Total quitte l'Iran

L'Iran a perdu sa dernière major pétrolière occidentale. Dans un entretien au Financial Times jeudi 10 juillet, Christophe de Margerie juge politiquement trop risqué pour Total d'y investir. Une nouvelle qui sent le roussi.

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Téhéran avait pourtant de quoi le retenir : il compte sur les deuxièmes réserves mondiales de gaz après la Russie, et occupe le rang de quatrième producteur mondial de pétrole. La pression américaine aura eu raison des appétits des pétroliers.

En cause : les tensions croissantes avec Israël. Les Gardiens de la révolution, l'armée d'élite du régime islamique iranien, ont effectué mercredi 9 juillet un test de lancement d'un missile Shahab 3, dont la portée est suffisante pour atteindre Israël, a annoncé la chaîne de télévision publique en langue arabe Al-Alam. Ce test a ravivé les craintes que l'Iran ne mette à exécution ses menaces de fermer le détroit d'Ormuz, où transitent 17 millions de barils par jour. Des navires britanniques et américains ont achevé mardi des manœuvres de cinq jours dans le Golfe visant à la protection des installations pétrolières tandis que l'Iran a menacé de "mettre le feu" à Tel-Aviv et à la flotte militaire américaine en cas d'attaque contre ses installations nucléaires. La guerre plane sur la région, George Bush veut à tout prix isoler Téhéran qui poursuit contre vent et marées son programme nucléaire. Total, comme Shell ou Repsol, s'en va.

« Aujourd'hui nous prendrions beaucoup trop de risques politiques à investir en Iran, car les gens diraient : Total est prêt à n'importe quoi pour faire de l'argent », a exprimé son patron Christophe de Margerie dans un entretien au Financial Times (FT) publié jeudi 10 juillet.

Total était engagé depuis des années dans des négociations avec l'Iran pour l'exploitation de réserves de gaz à South Pars, avec en vue la création d'une installation produisant du gaz naturel liquéfié pour l'exportation. South Pars, considéré comme le plus grand gisement de gaz au monde, est partagé entre l'Iran et le Qatar, mais l'exploitation côté iranien est très en retard par rapport à celle menée par l'émirat. Le départ de Total est donc un revers pour l'Iran, qui ne pourra pas bénéficier du transfert de compétences dont il a besoin pour augmenter ses exportations de GNL, même s'il s'alliait avec la Russie ou la Chine. Sans compter la chute de production pétrolière : Total a produit en 2007 15.000 barils équivalent pétrole par jour en Iran, sur une production totale annuelle de 2,35 millions.

Un départ que le pétrolier français ne fait pas de gaité de cœur. En octobre dernier, quand Paris avait invité les sociétés privées à ne plus investir en Iran et en Birmanie, M. de Margerie avait affirmé dans Le Monde, "On ne peut réclamer des cours du baril sous contrôle et, dans le même temps, pousser les pays producteurs à fermer le robinet. Ce pétrole, on est bien obligé d'aller le chercher là où il est". Dans le FT, il le déplore toujours : "Vous enlevez deux grands pays (l'Iran et l'Irak) du système et après vous dites : Il n'y a plus assez de pétrole et de gaz. Oh quelle surprise !"

A.L.

Des stocks américains de pétrole en chute libre la semaine dernière

Très attendu, le rapport hebdomadaire du Département américain à l'Energie (DoE) a montré une chute impressionnante des stocks de brut aux Etats-Unis la semaine dernière: ils ont décru de 5,9 millions de barils, à 293,9 millions de barils, soit bien plus que la baisse de 2,1 millions de barils pronostiquée par les analystes.
Une baisse due en partie à la fermeture, pendant quelques jours, d'un oléoduc en Alaska, mais aussi à un recul de la demande de stockage des raffineries américaines, en raison des prix records du pétrole et des difficultés d'emprunter découlant de la crise du crédit.
Les statistiques du DoE ont révélé une demande d'essence très, très faible, une donnée particulièrement observée alors que les Etats-Unis sont entrés dans la saison des grands déplacements estivaux en voiture.

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