Transformation du cuivre : Un redressement réussi pour tréfimétaux

Pour la première fois depuis 1990, toutes les activités du transformateur de cuivre gagnent de l'argent. Et l'usine de laminés de Sérifontaine semble avoir réussi son plan de la dernière chance.

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Embellie ou fin d'un long calvaire? Après de nombreuses années de difficultés, le transformateur de cuivre Tréfimétaux connaît une spectaculaire amélioration de ses résultats. Pour le numéro1 français du secteur, qui fait partie du groupe Europa Metalli, le premier semestre devrait se traduire par un résultat net de 100millions de francs. Une performance à comparer au déficit de 70millions enregistré en 1993 et au bénéfice de 50millions de l'année dernière. Pour la première fois depuis des années, toutes les activités de l'entreprise gagnent de l'argent. Ce bilan est précieux au moment où le groupe italien met en place sa nouvelle structure, KM Europa Metal, qui regroupera industriellement ses activités italiennes, françaises et allemandes. L'usine de laminés de Sérifontaine, dans l'Oise, est un peu le symbole de ce redressement. Au prix, il est vrai, d'un coût social élevé - les effectifs sont passés de 520personnes en 1992 à 350 -, ce site, souvent donné comme condamné, tourne en ce moment à la limite de ses capacités. D'une certaine manière, Sérifontaine a été victime des plans successifs de restructuration qui avaient conduit l'ancien actionnaire, Pechiney, à ne garder qu'une usine de laminés sur les cinq qu'exploitait Tréfimétaux. "D'où une accumulation de productions diverses dans l'usine, qui justifiaient difficilement les projets d'investissements et entraînaient une complexité croissante", explique Bernard Hellec, le directeur du site. Faute d'assurances sur l'avenir du site, il n'était pas question non plus de recourir au procédé classique de la réorganisation des lignes de production, qui aurait été trop coûteux en investissements. Ainsi, le site vient d'être équipé d'une planeuse sous traction. Cette machine de 10millions de francs, dont l'achat était repoussé depuis de longues années, est aujourd'hui indispensable pour livrer aux fabricants de connecteurs des rouleaux de cuivre sans tensions internes. D'où l'idée de procéder à une sélection dans la gamme des productions sans pour autant tomber dans la spécialisation à outrance. De 10000 à 12000, le nombre de références est tombé à 8000, dont 5000actives. Les débouchés principaux de Sérifontaine sont désormais les échangeurs thermiques, les applications électriques, les transformateurs, les transistors de puissance et la connectique. Les produits consommateurs de "cash" n'ont pas été systématiquement éliminés. Mais la direction de l'usine s'est aperçue que les produits dits à forte valeur ajoutée pouvaient engendrer des pertes substantielles. C'était le cas des laminés pour transistors de puissance, dont la rentabilité a été rétablie au prix d'une remise à plat du process - avec un objectif d'amélioration de la qualité - et de la réintégration d'une opération de finition. Toutes les productions qui ont été conservées ont ainsi bénéficié d'un programme d'amélioration des coûts. Ce qui a passé par une série d'investissements ciblés - modifications de machines pour la productivité ou la qualité, remise à niveau de matériels anciens, achat de machines neuves -, pour un montant total de 86millions de francs sur les exercices 1993-1994-1995. "Mais nous avons veillé, précise Bernard Hellec, à la cohérence de nos actions commerciales et industrielles." L'objectif étant de conserver des productions où Tréfimétaux pouvait espérer reconquérir des positions. Dans un premier temps, les abandons d'activité ont amputé de quelque 8000tonnes la production de l'usine, qui plafonnait à 32000tonnes. Aujourd'hui, grâce à une bonne conjoncture, mais aussi à son meilleur positionnement, Sérifontaine produit au rythme de 40000tonnes par an. Jean-Pierre GAUDARD



USINE NOUVELLE N°2509

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