Toshiba, en examen sur ses activités nucléaires, vend moins de 20% des mémoires

TOKYO (Reuters) - Toshiba a annoncé vendredi qu'il placerait une participation minoritaire (moins de 20%) dans sa filiale mémoires et ajouté que ses activités nucléaires à l'étranger, source de ses déboires financiers, faisaient dorénavant l'objet d'un examen.

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Toshiba, en examen sur ses activités nucléaires, vend moins de 20% des mémoires
Le conseil d"administration de Toshiba a validé vendredi un projet de scission de l"activité puces mémoire du conglomérat industriel et il est également prévu de demander à des parties tierces d"investir dans la nouvelle entité ainsi créée. /Photo d'archives/REUTERS/Yuya Shino

Mais le produit de la vente de cette participation de moins de 20% ne couvrira sans doute que partiellement une charge que les médias japonais évaluent à six milliards de dollars (5,6 milliards d'euros).

Alors même qu'il se remettait à peine d'un scandale comptable de 1,3 milliard de dollars qui avait éclaté en 2015, le conglomérat industriel japonais a subi une nouvelle avanie à la fin de l'année dernière, avec une énorme dépréciation sur une acquisition réalisée en 2015 aux Etats-Unis par sa filiale nucléaire Westinghouse.

Le directeur général Satoshi Tsunakawa a dit vendredi que la division nucléaire n'était plus une activité stratégique pour Toshiba et que la participation de Westinghouse à de nouveaux projets serait réexaminée. La division nucléaire sera en outre placée sous le contrôle direct de la direction générale.

Tsunakawa a ajouté que Toshiba comptait vendre moins de 20% de sa filiale mémoires et pourrait ultérieurement l'introduire en Bourse. Celle-ci, deuxième producteur mondial de mémoires flash NAND derrière le sud-coréen Samsung Electronics, réalise l'essentiel du bénéfice d'exploitation du conglomérat.

La dépréciation constituée sur le nucléaire américain ne laisse en effet guère d'autre choix à Toshiba que de céder une participation dans ses semiconducteurs dans la mesure où il ne peut lancer un appel au marché, étant placé sous surveillance par la Bourse de Tokyo.

Toshiba veut boucler la vente avant la fin de son exercice fiscal au 31 mars car la dépréciation risque d'absorber intégralement des fonds propres tombés à trois milliards de dollars à la suite du scandale comptable.

Selon des sources, Toshiba espère retirer plus de 200 milliards de yens (1,6 milliard d'euros) d'une cession susceptible d'intéresser des fonds de capital investissement, son associé Western Digital ou encore l'organisme public Development Bank of Japan.

Cette participation n'est pas le seul actif dont Toshiba se sépare mais le groupe japonais a toutefois exclu de vendre quoi que ce soit dans son segment infrastructures qui regroupe le traitement des eaux, le ferroviaire et les ascenseurs.

"Nous levons des fonds par le biais de la vente de participations, d'actifs immobiliers et d'autres actifs", a expliqué Tsunakawa, en conférence de presse, ajoutant que diverses mesures étaient à l'étude pour augmenter les fonds propres d'ici mars.

Des fonds échaudés

Des responsables de Toshiba se sont refusé à tout commentaire sur l'ampleur de la dépréciation à constituer sur le nucléaire américain. Le montant en sera annoncé le 14 février, à l'occasion de la publication des résultats du troisième trimestre.

"Le segment NAND est le seul à avoir de la valeur, réalisant la totalité du bénéfice des semiconducteurs, lesquels représentent 75% de l'ensemble du bénéfice de la société. Je ne serais pas étonné qu'il vende encore 20% dans quelques années puis encore 20%", observe Mark Newman, analyste de Sanford Bernstein.

Toshiba évalue entre 1.000 et 1.500 milliards de yens (8,1 à 12,2 milliards d'euros) sa divisision mémoires, a dit à Reuters une source proche du dossier. Celle-ci a réalisé un chiffre d'affaires de 845 milliards de yens sur l'exercice clos au 31 mars 2016 pour un résultat opérationnel de 110 milliards.

Des fonds de capital investissement, dont Silver Lake et Permira, ont signé des accords de confidentialité avec Toshiba, ont dit des sources. Sans que cela soit forcément un bon présage pour l'opération de cession.

"S'associer à Toshiba est risqué sans doute en raison des incertitudes sur son activité dans le nucléaire", a dit un responsable d'un de ces fonds. "Les mémoires sont un segment très cyclique et elles nécessitent des investissements massifs. Les fonds sont prudents car ils ont été échaudés par ce type d'investissement", a ajouté ce responsable.

Western Digital, associé à Toshiba dans une usine de production de mémoires NAND au Japon, semble le candidat tout désigné à une entrée au capital des mémoires mais réaliser la chose avant mars semble difficile, au vu des autorisations réglementaires qu'elle nécessitera.

Toshiba a également sollicité le soutien de ses banques et celles-ci ont décidé de ne pas réclamer le remboursement anticipé de certains prêts pour le moment même si le déclassement récente de la note du groupe industriel fait que certaines clauses des accords de dette ne sont plus respectées, suivant des sources au fait du dossier.

Pour Reuters, Makiko Yamazaki et Taiga Uranaka, Wilfrid Exbrayat pour le service français, édité par Marc Joanny

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