Abonnez-vous Identifiez-vous

Identifiez-vous

Vos codes d'accès sont erronés, Veuillez les saisir à nouveau. Mot de passe oublié ?

Toshiba au bord de la faillite à cause d’une perte de 6,3 milliards de dollars dans le nucléaire

Ridha Loukil ,

Publié le

Déjà durement ébranlé par un scandale financier de 1,3 milliard de dollars, le géant japonais de l’électronique Toshiba déplore une perte de 6,3 milliards de dollars dans son activité nucléaire aux Etats-Unis. Un résultat qui le met au bord de la faillite et l’oblige à faire rentrer des investisseurs dans son joyau : les mémoires flash.

Toshiba au bord de la faillite à cause d’une perte de 6,3 milliards de dollars dans le nucléaire
Siège de Toshiba à Tokyo
© CC Flickr

Toshiba s’enfonce dans la crise. Aux abois depuis l’éclatement du scandale financier de 1,3 milliard de dollars en 2015, le géant japonais de la construction électrique fait face à la situation la plus critique de son histoire. Alors qu’il a reporté d’un mois la présentation de ses résultats trimestriels, il a annoncé le 14 février 2017 le montant de la perte de son activité dans le nucléaire aux Etats-Unis. Le chiffre est vertigineux : 712,5 milliards de yens, l’équivalent de 6,3 milliards de dollars. Le président Shigenori Shiga en assume la responsabilité en présentant sa démission. La Bourse de Tokyo réagit en sanctionnant le cours de l’action par une baisse de 9,2%.

Fonte des capitaux propres

Car Toshiba, quatrième groupe japonais de construction électrique et électronique derrière Hitachi, Sony et Panasonic, est au bord de la faillite. Les pertes dissimulées pendant sept exercices fiscaux consécutifs dans les PC, la télévision, l’électroménager ou encore les composants électroniques, créant l’un des plus grands scandales financiers dans l’histoire du Japon, l’ont laissé exsangue. Et il ne peut plus lever des fonds auprès de ses créanciers comme auparavant pour éponger ses déficits.

En novembre 2016, le groupe se voyait sortir des conséquences de ce douloureux épisode et passer au vert avec un bénéfice net de 145 milliards de yens (1,3 milliard de dollars) sur l’exercice en cours à clôturer le 31 mars 2017, après deux exercices consécutifs dans le rouge vif. Avec son revers de fortune dans le nucléaire, il s’attend désormais à une perte nette de 390 milliards de yens (3,4 milliards de dollars), inférieure toutefois à celle de 460 milliards de yens de l’exercice précédent. La perte dans le nucléaire fait fondre ses capitaux propres, déséquilibrant son bilan avec un passif supérieur à l’actif de 150 milliards de yens (1,3 milliard de dollars). Un résultat dangereux qui le met virtuellement en situation de faillite.

Ventes en série d'activités

En temps normal, Toshiba pourrait traverser sans encombre cette mauvaise passe. Le problème c’est qu’il ne peut plus emprunter pour éponger ses déficits. Il doit trouver les ressources en interne en vendant des activités jugées non stratégiques. C’est ce qu’il a fait en cédant les capteurs d’images à Sony, l’éclairage à Konka, le médical et les caméras industrielles à Canon et l’électroménager à Midea. En dehors des PC pour lesquels il n’a pas trouvé encore de solution, il ne reste plus grand-chose à mettre sur le marché en dehors de ses deux nouvelles priorités stratégiques : les solutions de stockage de données et les équipements d’infrastructure énergétique.

Pour restaurer l’équilibre de son bilan financier et éviter le naufrage, Toshiba doit se recapitaliser en trouvant d’urgence de l’argent frais. Pour cela, il est contraint de sacrifier ce qui constitue son joyau : les mémoires flash, pourtant au cœur de l’une de ses deux nouvelles priorités stratégiques, le stockage de données. Au départ, il envisageait de céder une participation de 19,9% de cette activité, qui représente 15% de son chiffre d’affaires total mais 50% de son résultat d’exploitation. Avec l’espoir de lever 200 milliards de yens (1,8 milliard de dollars). De quoi reconstituer son capital et éviter la banqueroute.

Perte d'un symbole fort

Mais l’urgence pousse Toshiba à pencher en faveur de fonds d’investissement pour éviter de demander l’autorisation des autorités de la concurrence. Une démarche longue est risquée. Or les offres les plus généreuses qu’il a reçues proviennent de trois de ses concurrents : le coréen SK Hynix, et les américains Western Digital et Micron Technology. Les fonds d’investissement sont davantage intéressés par le contrôle de l’activité à plus de 50% de capital que par une participation minoritaire. Le groupe n’a pas de choix. Il semble maintenant prêt à céder la majorité de contrôle de ses mémoires flash. Les fonds d’investissement sont invités à faire leurs offres.

Une chose est sûre : le groupe, qui emploie 187 800 personnes dans le monde et s'attend à un chiffre d'affaires de 48,7 milliards de dollars sur l'exercice en cours, risque de perdre l’un des symboles forts de sa fierté. Inventeur de la mémoire flash de type NAND en 1989,  il est également le dernier fabricant japonais de puces mémoires. Selon TrendForce, il est le numéro deux mondial des mémoires flash NAND avec 35% du marché (avec son partenaire Western Digital en production), derrière le coréen Samsung Electronics (36%).

Réagir à cet article

Créez votre compte L’Usine Connect

Fermer
L'Usine Connect

Votre entreprise dispose d’un contrat
L’Usine Connect qui vous permet d’accéder librement à tous les contenus de L’Usine Nouvelle depuis ce poste et depuis l’extérieur.

Pour activer votre abonnement vous devez créer un compte

Créer votre Compte
Suivez-nous Suivre Usine Nouvelle sur Facebook Suivre Usine Nouvelle sur Twitter RSS Usine Nouvelle

Les cookies assurent le bon fonctionnnement de nos sites et services.
En utilisant ces derniers, vous acceptez l’utilisation des cookies.

En savoir plus