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TRANSFORMATEURS ÉLECTRIQUESPOURQUOI LE MARCHÉ MONDIAL JOUE CONTRE L'USINE GEC-ALSTHOM DU HAVREL'activité transformateurs électriques de l'usine havraise de GEC-Alsthom est remise en cause. Les marchés traditionnels se sont trop profondément dégradés.

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TRANSFORMATEURS ÉLECTRIQUES

POURQUOI LE MARCHÉ MONDIAL JOUE CONTRE L'USINE GEC-ALSTHOM DU HAVRE

L'activité transformateurs électriques de l'usine havraise de GEC-Alsthom est remise en cause. Les marchés traditionnels se sont trop profondément dégradés.



Une partie de bras de fer est engagée depuis la semaine dernière entre les Pouvoirs publics et GEC-Alsthom. Le préfet de Haute-Normandie refuse de financer le premier plan social, datant de janvier 1994 et concernant la suppression de 390emplois au Havre, dans l'usine de transformateurs du groupe. Cette décision est motivée par une nouvelle restructuration, décidée en mai, condamnant définitivement la fabrication de transformateurs au Havre et impliquant la suppression de 172postes supplémentaires. Et ce alors que la direction s'était engagée à pérenniser l'activité sur ce site. Le groupe franco-britannique reste néanmoins sur ses positions, jugeant que l'accord initial était subordonné aux conditions du marché. Et que celui-ci s'est, entre-temps, profondément dégradé. De fait, le marché mondial des transformateurs, estimé à 40milliards de francs, connaît une profonde mutation qui n'affecte pas seulement GEC-Alsthom. Ainsi, en trois ans, ABB, le numéro1 mondial, a vu son chiffre d'affaires réduit de près de 7%. Cette désorientation des géants mondiaux s'explique par trois facteurs: une aggravation des conditions de marché dans les pays asiatiques, le verrouillage des marchés américains et la libéralisation des marchés publics européens.

Les exigences de l'Asie

Ainsi, depuis janvier, une délicate partie de ping-pong est engagée entre la division "transport-distribution- énergie" de GEC-Alsthom et la China Guangdong Nuclear Power Corp., la société d'Etat chinoise chargée de négocier la construction de la seconde centrale nucléaire de Daya Bay. Les Chinois réclament un transfert technologique, tandis que le constructeur consentirait à prendre pour partenaire une société chinoise à condition d'en contrôler le capital. En mai dernier, déjà, GEC-Alsthom avait été obligé de signer un contrat de licence avec Hyundai pour la fabrication des transformateurs du TGV coréen. Mais comment faire autrement? Qui peut se risquer à perdre totalement les marchés asiatiques alors que cette région du monde est de loin la plus demandeuse en équipements d'énergie? Elle représentera, selon les estimations de GEC-Alsthom, 40% du marché mondial des transformateurs en 2000, contre 33% en 1993. ABB, Siemens, Hitachi, y ont eux aussi établi des joint-ventures pour pouvoir vendre leurs transformateurs. "Le partenariat local devient incontournable, souligne Jean-Pierre Fesson, directeur du groupe transformateurs au sein de la division "énergie" de GEC-Alsthom. Il permettra aux sociétés locales de s'imprégner des méthodes et des techniques occidentales pour diminuer à terme leurs coûts de revient de 25 ou 30%. A partir de là, elles pourront devenir elles-mêmes exportatrices vers leurs pays voisins." Cette montée en puissance de l'Asie est d'autant plus rapide que la fabrication des transformateurs est une technologie largement mature, dans laquelle le coût de la main-d'oeuvre représente de 35 à 50% du prix de revient. On trouve ainsi aujourd'hui quelque 200fabricants de petits transformateurs en Chine et une cinquantaine en Inde. Cette multiplication de l'offre, conjuguée à des coûts de main-d'oeuvre faibles, a fait chuter le prix des transformateurs de 10 à 30% en cinq ans!

