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L'Usine Aéro

Toutes ces fois où le Rafale a failli être vendu à l'export

Elodie Vallerey , , , ,

Publié le , mis à jour le 19/12/2013 À 11H30

[ACTUALISÉ] - L’état-major de l’armée de l’air indienne aurait enfin trouvé un accord avec Dassault Aviation autour des offsets liés à l'achat de 126 avions de combat Rafale. Une étape décisive, qui entérinerait une signature officielle du contrat avant mars 2014. Soit plus de deux ans après l'ouverture des négociations exclusives entre l'Inde et Dassault, pendant lesquels le Rafale n'a cessé d'être acheté... sans vraiment être vendu. Le Brésil a décliné l'offre de Dassault Aviation en faveur du Gripen de Saab le 18 décembre 2013.

Toutes ces fois où le Rafale a failli être vendu à l'export © D.R. - MBDA/Dassault Aviation

Actualisation : Le Brésil a annoncé le 18 décembre sa décision d'attribuer le contrat FX2 pour le renouvellement de sa flotte d'avions de combat au suédois Saab, avec son Gripen NG. Dans un communiqué, Dassault Aviation a regretté que Brasilia ne choisisse pas le Rafale après avoir concédé des "transferts de technologies sans restriction", des "partenariats scientifiques, techniques et industriels" exigés par l'appel d'offre.

Dassault Aviation n’a pas encore officiellement confirmé l’information de Reuters selon laquelle un accord aurait été trouvé avec l’Inde sur les offsets du contrat MRCA prévoyant la fourniture de 126 avions de combat Rafale. Le champagne n’a peut-être même pas été débouché au siège de l’avionneur à Saint-Cloud, en région parisienne.

Car depuis sa mise en service, en 2001, le Rafale garnit certes les rangs de l'armée française, mais pas encore ceux de forces aériennes étrangères. Il a pourtant déjà été maintes fois "en bonne place", "favori", "sur le point d'être choisi" et même "vendu". Si, en Inde, le chemin est certes long et tortueux vers l'aboutissement des négociations, l'appel d'offres du Brésil pour 36 avions de combat ne cesse d'être reporté et le Qatar ne semble pas prêt à se décider. Pourtant, dans la loi de programmation militaire 2014-2019, Paris mise sur deux contrats à l'export du Rafale d'ici 2019.

Le Rafale a déjà été vendu quatre fois en Inde...

Le 31 janvier 2012, l’Inde entre en négociations exclusives avec Dassault pour l’achat de 126 avions de combat Rafale, dans le cadre de la compétition MRCA. A l’époque, le gouvernement Fillon espère finaliser le contrat "dans les six à neuf mois". Un pronostic alors partagé par Eric Trappier, le directeur général International chez Dassault Aviation devenu PDG depuis, dans une interview aux Echos.

Pourtant, en octobre 2012, le Rafale n’est toujours pas officiellement vendu. En novembre, l’ambassadeur indien en France Rakesh Sood affirme que la signature du contrat interviendra au premier semestre 2013, avant la fin du mois de mars et la clôture de l’année fiscale indienne.

Mais en février 2013, il semble clair que l’Inde ne signera pas avant la clôture de son budget. Au ministère indien de la Défense, on parle alors de juillet. L’accord sur les offsets, les contreparties et transferts technologiques exigées par l’Inde pour fabriquer le Rafale sur son territoire après la réception des 18 premiers appareils embourbe les négociations. Après l’échéance initiale de 2013, l’hypothèse d'une signature en 2014 est dès lors prudemment avancée par les différentes parties.

Le 17 octobre, la Confédération de l'industrie indienne laisse entendre que l’état-major de l’armée de l’air aurait trouvé un accord avec Dassault Aviation autour des offsets, ce qui entérine une signature officielle du contrat avant mars 2014.

... deux fois au Brésil...

Le 1er octobre 2008, le Brésil retient, entre autres, le Rafale pour la compétition F-X2 portant sur l'acquisition de 36 avions de combat. Dès 2009, l’avion français apparaît comme favori grâce au transfert de technologie consenti par Dassault Aviation et d'affinités géopolitiques.

Début 2010, la décision n’est toujours pas prise par le Brésil, essentiellement pour des motifs politiques. La France avance pourtant une prise de décision au premier semestre 2010. Le président brésilien Lula lui-même annonce qu’il rendra son verdict "avant la fin de son mandat", soit le 1er janvier 2011, avant de se raviser quelques mois plus tard pour laisser la décision entre les mains de la nouvelle chef d’Etat, Dilma Roussef.

Attendu pour le printemps 2011, le choix est finalement reporté à "début 2012". Pire, des voix font entendre en sous-main que la nouvelle présidente brésilienne préfère le F-18 Super Hornet de Boeing au Rafale français. Depuis, le Brésil ne cesse de reporter sa décision, de la fin 2012 à la mi-2013, pour des raisons économiques.

... et une fois au Qatar

En janvier 2011, le Qatar entame une évaluation technique de candidatures comprenant le Rafale pour l’achat de 24 à 36 appareils. Par trois fois en dix-huit mois, le ministre de la Défense français Jean-Yves Le Drian s’est fait le VRP de Dassault Aviation dans le pays arabe pour appuyer la candidature du Rafale. Le 9 octobre, il a assuré que l’industriel était "en bonne position".

Avant de trouver une issue au Brésil et au Qatar, la saga Rafale connaîtra encore de nombreux rebondissements. En Inde, l'affaire est bouclée et devrait déboucher sur une signature définitive en mars 2014... jusqu'au prochain épisode ?

Elodie Vallerey

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