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Transferts de technologie: la méthode DCNS

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Pour transférer des technologies vers un pays client, il ne suffit pas de poster une série de plans. Chez DCNS, le procédé est rôdé.

Transferts de technologie: la méthode DCNS © DCNS

En septembre 2009, DCNS a signé un énorme contrat avec la marine brésilienne. 6,7 milliards d'euros pour quatre sous-marins conventionnels (de type Scorpene), un sous-marin à propulsion nucléaire (à l'exception de cette propulsion), une base militaire et un chantier naval.

Tous ces éléments seront construits au Brésil, par une co-entreprise (ICN) créée par DCNS et la société locale Odebrecht. Le chantier naval, qui sera à terme la propriété de la marine brésilienne, servira à la construction des sous-marins. A partir de 2012, 25 ingénieurs français effectueront au Brésil une mission d'assistance technique, qui devrait durer 13 ans. 

130 Brésiliens seront formés à Cherbourg à la construction de sous-marins, et 30 en étudieront la conception à Lorient. Ces derniers se focaliseront sur la structure des sous-marins nucléaires, très particulière.

La méthode utilisée par DCNS est baptisée "on-job training". La moitié avant d'un sous-marin traditionnel va être construite en France, et servira d'application pratique pour la formation des brésiliens. En 2012, la partie construite sera transportée au Brésil avec les ingénieurs en question, qui termineront le travail sur place. Ce procédé a déjà été utilisé par DCNS lors de vente de sous-marins au Pakistan, en Malaisie ou au Chili.

Les 30 ingénieurs de la marine brésilienne sont arrivés à Lorient avec leurs familles, ils resteront 18 mois en formation dans des locaux créés spécialement pour eux. Face aux chantiers de DCNS, ils étudieront les méthodes qui leur permettront de construire le premier sous-marin nucléaire de l'hémisphère Sud.

Objectif: maîtriser les échanges

Les transferts de technologie font peur, particulièrement quand ils concernent du matériel militaire. La direction de DCNS cherche à dédramatiser, à prouver que le transfert est maîtrisé.

Les technologies transférées sont limitées. Aucun échange par exemple sur les systèmes de combats, ni sur la propulsion nucléaire elle-même. Pour cette dernière, les Brésiliens ont développé un prototype qui est actuellement testé à terre. 

Pierre Quinchon, directeur de la division sous-marin de DCNS, va plus loin. Il assure que "le Brésil s'est engagé auprès de la France à ne pas revendre cette technologie". DCNS ne serait donc pas en train d'armer un futur concurrent. 

Pour DCNS, le plus important est ailleurs. Outre le contrat lui-même, l'entreprise pose un pied au Brésil. C'est sa propre joint-venture qui va construire les sous-marins. Pierre Quinchon, qui n'exagère que légèrement, va jusqu'à affirmer que "DCNS se transfère la technologie à lui-même". Quoi qu'il arrive, DCNS va y gagner une position stratégique de premier plan au Brésil, pays en pleine croissance. Beaucoup d'autres industriels en rêveraient.


 

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