A l'Ouest, ni repli ni salut

Deuxième facteur aggravant, les autres régions mondiales n'offrent aucune solution de repli. En Amérique latine, les fabricants locaux satisfont les besoins actuels et sont devenus exportateurs. Aux Etats-Unis, la situation n'est pas meilleure. Ces derniers ont fermé la porte aux importations - sans compter les surcapacités locales (General Electric, American Transformer..), qui n'aident pas au redressement des prix. Même chez eux, en Europe de l'Ouest, les trois leaders mondiaux ne trouvent point de salut. "L'ouverture des frontières augmente certes les possibilités d'exportation, mais avec en contrepartie une plus grande concurrence sur le marché français", déclare Jean-Pierre Fesson. Or le jeu des disparités monétaires profite surtout aux fabricants de taille plus modeste d'Europe du Sud. Ces dernières années, des italiens comme Tamini ou Tironi ou le portugais Effacec sont ainsi parvenus à s'immiscer en France sur le marché des transformateurs de distribution grâce à des monnaies dévaluées de 10 à 20% par rapport au franc et à des coûts de main-d'oeuvre plus faibles. Pour la première fois, la SNCF a passé commande l'an dernier à Tamini pour plus de 3millions de francs de transformateurs fixes destinés aux stations d'alimentation de son réseau. D'une manière générale, les réseaux européens sont aujourd'hui largement équipés, et, dans la plupart des pays (sauf de petits marchés comme le Danemark, le Luxembourg ou l'Irlande), les fabricants locaux, déjà en surcapacité, répondent aux besoins du marché. Du côté des transformateurs de puissance, le tableau n'est guère plus rose, avec la baisse des constructions de centrales électriques. En France, EdF a annoncé en juillet dernier son intention de réduire d'un tiers les engagements de commandes de gros transformateurs jusqu'à la fin de l'année, sans cacher que l'ensemble des contrats seraient de toute façon révisés à la baisse pour les cinq ans à venir. L'ouverture des marchés publics devrait, dans l'immédiat, avoir des effets limités. "Nous n'envisageons pas d'investir dans l'adaptation de nos appareils aux normes d'EdF. En outre, nous estimons que GEC-Alsthom est parfaitement compétent pour répondre à la demande locale. Nous préférons miser sur le marché allemand, où nous sommes davantage présents", confie le responsable de l'activité "énergie-distribution" d'ABB France, Michel Bernard. Mais qui peut dire l'avenir, si la dévaluation de la couronne suédoise par rapport au franc, qui a atteint 30% en six ans, se poursuit au même rythme? Une autre inconnue demeure, et non des moindres, dans la redistribution mondiale du marché: l'attitude de Siemens. Récemment, le groupe a confié à GEC-Alsthom la fourniture des transformateurs (15millions de francs de matériels) de la centrale thermique dont il vient d'obtenir la commande à King's Lynn (Grande-Bretagne). Cette commande est-elle significative d'une perte de compétitivité du groupe allemand, qui veut en tout cas rester discret sur sa stratégie? Une chose est sûre, l'Europe n'est pas près de redevenir une terre de prédilection pour les trois plus gros fabricants mondiaux. GEC-Alsthom ne cache pas être dans le rouge sur ses activités françaises, et ABB reconnaît les siennes "tout juste rentables" sur le Vieux Continent.

La concurrence des nouveaux venus

ABB, omniprésent sur l'ensemble des marchés - une cinquantaine d'unités de production de transformateurs réparties dans plus de vingt pays - a durement subi les concurrences locales. "Les nouveaux venus pratiquent des prix très compétitifs parce qu'ils n'ont pas les frais généraux qu'engendre une structure internationale comme la nôtre", explique Michel Bernard. En ne possédant en tout et pour tout que cinq unités à l'étranger (Grande-Bretagne, Inde, Afrique du Sud, Indonésie, Etats-Unis), GEC-Alsthom a finalement mieux réagi, avec un chiffre d'affaires global maintenu depuis cinq ans grâce aux croissances enregistrées sur l'Asie. "Nous sommes bien implantés en Inde et en Indonésie, où le taux de croissance avoisine les 10% par an", note Jean-Pierre Fesson. Pour le groupe, le redéploiement des unités de production s'effectuera à l'étranger, minutieusement, et en des lieux choisis. A commencer par la Chine, même si la lutte promet d'être rude. Contre Parsons Peoples, filiale de Rolls Royce, qui aannoncé son intention d'y établir un joint-venture. Ou contre des géants coréens aux activités multiformes comme Hyundai ou Yusung, aux coûts salariaux très bas. Laurent SCHWARTZ





Rationaliser, réinvestir, innover: Les réponses des trois leaders mondiaux

ABB - 8,75milliards de francs de chiffre d'affaires en 1994

Rationaliser

Pour maintenir sa compétitivité, le numéro1 mondial a ramené ses capacités de production de transformateurs de puissance de 150 à 100GVA. Outre la réduction d'effectifs en Espagne et aux Etats-Unis, le groupe a dû fermer ses unités scandinave, brésilienne et canadienne.

Réinvestir

Le groupe tâche de se relocaliser sur les régions à forte demande par le biais de joint-ventures. Il s'est ainsi associé en avril 1994 à une société d'Etat vietnamienne de 500personnes, CTBT, qu'il contrôle à 65%. Six mois avant, le groupe s'était installé en Ukraine, en apportant 51% du capital d'un joint-venture impliquant deux partenaires locaux.

GEC-Alsthom - 2,1milliards de francs de chiffre d'affaires en 1944

Rationaliser

Pour sauvegarder son activité, le groupe franco-britannique a dû fermer deux de ses cinq unités françaises, Aix-les-Bains et Fourchambault. La restructuration décidée au Havre permettrait, selon la direction, de stabiliser l'activité en France à condition que les facteurs monétaires ne se détériorent pas et qu'EdF ne réduise pas davantage ses commandes.

Innover

Pour coller à la chute des prix, le groupe a lancé une gamme de transformateurs de distribution baptisée Harmony qui affiche des prix de 5% inférieurs à ceux de la gamme précédente. Un procédé de bobinage, dit à 60degrés, permet aux ateliers du groupe de diminuer leur temps de fabrication de 10%.

Siemens - Autour de 3milliards de francs de chiffre d'affaires en 1994

Rationaliser

Surprendre

A Nuremberg, le service de planification stratégique affiche une volonté d'expansion globale sur ce métier. Mais aucune information précise n'émane du numéro2 mondial... Même le chiffre d'affaires réalisé sur les transformateurs demeure confidentiel.

USINE NOUVELLE N°2508

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