Tous les secteurs égaux face à l'euroLa plupart des donneurs d'ordres européens ont arrêté les mesures vis-à-vis de leurs fournisseurs pour le passage à l'euro. Cependant, l'impact sur l'organisation des entreprises diffère selon les secteurs.

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Tous les secteurs égaux face à l'euro

La plupart des donneurs d'ordres européens ont arrêté les mesures vis-à-vis de leurs fournisseurs pour le passage à l'euro. Cependant, l'impact sur l'organisation des entreprises diffère selon les secteurs.



C'est - seulement - vers la fin du premier semestre que les constructeurs d'automobiles ont vraiment commencé à s'attaquer aux problèmes provoqués par le passage à l'euro dans leurs relations avec leurs fournisseurs. " Jusque-là, quand on les interrogeait, nos clients nous laissaient entendre qu'ils avaient d'autres chats à fouetter ", raconte Thierry de Taeye, " Monsieur Euro " de Sommer-Allibert. L'urgence, enfin, les a obligés à passer à la vitesse supérieure. Secteur traditionnellement aux avant-postes, l'automobile, cette fois, n'a pas particulièrement montré l'exemple. " Nos donneurs d'ordres de l'aéronautique ou du ferroviaire se sont mobilisés plus tôt que ceux de l'automobile, confirme Karine Destic, " Madame Euro " de Sermati (voir aussi page 58). Deux raisons principales à cela. D'abord, la volonté de tous les constructeurs de mettre, avant toutes choses, leurs circuits commerciaux au diapason de l'euro. Vendre est plus important qu'acheter ! Ensuite, l'énormité du problème posé : transformer en quelques mois des milliers de logiciels comptables, fonctionnant en réseaux et en temps réel, imbriqués avec les systèmes de gestion de production, des commandes, des stocks... Dans peu de secteurs d'activité la synchronie informatique est à ce point précise et rythmée, de l'amont à l'aval... Et cela mérite bien quelques réflexions préalables.

Une méthode volontariste, voire autoritaire

De fait, comme elles en ont l'habitude, les directions des achats des constructeurs et de leurs principaux équipementiers ont discrètement (pour ne pas dire secrètement) préparé l'opération depuis des mois. Objectif : inciter leurs fournisseurs, d'abord amicalement, puis de façon de plus en plus pressante, à facturer en euros dès 1999 ou, si impossible, en 2000. La mé- thode est volontariste, voire autori- taire. Mais elle diffère finalement peu, dans les principes comme dans le " timing ", des politiques menées dans les autres secteurs industriels. Les premiers résultats d'une enquête réalisée par le Riost (Réseau international des organismes de sous-traitance) pour le compte de la Commission de Bruxelles (direction générale XXIII) confirme cette impression. Tous secteurs confondus, près des trois quarts des donneurs d'ordres européens déclarent avoir déjà arrêté les mesures organisant l'introduction de l'euro dans les transactions avec leurs partenaires. Et, s'ils ne jugent pas nécessaire de modifier leurs conditions générales d'achat, ils s'attendent néanmoins à ce que les marchés évoluent sensiblement. Huit responsables des achats sur dix pensent que la " transparence " obligera les sous-traitants à renforcer leur compétitivité. Une opinion qui contraste quelque peu avec les discours " apaisants " tenus ici ou là. Et pas seulement dans l'automobile ! Des différences, il y en a pourtant, quant à l'impact prévisible de l'euro sur l'organisation des entreprises. Un autre sondage, publié au premier semestre par la Sofres pour Andersen Consulting, montre que les " projets euro " des dirigeants des grandes entreprises européennes diffèrent sensiblement selon leur domaine d'activité.

L'automobile a déjà redéfini ses tarifs

Dans la métallurgie (où l'automobile est prépondérante), 78 % des grands patrons comptent d'abord adapter les fonctions de support (administratives, informatiques, comptables). Mais cette priorité est un peu moins marquée que dans la construction électrique, la chimie, l'énergie (89 %) ou les industries des biens de consommation (84 %). En revanche, les métallurgistes sont les premiers à envisager des transformations des fonctions " achats ", " commerciales " et " financières " (voir ci-dessous). A l'inverse, ils ressentent moins la nécessité de redéfinir les tarifs que leurs homologues des autres industries. On sait que les constructeurs d'automobiles ont déjà dû réduire les différences de prix qu'ils pratiquaient d'un pays à l'autre, pour cause de marché " unique ". La monnaie du même nom ne fera à leurs yeux qu'achever une évolution déjà bien engagée.



Dans quels domaines allez-vous transformer votre entreprise pour l'adapter à l'euro ?







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