Traitement de surface : Snmi parie sur le plasma haute énergie

Pour réduire les coûts de ses clients, la société avignonnaise a mis au point un nouveau procédé de traitement de surface. Les premières machines viennent d'être livrées.

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Le plan quinquennal lancé en 1990 par la petite entreprise avignonnaise SNMI (Société nouvelle de métallisation industrie) pour le développement de nouveaux concepts semble avoir porté ses fruits. La société vient en effet de mettre au point une nouvelle technique de traitement de surface, le rechargement par plasma haute énergie (PHE), qui devrait lui donner, pour quelques années, une longueur d'avance sur ses concurrents. Issue d'une petite entreprise familiale créée en 1920 pour exploiter le brevet du docteur Schoop sur la projection thermique, SNMI a connu dans les premières années de son rachat par la Sfec (ancienne filiale du CEA et de la Cogema) une période difficile, fruit de diversifications hasardeuses. Ce n'est qu'en 1986, avec l'arrivée d'une nouvelle direction et la mise en place d'un plan de redressement, que l'entreprise a réussi à trouver ses marques. En se fixant une nouvelle ligne de conduite: se recentrer sur la projection thermique et le rechargement. Le résultat ne se fait pas attendre: en 1985, la société affichait des pertes de l'ordre de 30% du chiffre d'affaires. Quatre ans plus tard, les gains après impôts sont de 10%. En 1994, avec quarante personnes, SNMI a réalisé un chiffre d'affaires de 40millions de francs, dont 30% à l'export, essentiellement vers l'Europe. Les ventes se répartissent à peu près également entre la production d'équipements de projection thermique et de rechargement et celle de consommables (matériaux pour recharger les équipements: fil, poudre, cordon...).

Sept millions de francs investis dans la recherche

Depuis quelques années, la société avait acquis ses lettres de noblesse sur le rechargement par plasma par arc transféré (PTA), principalement utilisé pour le secteur de l'automobile, mais aussi pour la robinetterie et les vis. Au début des années90, sentant que ces clients allaient devoir réviser leurs coûts à la baisse, elle a cherché à proposer une nouvelle technique moins onéreuse. "Nous avons réfléchi, explique le P-DG, Philippe Cathonnet, à ce que nous pourrions apporter de plus à cette technologie dans le cadre d'une réduction des coûts pour l'utilisateur." La société étudie alors les possibilités du laser, mais renonce rapidement en raison du coût trop important de cette technique. "Nous nous sommes ensuite demandé, poursuit Philippe Cathonnet, pourquoi ne pas focaliser l'énergie, comme dans le laser, mais avec du plasma." Le brevet de ce plasma haute énergie, représentant un investissement de recherche de 7millions de francs, a été déposé en 1993, et les premières machines ont été mises en place chez les clients dans les derniers mois. Elles sont actuellement trois à tourner pour le traitement de soupapes. Outre ses avantages techniques, le PHE présente un intérêt économique. Pour une même soupape, il faut 6grammes de poudre en PTA et 2grammes en PHE (la poudre coûte aux alentours de 250francs le kilo). Quant au rendement, il est multiplié par deux, avec la possibilité de traiter six soupapes par minute. "Pour des pièces à encombrement faible ou modéré, on ne fabriquera plus à terme que du PHE", précise le P-DG. Avec le PHE, SNMI espère s'imposer sur le marché du traitement de soupapes, de vannes de robinetterie et de vis d'extrusion. Ces équipements PHE sont vendus au même prix que leurs équivalents PTA. Parallèlement au développement de ce nouveau type de plasma, SNMI travaille sur la production industrielle de poudres quasi cristallines pour des clients du secteur du matériel de cuisson. Les industriels de l'aéronautique et de l'automobile suivent également avec intérêt le projet.

Emmanuelle RIVOIRE



Les avantages techniques du procédé

Considéré comme le quatrième état de la matière, le plasma est obtenu par ionisation d'un gaz au moyen d'un arc électrique. La technique du rechargement PHE consiste à créer un arc électrique entre une cathode et la pièce à traiter tout en focalisant l'énergie. La colonne plasma formée fusionne le substrat sur quelques dixièmes de millimètres seulement, ce qui permet ensuite l'introduction de la poudre et la création d'un dépôt. On obtient ainsi une liaison métallurgique avec le substrat. Selon les études réalisées, ces dépôts PHE auraient, pour une épaisseur bien moindre que celle des dépôts PTA, les mêmes propriétés, voire des propriétés supérieures en termes de dureté et d'homogénéité.

USINE NOUVELLE N°2495

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