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L'Usine de l'Energie

Total s’équipe du 9e plus puissant calculateur au monde

Ludovic Dupin , , ,

Publié le

Total a besoin de puissance de calcul pour explorer des zones toujours plus profondes et complexes. Pangea, son nouveau supercalculateur, est quinze fois plus performant que son prédécesseur.

Total s’équipe du 9e plus puissant calculateur au monde © Laurent Pascal

Il s’appelle Pangea et il va doper la puissance d’exploration de Total. Le pétrolier a inauguré un nouveau supercalculateur ce vendredi 21 mars dans son Centre scientifique et technique Jean Féger (CSTJF) à Pau (Pyrénées-Atlantiques). Mis en service en janvier dernier, il n’est pas encore officiellement classé dans le TOP 500 des supercalculateurs mondiaux. Mais s’il l’était, il serait à la neuvième place avec ses 2,3 pétaflops de puissance de calcul. C’est un bond majeur par rapport à l’ancien modèle, Rostand (SGI Altix de son nom technique), et ses 0,45 pétaflops.

Rien de trop pour "la Nasa du pétrole" comme se qualifie Total ! Pangea, ou SCI ICE X, a été conçu par le fabricant américain SGI, qui fournit le pétrolier sur appels d’offres depuis la fin des années 90. Total ne donne pas de prix officiel pour sa bête de course, mais explique que le programme représente un investissement de 60 millions d’euros sur les 4 ans à venir. Car Pangea, animé par 6 912 biprocesseurs octo-coeurs Intel Sandy Bridge, est gourmand. Il nécessite 2,8 MW de puissance électrique pour calculer et être refroidi. Cette dernière fonction s’effectue par un système à eau qui se loge au niveau même des processeurs. Pour la petite histoire, l’eau réchauffée à 35 °C sert à chauffer les locaux du CSTJF.

Total n’en est pas à son premier supercalculateur. En 1983, le groupe s’équipait du Cray 1M. Ses 160 mégaflops représentent aujourd’hui l’équivalent d’un petit Smartphone… ou du dixième de la puissance d’un d’Ipad 2 ! Depuis 30 ans, 8 supercalculateurs ont été installés. Ils servent deux objectifs : l’analyse des données sismiques et la simulation du comportement des réservoirs en production. La capacité à réaliser des analyses sismiques hyperprécises est le nerf de la guerre pour Total. "La réussite des forages d’exploration se situe entre 20 et 50 %", rappelle Jean-François Minster, directeur scientifique de Total. Le groupe va réaliser 60 forages en 2013 pour un budget de 2,8 milliards de dollars… Il s’agit de ne pas se tromper de quelques mètres et passer à côté d’un réservoir de pétrole majeur ! "D’autant plus que nous forons dans des zones de plus en plus complexes et profondes", ajoute Philippe Malzac, directeur des systèmes d’information de l’exploration-production.

Aller plus vite, et plus loin

Les données (sismique, gravimétrie, bathymétrie…) issues de l’exploration des zones d’intérêts sont de plus en plus volumineuses. Aujourd’hui, une campagne pour un champ compte en moyenne 150 téraoctets de données, 20 fois plus qu’il y a 20 ans. Leur examen prend du temps. L’analyse des relevés sismiques du projet Kaombo en Angola a demandé 9 jours de calcul à Pangea. Avec l’ancien supercalculateur, Rostand, il aurait fallu 4,5 mois… une durée de mobilisation impossible. Le nouveau supercalculateur permet non seulement d’aller plus vite, mais plus simplement de faire des opérations inenvisageables auparavant.

En plus de Pangea, Total a installé un supercalculateur de même architecture, mais dix fois moins puissants (286 téraflops), dans son laboratoire de recherches à Houston. L’idée est d’y tester les améliorations d’algorithmes pour optimiser le fonctionnement de l’ordinateur de Pau. Par ailleurs afin d’optimiser l’architecture des processeurs, Total a signé des partenariats industriels avec Fujitsu et SGI. Pangea connaîtra une mise à jour majeure d’ici 2 à 3 ans, puis sera remplacé dans 4 à 5 ans. A cette date, Total envisage de doubler sa puissance de calcul. D’ores et déjà, la R&D du pétrolier dessine ce que pourra être ce supercalculateur de 2017 et quel cahier des charges sera soumis vers 2015 à SGI, Cray, IBM, HP, Fujitsu et Bull

Ludovic Dupin

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