé 1 milliard d’euros – est équilibrée entre l’industrie et les services. Derrière ces chiffres, un cercle vertueux. "Notre transformation numérique concerne à la fois nos usines, nos plates-formes et celles de nos clients, résume Hervé de Chillaz, le directeur des technologies avancées de Daher. Nous sommes un laboratoire grandeur nature pour tester les nouvelles solutions digitales et les transférer ensuite vers l’extérieur."

Diffuser en interne l’état d’esprit digital

L’usine nantaise du groupe est l’un des premiers sites à avoir obtenu le label Vitrine de l’industrie du futur, en mai 2015. En 2016, l’industriel inaugurait à Tarbes (Hautes-Pyrénées) sa nouvelle ligne de production ultra-automatisée, dite "taktée", de trappes de train d’atterrissage pour l’Airbus A350. Chaque année, il injecte 50 millions d’euros pour se moderniser, de l’automatisation de ses usines à la numérisation de ses outils de production. Une transformation qui est également mise en œuvre sur le terrain via une nouvelle organisation, notamment avec la nomination de champions digitaux, comme l’explique Vincent Chanron, le directeur transformation, risque et développement durable.

Démarche essentielle pour assurer la pérennité de ce modèle où l’innovation interne doit rayonner à l’extérieur, au-delà de sa propre R & T, Daher cherche l’innovation là où elle se trouve. Ces derniers mois, l’avionneur a sauté le pas et s’est niché dans la Silicon Valley, à San Francisco. S’il possède déjà plusieurs sites aux États-Unis, c’est la première fois qu’il s’installe dans cette région, pour prendre le pouls de la révolution numérique.

"L’implantation, située au sein d’un accélérateur, est gérée par l’ancien patron de l’innovation et l’ancien directeur des systèmes d’information, précise Hervé de Chillaz. Il s’agit de diffuser en interne l’état d’esprit digital et entrepreneurial, mais aussi de trouver de nouveaux business, de nouvelles technologies, de drainer les services de demain." Ce projet, surnommé Armstrong, en référence à l’astronaute, conduit les équipes à effectuer sur le site californien des formations d’une semaine à travers des rencontres avec l’écosystème local. Les premiers salariés, une quinzaine, s’y sont rendus début mai et ont rencontré des dirigeants de start-up, des avocats, des industriels…

Un Lab pour tester les innovations

Pour accélérer sa transformation numérique, puis celle de ses clients, Daher s’est doté du Daher Lab début 2016. Une structure chargée de repérer les technologies émergentes et de proposer aux équipes opérationnelles de les tester. "Depuis le début, le Daher Lab a mené entre 60 et 80 POC, estime Hervé de Chillaz. C’est une sorte de vigie qui peut, en l’espace de deux mois, décider d’intégrer ou non une technologie, via la mise en œuvre de méthodes agiles." Pour les innovations, c’est l’épreuve du feu. En 2017, sur 33 POC, seuls une douzaine se sont révélés concluants.

Le modèle unique de Daher a fait mouche. Alors que le groupe gérait déjà la logistique d’Airbus Helicopters à Marignane et celui d’Airbus à Saint-Nazaire (Loire-Atlantique), il opère depuis janvier l’ensemble de la logistique française de l’avionneur européen. Un contrat de 100 millions d’euros qui a conduit à l’inauguration en mai du centre de logistique Airlog II à Toulouse, que Daher va opérer. Parmi les solutions numériques que Daher a déployées, les conteneurs connectés. Développés avec la start-up Traxens, ils permettent de géolocaliser les flux de marchandises en temps réel. Un outil précieux pour un donneur d’ordres comme Airbus, qui pourrait équiper en balises 3 000 conteneurs. Pour Airbus Helicopters, des balises de tracking dernier cri fournissent des informations sur la localisation, mais aussi sur la température, l’humidité et les chocs. Une brique technologique qui pourrait vite être implémentée pour la Daher control room, qui gère en temps réel la logistique du programme.

"Nous avons mis au point un cockpit numérique de pilotage des flux d’approvisionnement, détaille Hervé de Chillaz. Il est déjà utilisé chez nous et nous le déployons maintenant chez nos clients." L’outil permet notamment de réaliser une analyse prédictive des flux et d’anticiper les niveaux de stock. Il provient d’une solution existante de Microsoft, avec une partie de développement assurée par Daher. Une initiative qui laisse au passage entrevoir une nouvelle voie que défriche à peine l’industriel. "Le projet Daher Software est en train de monter en puissance, confirme Philippe Courbouleix, le directeur des services informatiques. Nous avons pris conscience que les logiciels que nous développions en interne pour nos clients, dans la logistique, par exemple, pouvaient être commercialisés." Si l’industriel ne se compare pas encore à Dassault Systèmes, l’initiative indique pour le moins une nouvelle inflexion de sa transformation.

 

 

« Nous recrutons des profils vers lesquels nous n’allions pas »

Vincent Chanron, directeur transformation, risque et développement durable

Comment assurez-vous la mise en œuvre de votre transformation numérique au sein de vos équipes ?

Mettre en œuvre la transformation numérique a rendu nécessaire de revoir la gouvernance du groupe. Au niveau de chaque fonction ou de chaque direction, nous avons nommé des champions digitaux. Ils sont une douzaine. Il s’agit de responsables qui centralisent les besoins et les nouvelles idées et sont ensuite chargés d’assurer le suivi des projets et leur mise en œuvre. Ce sont des relais entre les membres de la direction et les équipes opérationnelles.

Comment suscitez-vous l’adhésion de vos équipes ?

Les équipes opérationnelles participent à la transformation digitale, de la définition d’une idée à la phase d’implémentation des projets. Depuis 2017, nous proposons une plate-forme collaborative qui permet aux salariés de proposer des projets innovants et digitaux pour enrichir nos offres de services, d’accélérer des processus ou encore d’améliorer nos outils de travail. Elle permet aussi à certains sites de gérer des budgets de fonctionnement participatifs et de contribuer à des consultations transverses. Ce système remplace l’ancienne boîte à idées, avec plus de transparence car il est complètement digitalisé. Nous développons des applications pour mobile, pour, par exemple, réserver ses voyages, chatter avec ses collègues ou faire valider ses notes de frais.

Votre stratégie de recrutement a-t-elle évolué ?

Depuis quelques mois, nous recrutons des profils vers lesquels nous n’allions pas, comme des datascientists et des ingénieurs software. Nous sommes aussi à la recherche de personnes issues de start-up, des profils d’entrepreneurs ou bien encore ayant eu des expériences dans des écosystèmes d’innovation mondiaux. La grande majorité de nos recrutements reste centrée sur des compétences aéronautiques, les nouveaux profils représentent moins de 10 % des embauches. Mais il est important de réussir à les avoir à des postes clés. ??

 

La vraie bonne idée

Une application smartphone pour les pilotes de TBM.

Ne plus seulement vendre un avion, mais une expérience de vol. C’est l’objectif de « Me & My TBM », une application pour smartphone lancée en avril, qui offre aux pilotes de TBM la possibilité d’améliorer l’efficacité opérationnelle et la gestion de la maintenance de leur appareil. Plutôt qu’une saisie manuelle des carnets de vol ou le téléchargement de données techniques depuis un ordinateur, la solution analyse en direct les paramètres de vol et constitue un pas de plus vers la maintenance prédictive. Des données, stockées via l’offre cloud de Microsoft, qui permettent aux pilotes d’obtenir des statistiques complètes sur les systèmes de l’avion. De nouvelles versions sont déjà en cours de développement.

 

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