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Toshiba poursuit sa cure d’amaigrissement avec la suppression de 7000 postes d’ici cinq ans

Ridha Loukil , , , ,

Publié le

Avec son nouveau plan stratégique à 5 ans NextPlan, Toshiba compte poursuivre sa cure d’amaigrissement. Au programme : la sortie des activités non rentables ou à risque, et la suppression de 7000 emplois d’ici 5 ans. Le groupe japonais veut se numériser pour devenir l’un des leaders mondiaux des systèmes cyberphysiques.

Toshiba poursuit sa cure d’amaigrissement avec la suppression de 7000 postes d’ici cinq ans
Nobuaki Kurumatani, PDG de Toshiba, veut continuer à transformer le groupe
© Toshiba

Avec son plan stratégique à 5 ans NextPlan, Nobuaki Kurumatani, qui a pris les rênes de Toshiba en avril 2018, donne le ton. Il n’entend pas mettre fin à la cure d’amaigrissement sans équivalent dans l'histoire industrielle du Japon de son groupe. Au contraire, il compte poursuivre les restructurations avec trois objectifs : accélérer la croissance, améliorer la rentabilité et renforcer le contrôle financier sur toutes les activités.

Vente d'activités en série

L’éclatement du scandale financier en avril 2015 (falsifications des comptes financiers pendant sept exercices consécutifs pour minimiser les pertes dans les PC, la télévision, l’électroménager ou les composants électroniques) a contraint Toshiba à mettre en œuvre un sévère plan de restructuration. Avec à la clé, la cession de nombreuses activités dont l’éclairage (au chinois Konka), l’électroménager (au chinois Midea), le médical et les caméras industrielles (au japonais Canon), les capteurs d’images (au japonais Sony), la télévision (au chinois Hisense), les solutions de communication d’entreprise (au canadien Mitel Networks) ou encore le nucléaire aux Etats-Unis (au fonds d’investissement canadien Brookfield Business Partners). Ce vaste plan de désengagement s’est accompagné par la suppression de 10 600 postes.

Après trois années consécutives dans le rouge, le groupe, quatrième constructeur nippon d’équipements électriques et électroniques derrière Hitachi, Panasonic et Sony, a renoué avec les bénéfices et sauvé son bilan financier sur son dernier exercice fiscal clos en mars 2018, évitant la sortie de la première section de la Bourse de Tokyo. Mais à quel prix ! Il a perdu près de la moitié de son chiffre d’affaires en quatre ans, et a dû sacrifier son joyau industriel, les mémoires flash NAND, en en cédant le contrôle à un consortium mené par le fonds d’investissement américain Bain Capital.

Il n’y a plus de péril en la demeure, Toshiba relève la tête. Mais Nobuaki Kurumatani sait que le redressement reste fragile et que le manque de transparence à l’origine du scandale financier demeure ancré dans la culture de l’entreprise. Il veut poursuivre le recentrage pour disposer d’un paquebot plus efficace et plus facile à manœuvrer. Il promet de passer toutes les activités en revue pour en examiner la compétitivité et céder ou arrêter toutes celles non rentables ou hors du cœur de métier. D’ores et déjà, deux activités sont désignées pour être cédées : le GNL et le nucléaire au Royaume-Uni.

Plan d'économie de 65 milliards de yens

Ancien banquier, le PDG veut mettre le groupe sur le chemin de la croissance avec l’objectif de dépasser les 4 000 milliards de yens de chiffre d’affaires dans 5 ans, contre 3 600 milliards de yens prévus pour l’exercice fiscal 2018 à clôturer en mars 2019. L’heure est aux économies avec un plan de réduction des coûts d'exploitation de 65 milliards de yens qui passe notamment par la suppression de 7 000 postes d’ici 5 ans sur un effectif total de 142 250 personnes.

Dans le même temps, Nobuaki Kurumatani donne un nouvel horizon à ses employés en décidant d’investir 130 milliards de yens dans la transformation numérique du groupe et 30 milliards de yens dans la rénovation des processus d’ingénierie avec les objectifs de migrer 90% du système d’information vers le cloud, de standardiser la création des produits et d’augmenter de 25% la part des composants communs. Il a choisi de concentrer 80% des d’investissements stratégiques en cinq ans (890 milliards de yens en capital et 930 milliards de yens en R&D) sur les activités à plus fort potentiel de croissance comme les énergies renouvelables, les batteries ou les semi-conducteurs de puissance. Il invite enfin ses ingénieurs à explorer de nouveaux domaines porteurs comme celui de l’intelligence artificielle pour créer des futurs moteurs de croissance.

Le numérique est vu à la fois comme un puissant outil de transformation du groupe et une gigantesque opportunité. Nobuaki Kurumatani entrevoit une fusion entre le monde physique et le monde cyber pour la création de systèmes cyberphysiques, systèmes autonomes régis par l’intelligence artificielle dans les voitures, les centrales électriques ou les usines. Il veut valoriser l’expérience du groupe à la fois dans les matériels et le numérique pour faire de Toshiba l’un des leaders mondiaux dans ce domaine.

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