Toyota, Honda et Mitsubishi : l'aéronautique japonaise en ordre de bataille

Toyota veut investir dans l'aéronautique tandis que Mitsubishi Heavy Industries et Honda lancent de nouveaux avions. L'industrie japonaise sort de son statut de co-traitant pour accéder au rang de constructeur.

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Toyota, Honda et Mitsubishi  :  l'aéronautique japonaise en ordre de bataille
Le constructeur automobile japonais Toyota a confirmé qu'il étudiait la possibilité d'entrer dans le programme Mitsubishi Regional Aircraft (MRJ), un jet de 70-90 places développé par Mitsubishi Heavy Industries (MHI). Ce groupe est l'une des quatre « heavies » japonaises qui forment l'ossature de l'industrie aéronautique nippone, avec Fuji (FHI), Kawasaki (KHI) et Ishikawajima (IHI). Toyota devrait prendre une participation de 10% dans le MRJ, soit un investissement symbolique de 10 milliards de yens (63 millions d'euros). Le géant de l'automobile ajouterait ainsi une corde à son arc, imitant en cela le groupe Honda, qui a développé un jet de poche pour hommes d'affaires, le HondaJet. Cet avion capable de transporter sept passagers a été conçu avec l'aide de General Electric et doit entrer en service en 2010.

Compétences sur les composites

MHI, qui a démarré son projet d'avion régional en 2003, est en passe de le lancer officiellement dans les semaines qui viennent et vise une entrée en service pour 2013. Le MRJ sera doté de moteurs Pratt & Whitney à engrenage (technologie Geared Turbofan) permettant de réduire la consommation de carburant. Par ailleurs, le MRJ va intégrer une part importante de fibres de carbone dans ses structures. Dans le domaine des composites, les industriels japonais bénéficient du savoir faire de leur compatriote Toray, l'un des principaux producteurs mondiaux de fibres de carbone. Cette expérience leur a permit d'embarquer à bord du Boeing 787 Dreamliner, le premier avion commercial à intégrer 50% de composites et dont MHI, FHI et KHI fabriquent environ 35% du fuselage et des ailes.

L'aéronautique comme priorité

Le MRJ comme le HondaJet, signent le grand retour des Japonais comme constructeurs à part entière. A terme, ils vont constituer de nouveaux concurrents pour le canadien Bombardier, le brésilien Embraer ou les constructeurs américains, qui fabriquent des avions régionaux ou des avions d'affaires. Le Meti, le super ministère japonais de l'économie et de l'industrie, a d'ailleurs fait de l'aéronautique l'une de ses priorités. Historiquement, l'industrie nippone s'est en effet développée en s'adossant aux grands constructeurs occidentaux, essentiellement américains, soit comme co-traitants sur des programmes militaires et civils, soit sous forme de production sous licence. Les « heavies » sont par exemple partenaires sur le Boeing 767 (lancé au début des années 80) et le 777 (lancé en 1990), dont ils fabriquent 21% des structures. Dans le domaine militaire, MHI a par exemple développé le chasseur F-2 sur la base d'un F 16, fabriqué par Lockheed Martin. Dans les moteurs, les « heavies » participent à différents programmes, comme le GEnX ou le GE 90 de General Electric, ou les réacteurs Trent de Rolls Royce. Mais le développement d'aéronefs ou de moteurs 100 % japonais se limite à quelques modèles, par exemple l'hélicoptère léger OH-1, dont le maître d'œuvre est le groupe KHI.

Un secteur quatre fois moins gros qu'en France

Ce qui explique la taille encore modeste du secteur au Japon. Avec un chiffre d'affaires de 8,5 milliards d'euros en 2006 et à peine 30 000 salariés, cette filière pèse près de quatre fois moins qu'en France (33 milliards de chiffre d'affaires et 133 000 personnes selon le GIFAS). Une donne qui va sans doute changer dans les années qui viennent si un colosse comme Toyota décide d'y investir.


GL-B

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