Tout comprendre à l'épidémie de grippe aviaire en 7 questions

Pour venir à bout de l’épidémie de grippe aviaire en France, un abattage massif de canards élevés en plein air a été décrété, et une réunion de crise a été organisée mercredi par le ministère de l'Agriculture. Retour sur une situation exceptionnelle.

Partager
Tout comprendre à l'épidémie de grippe aviaire en 7 questions

Où en est la situation actuelle ?

Depuis le 19 octobre 2016, 761 foyers de grippe aviaire (influenza) ont été déclarés en Europe, au sein de dix-huit pays, selon l’Organisation Mondiale de la Santé Animale (OIE). Sur 3,7 millions de volailles jugées à risque, près de 1,6 million ont déjà été éliminées. En France, un abattage massif préventif de canards élevés en plein air a débuté le 5 janvier dans 187 communes du Sud-Ouest, à la demande des autorités. La plupart des foyers infectieux se trouve dans le Gers et les Landes.

Pourquoi des crises si rapprochées en France ?

Il y a un an déjà, 69 foyers d'influenza aviaire, avaient été découverts durant l’hiver dans le sud-ouest, entraînant durant plusieurs mois la fermeture de nombreux élevages– soumis à une procédure de vide sanitaire - , afin de stopper la maladie.

Mais la situation était très différente, assure Monique Eloit, la directrice générale de l'OIE, à L’Usine Nouvelle. "Il s'agissait alors de plusieurs virus non pathogènes qui tournaient dans les élevages vraisemblablement depuis quelques temps, cette année il s'agit d'une souche unique très virulente provenant des oiseaux migrateurs. Il ne faut pas regarder sur deux ans, mais sur dix ou quinze ans, or nous avons eu de longues périodes d’accalmie sans situation difficile."

Quels sont les risques pour l’homme ?

Si, par mesure de précaution, les animaux abattus ne doivent pas être consommés par l’homme ou l’animal, il n’y a cependant pas de preuve permettant de penser que la consommation de volailles ou d’œufs propres puisse transmettre ce virus à l’homme. Les virus de la grippe aviaire n’ont, qu’"en de rares occasions, franchi les barrières d’espèce pour toucher l’homme", précise l’OIE.

Pourquoi tant d’abattages ?

Par rapport à la souche H5N1 qui avait sévi l'année d’avant, le virus H5N8 que l’on rencontre actuellement est plus redoutable, avec des taux de mortalité de 20 à 30% dans certains élevages de canards et une grande virulence. Tous ceux qui s'approchent d'un animal infecté peuvent emporter et disséminer le virus, via une plume ou une fiente… D’où la décision d’abattage massif prise cette année, alors que l’an dernier, seuls les élevages touchés par l'influenza avaient été concernés. Cette décision est propre à chaque pays et chaque situation, explique Monique Eloit.

Et la vaccination des oiseaux ?

Des vaccins sont disponibles, comme ceux du spécialiste français de santé animale Ceva. Cette mesure est très utilisée dans les pays présentant de très fortes endémies, comme en Asie, et que la politique d’abattage devient alors impossible. Et surtout lorsque les souches sont dangereuses pour l'homme (H5N1, H7N9). Ce ne serait pour l’instant pas le cas avec H5N8 en Europe.

Les mesures sont-elles suffisantes ?

Selon les experts, les transports de canards dans le sud-ouest de la France et des mesures d'hygiène et de précaution encore mal appliquées expliquent aussi en partie la contamination rapide à laquelle on assiste actuellement. Les mesures de biosécurité –renforcées en France depuis un an - sont donc particulièrement importantes, insiste l’OIE. C’est un des sujets abordés lors de la réunion de crise sur la grippe aviaire qui réunissait éleveurs, industriels et ministère de l’Agriculture le 11 janvier (voir notre interview de Michel Fruchet, directeur du site de Delpeyrat en Vendée, référent pour Coop de France sur la question aviaire et président de la FIAC Foie Gras).

Quel impact pour les industriels du secteur?

En 2016, le SNIA, le syndicat des fabricants d’aliments pour animaux, avait déjà enregistré une chute de 3,4 % des aliments volailles, soit "300 000 tonnes en moins dont 200 000 directement dues aux mesures sanitaires" contre la grippe aviaire. Tandis que les producteurs français de foie gras, champions mondiaux, estimaient, par la voie du Cifog l’impact de la crise en 2016 à 270 millions d'euros (130 millions pour l'amont et 140 millions pour l'aval) sur un chiffre d'affaires de 2 milliards d'euros. Cette nouvelle épidémie les affecte une fois de plus.

PARCOURIR LE DOSSIER

Tout le dossier

Sujets associés

NEWSLETTER La Quotidienne

Nos journalistes sélectionnent pour vous les articles essentiels de votre secteur.

Votre demande d’inscription a bien été prise en compte.

Votre email est traité par notre titre de presse qui selon le titre appartient, à une des sociétés suivantes...

Votre email est traité par notre titre de presse qui selon le titre appartient, à une des sociétés suivantes du : Groupe Moniteur Nanterre B 403 080 823, IPD Nanterre 490 727 633, Groupe Industrie Service Info (GISI) Nanterre 442 233 417. Cette société ou toutes sociétés du Groupe Infopro Digital pourront l'utiliser afin de vous proposer pour leur compte ou celui de leurs clients, des produits et/ou services utiles à vos activités professionnelles. Pour exercer vos droits, vous y opposer ou pour en savoir plus : Charte des données personnelles.

LES ÉVÉNEMENTS L'USINE NOUVELLE

Tous les événements

LES PODCASTS

A Grasse, un parfum de renouveau

A Grasse, un parfum de renouveau

Dans ce nouvel épisode de La Fabrique, Anne Sophie Bellaiche nous dévoile les coulisses de son reportage dans le berceau français du parfum : Grasse. Elle nous fait découvrir un écosystème résilient, composé essentiellement...

Écouter cet épisode

Les recettes de l'horlogerie suisse

Les recettes de l'horlogerie suisse

Dans ce nouvel épisode de La Fabrique, notre journaliste Gautier Virol nous dévoile les coulisses de son reportage dans le jura suisse au coeur de l'industrie des montres de luxe.

Écouter cet épisode

Le rôle des jeux vidéo dans nos sociétés

Le rôle des jeux vidéo dans nos sociétés

Martin Buthaud est docteur en philosophie à l'Université de Rouen. Il fait partie des rares chercheurs français à se questionner sur le rôle du jeu vidéo dans nos sociétés.

Écouter cet épisode

Les coulisses d'un abattoir qui se robotise

Les coulisses d'un abattoir qui se robotise

Dans ce nouvel épisode de La Fabrique, Nathan Mann nous dévoile les coulisses de son reportage dans l'abattoir Labeyrie de Came, dans les Pyrénées-Atlantiques, qui robotise peu à peu ses installations.

Écouter cet épisode

Tous les podcasts

LES SERVICES DE L'USINE NOUVELLE

Trouvez les entreprises industrielles qui recrutent des talents

Safran

CHEF DE PROJET IT F/H

Safran - 22/11/2022 - CDI - Vélizy-Villacoublay

+ 550 offres d’emploi

Tout voir
Proposé par

Accédez à tous les appels d’offres et détectez vos opportunités d’affaires

974 - ST PIERRE

Acquisition de véhicules de transport en commun de type minicars.

DATE DE REPONSE 13/01/2023

+ de 10.000 avis par jour

Tout voir
Proposé par

ARTICLES LES PLUS LUS