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Toujours plus d’économies pour Renault et Nissan

Pauline Ducamp , , , ,

Publié le

Les deux partenaires comptent dépasser les quatre milliards d’euros de synergies en 2016, via des productions croisées et un important partage d’organes et de plates-formes

Toujours plus d’économies pour Renault et Nissan © D.R.

"Performance", c’est le terme qui revient en boucle chez les dirigeants de l’Alliance Renault-Nissan. Le quatrième groupe automobile a dévoilé mercredi 2 juillet les synergies réalisées en 2013 par les deux partenaires et affiche la volonté d’aller toujours plus loin dans les économies.

"L’année dernière, Renault et Nissan ont réalisé 2,9 milliards d’euros de synergies, soit deux fois plus qu’en 2009, a souligné Christian Mardrus, directeur de Renault-Nissan BV. Mais le potentiel est beaucoup plus important que cela. En 2016, l’objectif est d’atteindre les 4,3 milliards d’euros de synergies".

Des synergies importantes

Le duo franco-japonais ne comptabilise ici que les synergies nouvelles enregistrées en 2013. A titre de comparaison, en 2012, Renault et Nissan avaient déjà réalisé 2,7 milliards d’euros de synergies. "2,9 milliards d’euros de synergies l’an dernier est une somme relativement importante, souligne Bertrand Rakoto, consultant chez D3 Intelligence. Il faut se rappeler que PSA et GM prévoyaient 1 milliard d’euros de synergies, une somme qu’ils qualifiaient d’importante. Pour Renault-Nissan, cette somme représente le double de ses résultats 2013".

Les achats gérés par la coentreprise Renault-Nissan Purchasing Organisation (RNPO) contribue à ces synergies à hauteur de 1,03 milliard d’euros, l’ingénierie véhicule à hauteur de 714 millions d’euros et le co-développement d’organes mécaniques pour 525 millions d’euros. "A l’échelle mondiale, dans tous les grands groupes, le nombre de plates-formes et de moteurs diminuent, ce qui est une source importante d’économies. Certains groupes développent désormais une architecture moteur à laquelle ils ajoutent ou retirent des cylindres pour les adapter aux différentes gammes de véhicules", ajoute Bertrand Rakoto.

productions communes

Derrière ces chiffres, le calcul concret des économies reste complexe à appréhender. "Les synergies viennent à la fois d’une baisse des coûts, de revenus liés à nos coopérations et d’investissements qui ont été évités", détaille Christian Mardrus.

Par exemple, Nissan a chiffré l’investissement pour produire la prochaine génération de la Micra pour l’Europe. Si le Japonais fabriquait la petite voiture à Chennai (Inde), où il n’y a pas de place dans l’usine, il devait construire une nouvelle ligne. Utiliser les capacités de Renault à Flins (Yvelines) est alors moins onéreux, Nissan a donc choisi de produire dès 2016 132 000 Micra dans l’usine française. La différence entre la somme qui aurait été investie à Chennai et celle dépensée pour produire à Flins rentre dans les 2,9 milliards d’euros de synergies.

plates-formes communes

"On compte aujourd’hui 12 à 13% de production croisée, on peut monter jusqu’à 20%", précise Christian Mardrus. La création d’une direction commune Alliance pour le manufacturing, début avril, vise la multiplication de ce type de productions, notamment avec la plate-forme commune CMF. "La plate-forme CMF sera utilisée des segments A à D car l’avant est partagé entre Renault et Nissan, ce qui va augmenter l’utilisation commune d’organe", poursuit Alain Raposo, vice-président Alliance ingénierie moteurs et véhicules électriques.

"C’est avec les plates-formes communes que Renault et Nissan vont trouver de nouvelles synergies, analyse Bertrand Rakoto. La plate-forme CMF sera en effet utilisée par exemple en Amérique du Nord, où jusqu’à présent on trouvait presque uniquement des plates-formes d'origine Nissan, comme au Japon. Le potentiel d’économies avec Daimler est aussi important"

La mutualisation des plates-formes ou organes n’empêche pas pour autant tous les doublons. Renault et Nissan examinent en effet les projets communs au cas par cas et ne travaillent pas forcément de concert, par exemple sur les batteries du véhicule électrique. "Mais Carlos Ghosn s’est lancé dans la course au podium mondial, il veut donc rechercher encore plus d’effet volume et de synergies", prévoit Bertrand Rakoto.

Pauline Ducamp

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