Top départ pour la conférence nationale de l'industrie

Ce 8 juillet à Bercy, Christine Lagarde installait la Conférence nationale de l'industrie qui doit impulser la politique de filières et tenter de résoudre les grands défis qui se posent à l'industrie.

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Top départ pour la conférence nationale de l'industrie
Jean Claude Volot, mediateur de la sous traitance, Christian Estrosi, ministre de l'industrie, Christine Lagarde, ministre de l'economie, Jean Francois Dehecq, vice president de la Conference nationale de l'industrie, Yvon Jacob, president de la Federation des Industries Mecaniques.

Ils sont venus, ils sont tous là. Pas moins de soixante personnes participaient ce matin à Bercy à la première réunion de la toute nouvelle Conférence Nationale de l’Industrie (CNI). Installée, ce matin par Christian Estrosi, ministre de l’Industrie et de Christine Lagarde, ministre de l’Economie, cette conférence est placé sous l’autorité du premier ministre François Fillon. L’actualité politico-médiatique chargée a eu raison de sa présence pourtant prévue à l’origine.

L’événement honorait le premier des engagements du chantier des Etats-généraux de l’industrie (EGI) : une instance permanente de dialogue pour développer l’industrie française. La responsabilité opérationnelle de l’outil a été confiée à Jean-François Dehecq (l’ancien président de Sanofi-aventis) qui avait déjà conduit les Etats généraux l’hiver dernier. « Nous avons vu l’enthousiasme avec lequel toutes les régions de France se sont emparés de ce sujet lors des EGI et la conférence permettra de maintenir la mobilisation pour que toutes les mesures soient mises en œuvre. » a-t-il lancée visiblement ravi de rempiler sur ce dossier. L’idée d’un outil permanent pour faire avancer l’’industrie n’est pas nouvelle. Il existait déjà à Bercy une CPCI (commission permanente de concertation pour l’industrie) qui visiblement n’avait pas empêché le secteur de décliner ou tout au moins de ne plus être au cœur des préoccupations du pays. Quelles sont donc les promesses de la Conférence pour éviter de n’être qu’un « machin » de plus ?

Premièrement, sa composition. Alors que la CPCI était une instance qui réunissait Bercy et les seuls syndicats patronaux, la Conférence Nationale de l’Industrie est beaucoup plus ouverte. D’autres ministères que l’industrie (travail, budget, recherche, énergie...), des partenaires sociaux avec la présence des cinq syndicats représentatifs, des membres de la société civile avec des personnalités qualifiés (comme Denis Ranque, l’ancien PDG de Thalès ou l’économiste Michel Didier) et des membres du parlement.

Deuxième point de différence : la CNI promet d’être plus opérationnelle. Elle fédère différents sujets qui sont au cœur des problématiques des industriels. L’argent public avec la présence de René Ricol, l’orchestrateur du grand emprunt ou Gilles Michel, le patron (pour quelques semaines encore) du Fonds stratégique d’investissement. Les questions de relations donneurs d’ordre-sous traitants. Et les relations avec les banques puisque le médiateur du crédit est également membre de l’instance.

Preuve de cette volonté de mettre les mains dans le cambouis, la conférence a annoncé dès ce matin les 11 filières stratégiques sur lesquelles elle va se pencher. Celle de l’automobile (qui prendra la succession de la commission de la sous-traitance automobile), l’aéronautique, le ferroviaire, le naval, les technologies et services de l’information et de la communication (incluant composants et électroniques), la chimie et matériaux, les industries et technologies de santé, les écos-industrie. Enfin, du côté des biens de consommation, on compte aussi trois filières : le Luxe et création, les industries des biens de consommations et de l’aménagement, l’agro-alimentaire et agro-industries. La question de la création d’une filière énergie a été posé sans être encore tranchée mais « les énergies renouvelables ont déjà été intégré à la filière éco-industries » a expliqué Christian Estrosi. De son côté Jean-François Dehecq a expliqué que la CNI ne s’interdisait pas de monter une nouvelle filière « si le besoin s’en faisait sentir ». Les moyens consentis sur ces politiques de filières sont de l’ordre de 300 millions. Ils transiteront essentiellement via des organismes type FSI, CDC ou Oséo et auront vocation à structurer les filières.

Mais pour certains participants ce n’est pas tant de moyen dont elles ont besoin que de concertation et de volonté de travailler ensemble pour créer des éco-systèmes dynamiques. « De l’argent, il y en a dans ce pays, explique Jean-François Dehecq, ce qu’il faut s’est bien l’orienter. » La prochaine étape de la conférence est encore un peu floue. Selon Henry Catz, délégué CFDT et membre de la conférence « La CNI doit créer d’urgence un bureau pour faire partir les ordres du jour sur chaque chantier et constituer les commissions de filières.»

Pour ses travaux d’études, la conférence pourra s’appuyer sur les services de la Direction général de la compétitivité, de l’industrie et des services de Bercy. En attendant que les travaux de la CNI avancent les industriels peuvent déjà compter sur l’accès à deux autres mesures issues des Etats-généraux. Les aides à la réindustrialisation et les prêts verts bonifiés. Ces deux guichets ont été ouvert ce matin même chez Oséo.

Anne-Sophie Bellaiche

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