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Quotidien des Usines

Total arrêtera le dernier vapocraqueur de Carling le 5 octobre

Myrtille Delamarche , , , ,

Publié le , mis à jour le 25/09/2015 À 15H03

Le second vapocraqueur de la plateforme pétrochimique de Carling – Saint-Avold (Moselle) fermera bien le 5 octobre 2015. Total réinvestit 180 millions d’euros dans un projet d’avenir pour produire des polymères à haute valeur ajoutée sur le site.

Les vapocraqueurs 1 et 2 de Total sur la plateforme de Carling, en Moselle. Photo: Michel Labelle / Total

La date d’arrêt du vapocraqueur n°1 à Carling – Saint-Avold (Moselle), après l’arrêt du vapocraqueur n°2 en 2009, est confirmée par Total. A compter du 5 octobre 2015, le site ne transformera plus de naphta (un dérivé léger du pétrole) en monomères, un produit intermédiaire destiné à être transformé en polymères (matières plastiques et résines).

Cet arrêt est couplé à un réinvestissement de 180 millions d’euros dans de nouvelles chaînes de production de polymères à forte valeur ajoutée. Un projet "annoncé de longue date", rappelle la directrice de la stratégie, du développement et de la recherche de la branche raffinage et chimie chez Total, Nathalie Brunelle. "Nous arrêtons l’unité de vapocraquage pour proposer des produits plus techniques, à forte valeur ajoutée, répondant à des besoins spécifiques. Nous serons ainsi moins exposés à la concurrence."

En Europe Total se renforce sur les produits à forte valeur ajoutée

Une mutation en droite ligne de la stratégie du groupe pétrolier, qui redéploye ses capacités de vapocraquage en fonction de la disponibilité des matières, notamment en envisageant l’ouverture d’un second vapocraqueur sur éthane à Port-Arthur (Etats-Unis). En Europe, où la pétrochimie manque de compétitivité en raison du coût élevé de la base naphta en comparaison de l’éthane de schiste américain, Total préfère se concentrer sur ces produits à plus forte valeur ajoutée, segment sur lequel il rencontre moins de concurrence que sur les commodités.

Pour ce faire, Total renforce l’unité polystyrène existante à Carling et crée une chaîne de production de compound polypropylènes (des mélanges de résines de base destinés au secteur automobile). Sur le site, Total Cray Valley produira également des résines hydrocarbonées, des résines haute technologie utilisées par exemple dans les smartphones.

Réduction d'effectif

Le site de Carling comptait 554 postes jusqu’en 2013. A compter de 2016, Total maintiendra 344 postes sur la plateforme, dont 110 postes créés sur les nouveaux projets industriels. Le groupe affirme ne procéder "à aucun licenciement, ces suppressions de postes correspondant à des réaffectations et des départs en retraite."

Total continuera néanmoins à approvisionner en propylène l’usine d’Arkema, par wagons-citernes à partir de ses autres sites. Ineos, quant à elle, sera desservie par le réseau d’ethylenoducs traversant l’est de la France, de Lavera (Bouches-du-Rhône) à Carling.

Myrtille Delamarche

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