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Tourbillons d'Est

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Les pays de l'Est affrontent un affaissement de leur production industrielle et l'envol du chômage, tout en étant contraints au maintien des taux directeurs élevés.

Tourbillons d'Est © © S.Fayet

Les entreprises citées

En Slovaquie, un nouveau business est né. Depuis l'entrée du pays dans la zone euro, le 1er janvier, des malins profitent des différences de change pour revendre, avec des rabais de plusieurs milliers d'euros, des berlines VWou Skoda achetées à prix discount en République tchèque ou en Hongrie. Ce petit trafic illustre, à son échelle, le choc monétaire que traversent les pays d'Europe centrale et orientale. Comme la koruna tchèque, en quelques mois, le leu roumain, le forint hongrois ou le zloty polonais ont plongé de 20 à 30% face à l'euro. Le symbole est rude pour ces pays qui, depuis dix ans, faisaient figure de «tigres» de l'Europe, avec des taux de croissance de 6% à 8%, et dont les devises, depuis dix ans, avaient souvent eu des poussées de fièvre inverse, en République tchèque notamment. Aujourd'hui, tous, ou presque, affrontent un cassetête budgétaire, l'affaissement de leur production industrielle (-14,6%en Hongrie, en décembre) et l'envol du chômage (6,8%en Tchéquie), tout en étant contraints aumaintien de taux directeurs élevés (10% en Roumanie), pour éviter un effondrement plus profond de leur monnaie. En Hongrie, il y a le feu au lac Balaton. Le FMI a débarqué fin 2008 pour tenter de stabiliser les déséquilibres budgétaires. Le pompier de la finance mondiale est aussi aux portes de la Roumanie, qui doit choisir ces jours-ci entre un prêt de Bruxelles ou du FMI. Ce dernier a aussi dû soutenir la Lettonie, dont lamonnaie, le lats, reste attachée à l'euro, mais dont l'économie a plongé de 10,5% au dernier trimestre 2008. De nombreuses leçons pourraient être tirées de ces désordres. Retenons en trois.

Concurrence. En plein débat sur le protectionnisme, la plongée des taux de change est un classique ajustement de compétitivité, tel que pratiqué dans le passé à l'envi par la France! Même si elles sont subies les dévaluations venues de l'Est vont conduire à un réel avantage commercial pour ces pays (comme la Grande-Bretagne ou la Russie, dont les monnaies ont filé). Libellé en euro, le prix au départ de l'usine Dacia de Pitesti en Roumanie d'une Logan a chuté de 20%en quelques mois, sans que Renault y soit pour quelque chose. Il en est de même pour l'heure de travail d'un ingénieur polonais dans un bureau d'études d'Assystem ou d'Altran.

Dérive. Ces hoquets monétaires remettent aussi en exergue le dévoiement de la finance. En Pologne ou en Hongrie, la flambée de l'immobilier a poussé les banques à proposer aux entreprises ou aux particuliers de s'endetter en euros et en francs suisses pour bénéficier de taux plus attractifs. Le résultat? Des prêts réévalués face à des biens dévalués. Ce système pervers n'a pas produit tous ses effets, mais dans un pays comme la Pologne, on peut s'attendre à une mini-crise des subprimes.

Attraction. Dernière leçon sur l'euro lui-même. Les seize membres de l'Eurogroupe se félicitent de ne pas avoir eu à revivre les dévaluations compétitives de 1992. Et pour les autres, il est toujours aussi attirant. La Slovaquie, qui a franchi la porte en pleine tourmente, a dit ouf. Le Danemark pourrait revoter en 2010. Et si la crise retarde aujourd'hui son adoption en Roumanie ou en Hongrie, cela en fait rager plus d'un. En Bulgarie, certains politiques évoquent même son adoption unilatérale. Mais, rassurez-vous, on n'en est pas encore là à Londres !

Pierre-Olivier Rouaud

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