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Toshiba investit massivement pour devenir leader des systèmes cyberphysiques

Ridha Loukil , , , ,

Publié le

Dans le cadre de son plan stratégique NextPlan, Toshiba prévoit 8,2 milliards de dollars d'investissements en cinq ans dans le développement des technologies de fusion des mondes physique et cyber. L’ambition du groupe japonais est de devenir l’un des leaders mondiaux des systèmes cyberphysiques (comme la voiture autonome), un grand enjeu industriel pour demain.

Toshiba investit massivement pour devenir leader des systèmes cyberphysiques
Composants de l'équipement de thérapie aux ions lourds de Toshiba, un exemple de système cyberphysique
© Toshiba

Pour sortir du marasme, Toshiba se donne un nouveau cap : les systèmes cyberphysiques (CPS en anglais pour Cyber Physical Systems). Dans son nouveau plan stratégique NextPlan, il prévoit d’investir 930 milliards de yens, l’équivalent de 8,2 milliards de dollars, en cinq ans dans le développement des briques de ces systèmes complexes autonomes. Ambition : devenir l’un des leaders mondiaux des technologies dans ce domaine qui s’annonce comme la grande révolution industrielle de demain.

Un nouvel horizon pour les employés du groupe

Les CPS se présentent comme la fusion entre le monde physique des capteurs et actionneurs et le monde cyber de traitement des données pour créer des systèmes complexes autonomes régis par l’intelligence artificielle. Ils collectent les données des capteurs, les analysent au numérique et donnent des ordres aux actionneurs pour créer de la valeur à travers une boucle d'interaction permanente entre les mondes physique et cyber.

L’exemple typique de système cyberphysique est la voiture autonome. Aujourd’hui, la voiture dispose en moyenne de 70 systèmes embarqués indépendants les uns des autres, dédiés à des fonctions comme le contrôle du moteur, du freinage, de la télématique ou de la climatisation. L’idée du CPS est de les interconnecter entre eux et de les connecter avec l’extérieur pour les nourrir des données de l’environnement de conduite. Le concept concerne aussi l’avion connecté, les robots autonomes, les trains, les centrales électriques, etc. Selon les experts, cette technologie devrait révolutionner tous les secteurs industriels : automobile, aéronautique, ferroviaire, défense, énergie, médial, etc.

Nobuaki Kurumatani, qui a pris les rênes de Toshiba en avril 2018, voit dans cette révolution l’opportunité de tourner définitivement la page au marasme qui frappe l’entreprise depuis l’éclatement du scandale financier en avril 2015 (falsifications des comptes financiers pendant sept exercices consécutifs pour minimiser les pertes dans les PC, la télévision, l’électroménager ou les composants électroniques). En mettant le cap sur cette vague technologique prometteuse, il donne un nouvel horizon à ses 142 000 employés traumatisés par quatre années de restructuration, de contraction de périmètre et de manque de vision.

La France à la traine

Toshiba se targue de disposer déjà des briques de base des CPS : les semi-conducteurs, disques durs, batteries, moteurs, énergies renouvelables et autres équipements électriques coté matériels, logiciels, algorithmes de traitement et outils d’intelligence artificielle coté numérique. Nobuaki Kurumatani ne précise pas le revenu qu’il espère tirer de ce virage stratégique. Mais il se fixe l’objectif de dépasser les 4 000 milliards de yens, l’équivalent de 35,5 milliards de dollars, de chiffre d’affaires dans cinq ans, contre 3 600 milliards de yens prévus pour l’exercice fiscal 2018 à clôturer en mars 2019. C’est clair qu’il fait de ce développement le principal moteur de croissance.

En France, la filière des systèmes embarqués, représentée par l’association Embedded France, se mobilise pour ne pas rater le coche. Dans un rapport rédigé avec la contribution de Safran, Thales, EDF, Valeo et le CEA et remis en novembre 2017 à Bruno Le Maire, ministre de l’Economie et des Finances, elle presse le gouvernement d’engager un plan de six ans visant à la fois le développement des technologiques génériques des CPS et la diffusion du concept dans l’industrie et notamment auprès des PME-PMI. Car elle estime la France en retard d’au moins deux ans sur des pays comme les Etats-Unis, l’Allemagne, la Suède, la Chine ou le Japon. Mais jusqu’à ce jour, aucune réponse de Bercy.

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