Quotidien des Usines

Toray veut faire du Béarn une "Carbon Valley"

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Le géant japonais Toray met en service ce 21 juillet une usine sur le bassin de Lacq (Pyrénées-Atlantiques). Elle doit fabriquer la matière première nécessaire à la fibre de carbone. C’est la seule usine du groupe de ce type en Europe.

Toray veut faire du Béarn une Carbon Valley © D.R. - Toray

C’est tout un symbole pour le bassin de Lacq (Pyrénées-Atlantiques). L’entrée en opération de l’usine de Toray ce lundi 21 juillet signe une reconversion réussie pour l’ex-site gazier de Total. Le puissant groupe japonais – 15,5 milliards d’euros de chiffre d’affaires et 39 000 salariés – a choisi d’implanter sur le bassin de Lacq une usine de 160 000 mètres carrés pour fabriquer la matière première de la fibre de carbone, le polyacrylonitrile, actuellement importé du Japon. "C’est la seule du groupe en Europe", précise Bernard Martin, PDG de Toray.

La qualité du tissu industriel dans la chimie à Lacq a pesé dans la décision. Total, qui cherche à compenser son départ du site de Lacq en 2013 avec la fin de l'exploitation du gisement naturel de gaz découvert en 1951, a grandement facilité cette arrivée en lui vendant son terrain pour un euro symbolique.

120 millions d'euros investis

L’investissement dans cette usine est majeur : 120 millions d'euros. Le secteur des fibres de carbone est porteur avec une demande mondiale en croissance de 15 % par an. "L'Airbus A320, c'est 8 % de composite carbone. L'A350, ce sera 50 % pour une moindre consommation de kérosène", explique Bernard Martin.

Conscients des enjeux et des perspectives d’emplois, les collectivités locales, le conseil régional d'Aquitaine, le conseil général des Pyrénées-Atlantiques et la communauté de communes de Lacq ont apporté leur soutien à ce projet à hauteur de 4 millions d'euros chacun.

Lacq, base européenne de Toray pour l’aéronautique, l’automobile et l’éolien

Une cinquantaine de personnes vont travailler dans cette usine. Son principal client sera le site de Toray d’Abidos, à quelques kilomètres, qui produit de la fibre de carbone et emploie plus de 400 salariés. D’ici trois à cinq ans, une deuxième usine de pré-imprégnation de fibres devrait voir le jour. Avec, à la clé, une centaine d’emplois. Ainsi, Toray maîtrisera la totalité de la chaîne de la fibre de carbone, de l’amont à l’aval.

Le géant nippon nourrit l’ambition de transformer le bassin de Lacq en "Carbon valley". Il veut en faire sa base européenne pour fournir des secteurs tels que l’aéronautique, l’automobile et l’éolien. Car Toray sait qu’ici, l’écosystème est riche dans la chimie lourde, fine, verte, de l’énergie... Un écosystème construit au fil des décennies autour du gisement gaz de Lacq.

Nicolas César

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