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Transat Jacques Vabre, la course technologique

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41 voiliers s’élanceront du Havre dimanche 25 octobre pour Itajai au Brésil. Ils ne sont mus que par la force du vent mais constituent un concentré de technologies. Le trimaran Macif de l’ingénieur François Gabart en est l’un des meilleurs exemples.


Crédits : Patrice Desmedt

Dimanche 25 octobre à 13h30, 41 voiliers de course s’élanceront du Havre en direction d’Itajai, au Brésil. Dans cette douzième Transat Jacques Vabre, les binômes se mesureront dans quatre classes différentes, dont les nouveaux rois des mers : quatre Ultime, multicoques de 30 mètres de long. Course à la voile, cette transat est aussi une course technologique.

Alors qu'n 1960, Sir Francis Chichester gagnait la première transat de l'histoire en 40 jours et 12 heures, en 2004, Michel Desjoyaux avalait la distance en 8 jours et 8 heures. Les coureurs se sont certes professionnalisés, mais ils profitent surtout des évolutions de l’architecture navale, des matériaux et de l’informatique.

Ce n’est pas un hasard si l’on trouve Intel parmi les partenaires de voilier Macif de François Gabart, qui prend le départ avec comme co-skipper Pascal Bidégorry. Le fabricant de processeurs a fourni de la puissance informatique afin d’accélérer les calculs de simulation effectués par le spécialiste Hydrocean. Les deux systèmes du centre de calcul d'Intel qui utilisent des centaines de processeurs Xeon de dernière génération ont permis de multiplier par 2,25 les performances par rapport au système de calcul d’Hydrocean.

Un gain essentiel, car l’équipe de conception devait travailler dans des délais très courts pour pouvoir être sur la ligne de départ au Havre. Macif n’a été mis à l’eau par le chantier CDK que le 18 août. 150 simulations ont été réalisées en un mois, principalement sur la forme de la coque, afin de tester virtuellement son comportement à 40 nœuds.

"Les résultats ont parfois été surprenants, explique Antoine Gautier, responsable technique au sein de l’équipe de François Gabart, comme au niveau des interactions entre le foil et le flotteur : le meilleur flotteur sans foil n’est plus le meilleur avec un foil".

Foil en composite

Les foils, ce seront les stars de cette transat. Ces patins, en forme d'aile ou recourbés comme sur Macif, sont placés sous les coques. Le bateau s'appuie dessus à grande vitesse pour se lever légèrement et diminuer ainsi la résistance à l'eau, et donc accélérer. Les foils existaient déjà sur les dernières générations de trimaran, ils viennent d’arriver sur les monocoques. Pour ces derniers, il ne s’agit pas de tenter de les faire voler, mais de lutter contre la gîte et donc de pouvoir porter plus de toile. Macif présente une curiosité : il ne disposera que d’un seul foil, sur le flotteur tribord, celui qui devrait être le plus sollicité durant la course. 

"Nous avons préféré avoir un seul très bon foil que deux moyens, argumente Antoine Gautier. La mise au point a été complexe, avec de la casse à la clé et c’est la version 4 que l’on peut voir sur Macif. Il est réalisé non pas classiquement en titane mais en composite, fabriqué par C3 Technologies. Il est plus léger et sa construction est moins coûteuse. Il présente également une forme inédite, avec une partie supérieure rentrante".

Dans des conditions favorables, 80 % de la charge sera supportée par le foil et seulement quelques mètres du flotteur seront en contact avec la mer. L’objectif à long terme ? Voler. L’informatique de bord aura alors un rôle crucial à jouer pour gérer automatiquement le vol, stabiliser le bateau et éviter le cabrage. Les multicoques de course au large n'en sont pas encore là, mais ils lorgnent déjà avec envie sur les bateaux de la coupe de l'America qui eux volent déjà.

Patrice Desmedt

Macif en chiffres
Longueur : 30 mètres
Largeur : 21 mètres
Tiran d’eau 4,5 mètres
Tiran d’air : 35 mètres
Déplacement : 14,5 tonnes
Surface de voilure : 650 mètres carrés
Architectes : VPLP Constructeurs : CDK (assemblage final et flotteur) avec Multiplast (coque et bras), C3 Technologies (foils) et Lorima (mât)

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