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L'Usine Energie

Total négociera avec les Etats-Unis pour aller au bout du projet South Pars en Iran

Simon Chodorge , , , ,

Publié le

Le projet South Pars mené par Total en Iran est fragilisé depuis plusieurs mois par la menace des Etats-Unis de se retirer de l'accord sur le nucléaire iranien. Le 19 mars, le PDG du groupe français a expliqué souhaiter aller au bout du projet, quitte à négocier une dérogation auprès des Etats-Unis.

Total négociera avec les Etats-Unis pour aller au bout du projet South Pars en Iran
Les infrastructures onshore de South Pars (Iran) que Total souhaite étendre.
© Hamed Malekpour

Total souhaite poursuivre son projet d’exploitation de gisement de gaz naturel en Iran à hauteur de 4,8 milliards de dollars. Dans une interview publiée le lundi 19 mars, Patrick Pouyanné, PDG du groupe Total, explique qu’il serait prêt à demander une dérogation si jamais les Etats-Unis réimposaient des sanctions à l’Iran.

Le président américain a en effet menacé de se retirer unilatéralement de l’accord de Vienne sur le nucléaire iranien signé en 2015. Une décision qui pourrait intervenir en mai 2018 si le traité n’est pas renégocié et qui se traduirait par un retour des sanctions économiques à l’égard de Téhéran. En parallèle, l’Allemagne, la France et le Royaume-Uni, tous trois membres de l’accord, cherchent toujours un compromis avec les Etats-Unis pour préserver le traité.

"Si les Etats-Unis décident de remettre les sanctions en place, nous devrons examiner les conséquences”, avance Patrick Pouyanné au journal The National d’Abou Dhabi. “Ensuite nous verrons. Soit Donald Trump décide de maintenir les dérogations [aux sanctions] et nous poursuivrons le projet, soit nous demanderons une dérogation aux autorités américaines.”

Un projet étalé sur 20 ans

Il faut dire que le groupe français risque gros. En novembre 2017, le gouvernement iranien menaçait Total de ne rendre aucun capital si l’entreprise décidait de se retirer du projet.

Total avait signé un contrat en juillet 2017 avec l’Iran pour assurer le développement de la phase 11 du champ gazier South Pars, décrit comme le plus grand au monde et partagé avec le Qatar. Ce projet devait permettre de fournir le marché domestique iranien à partir de 2021. Le projet, étalé sur 20 ans, est mené par Total avec China National Petroleum Corporation (CNPC) et l’entreprise iranienne Petropars.

La phase 11 doit consister en la connexion de 30 puits et de 2 plateformes de tête de puits aux installations de traitement “onshore” grâce à deux pipelines sous-marins. Une deuxième étape consiste en la construction d’infrastructures de compression offshore.

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