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L'Usine de l'Energie

Total menace d’abandonner son projet gazier en Iran

Gaëlle Fleitour , , ,

Publié le

Total a annoncé le 16 mai qu’il ne poursuivrait pas son grand projet gazier entamé en juillet 2017 en Iran... à moins d'obtenir une dérogation de la part des autorités américaines.

Total menace d’abandonner son projet gazier en Iran
Au gisement de South Pars. /Photo d'archives/REUTERS/Raheb Homavandi
© Reuters Photographer

Suite à la décision des Etats-Unis de se retirer de l'accord de Vienne sur le nucléaire iranien et de rétablir les sanctions économiques contre l'Iran, Total est dans l’impasse. Le groupe français a annoncé dans un communiqué, le 16 mai, qu’il ne poursuivrait pas son grand projet gazier entamé en juillet 2017, à moins d'obtenir une dérogation de la part des autorités américaines.

"Total ne pourra pas continuer le projet South Pars 11 (SP11) et devra mettre fin à toutes les opérations qui y sont liées avant le 4 novembre 2018, à moins qu'une dérogation propre au projet ne soit accordée par les autorités américaines, avec le soutien des autorités françaises et européennes", indique-t-il.

Total a signé en juillet 2017 un accord avec l'Iran en vue de développer la phase 11 de South Pars, devenant alors la première des majors pétrolières à signer un contrat en Iran depuis l'accord sur le nucléaire conclu en juillet 2015. Le pétrolier français dispose d'une part de 50,1% du projet South Pars 11, qui représente un investissement global de cinq milliards de dollars. Il s'est engagé à investir un milliard de dollars pour lancer le projet et encore un milliard dans son développement.

Les actifs américains trop stratégiques pour Total

Or aux yeux de l’industriel, les actifs américains représentent en effet "plus de 10 milliards de dollars des capitaux employés", il "ne peut pas se permettre d'être exposé à des sanctions secondaires américaines, qui peuvent comprendre la perte des financements en dollars par des banques américaines".

Total espère parvenir à bénéficier d’une exemption, en invoquant les conditions dans lesquelles a été signé ce contrat de plusieurs milliards de dollars, destiné à développer la phase 11 du champ gazier offshore Pars Sud en Iran, avec son partenaire Petrochina. Dans les années 1990, Total avait obtenu une dérogation de ce type pour les projets South Pars 2 et 3 lors de l'application de sanctions américaines à cette même période.

Il précise que ce nouveau projet est "en stricte conformité avec les résolutions de l'ONU et les législations américaines, européennes et françaises en vigueur à l'époque", et que ce gaz sera destiné uniquement au marché domestique iranien. Total estime la capacité de production du projet à deux milliards de pieds cube par jour, soit 400 000 barils équivalent pétrole par jour en incluant les condensats.

Les difficultés d'autres Français en Iran

"Total a mis en œuvre volontairement une politique s’assurant qu'aucun des prestataires ne participant au projet ne soit affilié au corps des gardiens de la révolution, apportant ainsi une contribution aux objectifs de politique étrangère visant à restreindre la sphère d'influence de ce groupe", précise-t-il, dans l'espoir de rassurer ses partenaires américains.

Malgré la diplomatie d'Emmanuel Macron, Donald Trump a annoncé le mardi 8 mai que les Etats-Unis se retiraient de l'accord conclu à Vienne en juillet 2015 sur le programme nucléaire iranien et allaient rétablir pleinement les sanctions américaines contre Téhéran. Une décision qui pourrait compromettre les plans de nombreux industriels français dans la région.

Ainsi, Airbus est également concerné. "Nous analysons attentivement cette annonce et évaluerons les prochaines étapes en cohérence avec nos politiques internes et dans le respect complet des sanctions et des règles de contrôle des exportations", a déclaré il y a quelques jours le responsable de la communication d'Airbus, Rainer Ohler. "Cela prendra du temps", a-t-il ajouté. La compagnie nationale IranAir a commandé une centaine d'appareils à Airbus pour un montant de 20,8 milliards de dollars (soit 17,5 milliards d'euros) sur la base des prix catalogue, qui font toutefois l'objet de remises importantes, souvent de plus de 50%.

(Avec Reuters)

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