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L'Usine de l'Energie

"Total travaille beaucoup sur les algues", rappelle Bernard Pinatel, DG raffinage-chimie

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Publié le , mis à jour le 10/05/2019 À 15H30

Le directeur général raffinage-chimie de Total, Bernard Pinatel, détaille les différents projets menés par le groupe en matière de chimie verte et de recyclage.

Total travaille beaucoup sur les algues, rappelle Bernard Pinatel, DG raffinage-chimie

L'Usine Nouvelle - Le groupe investit des milliards en pétrochimie et, dans une moindre mesure, en chimie verte et recyclage. Pourquoi ?

Bernard Pinatel - Nous voulons contribuer à la réduction des émissions de dioxyde de carbone (CO2). Pour mémoire, les plastiques ont des propriétés intrinsèques qui contribuent fortement aux réductions de CO2, via l’allégement des matériaux ou l’isolation. Mais on ne peut pas dissocier les usages de leur fin de vie. Total se mobilise donc pour l’économie circulaire, en investissant dans la chimie verte, les biocarburants, le recyclage. Il n’y a pas une seule solution, il faut travailler sur toutes les technologies, sans oublier de créer une dynamique collective, réunissant ceux qui collectent et ceux qui mettent sur le marché. Nous sommes ainsi engagés au niveau international comme membre fondateur de l’Alliance to End Plastic Waste, et en France avec Danone, Saint-Gobain et Citeo pour créer une filière inédite de recyclage de polystyrène. Nous avons réussi des essais sur plusieurs milliers de tonnes à Carling où nous disposons déjà d’une unité industrielle.

Vous êtes entrés en 2018 sur le marché des bioplastiques avec une usine d’acide polylactique (PLA) biosourcé avec le néerlandais Corbion. Pourquoi ce choix ?

Le PLA est non seulement biosourcé mais aussi biodégradable, ce qui permet de répondre à la problématique des plastiques à usage unique. Le PLA est une solution, la demande est là. La Thaïlande s’explique par le fait que Corbion y disposait déjà d’actifs industriels proches de la matière première, car c’est l’un des premiers pays producteurs de canne à sucre. Et c’est en Asie, donc proche des clients finaux. Le marché croît de 15% par an, ce qui nous conduira certainement à développer nos capacités de production.

Sur le volet des agrocarburants, où en est votre projet de reconversion de La Mède en bioraffinerie ?

Les unités démarrent, les premières tonnes de biodiesel seront disponibles fin avril. Au maximum 50% de la production sera dérivée d’huile de palme durable, l’autre moitié venant d’autres huiles végétales, de graisses animales et d’huiles de cuisson usagées. Pour ces dernières, nous avons un partenariat avec Suez pour structurer la collecte. En ce sens, le projet de La Mède est vertueux car il aide à développer des filières d’économie circulaire, sans oublier les 250 emplois directs et les 1000 indirects qu’il permet de sauver sur l’étang de Berre.

Avez-vous d’autres projets en chimie verte ?

Nous regardons les start-up, nous étudions des acquisitions. Nous faisons aussi de la R & D. Nous travaillons beaucoup sur les algues, qui transforment du CO2 en carburant par photosynthèse. En dix ans, nous avons investi 500 millions d’euros en R&D bio. Il faut avoir plusieurs fers au feu.

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