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TLD, une PME aux allures de multinationale

Hassan Meddah ,

Publié le

Parmi les leaders mondiaux des équipements aéroportuaires, cette entreprise de 150 ans a su concilier l'organisation des grands groupes et la réactivité d’une petite structure.

TLD, une PME aux allures de multinationale © Pascal Guittet pour "L'Usine Nouvelle"

A Montlouis-sur-Loire, une petite commune des environs de Tours, la départementale qui jouxte l’usine de TLD (ex-Teleflex Lionel Dupont) ressemble parfois à une piste de circuit. L’accès à la route étant fermé, les automobilistes doivent patienter, le temps de voir des tracteurs particuliers faire leurs essais de roulage. Reconnaissables par leurs roues surdimensionnées à l’arrière, par leur puissante mâchoire à l’avant (capable d’avaler le train avant d’un avion) et par un poste de conducteur surélevé, ces engins simulent, sur une centaine de mètres, le remorquage de toutes sortes d’appareils, y compris l’A380, le monstre des airs d’Airbus...

L’usine produit en effet le TPX500S, le tracteur conçu spécialement pour le Superjumbo. L’engin est capable de tirer les 500 tonnes de l’A380 jusqu’à 35 km/h, grâce à un moteur turbocompressé sous le capot. « La préhension du train avant de l’avion s’obtient de manière précise à partir d’un système de visée laser », explique, à son bord, Thierry, un monteur-mécanicien chargé des essais de roulage. Montlouis-sur-Loire est l’une des six usines de TLD, l’un des leaders mondiaux des équipements d’assistance aéroportuaires (800 salariés pour un chiffre d’affaires de 160 millions d’euros en 2009). Outre une seconde usine en France à Saint-Lin (Deux-Sèvres), TLD a également des sites de production en Amérique du Nord (Sherbrooke et Windsor) et en Chine (Shanghai et Wuxi). Ce dispositif industriel lui permet de produire tout, ou presque, ce dont les compagnies aériennes ont besoin pour gérer leurs avions au sol et assurer leurs opérations de maintenance : démarreurs de réacteurs, chargeurs de fret, tracteurs et tapis à bagages, groupes électrogènes de piste...

Fiche d'identité

> Date de création: 1860 (atelier de soierie)

> Actionnariat: 25% les dirigeants et 75% des fonds d’investissement (Axa, Barclays…)

> Activité: Fabrication d’équipements aéroportuaires (tracteurs d’avion, groupes électrogènes de piste, chargeurs de fret...)

> Chiffre d’affaires: 160 millions d’euros (2009), + 40% depuis 2004

> Effectif: 800 personnes

> Rentabilité opérationnelle: 7% en 2009


Aux usines s’ajoutent près d’une trentaine de bureaux commerciaux répartis sur tous les continents. De quoi donner des allures de multinationale à cette entreprise de taille intermédiaire (ETI). « Nous travaillons sur des petites séries de quelques centaines d’unités par an. Pour industrialiser les produits, il fallait rechercher une taille critique, élargir nos gammes et nous internationaliser très vite », explique Jean-Marie Fulconis, le PDG de TLD. Pour cela, à partir des années 1990, le groupe a racheté des sociétés françaises et nord-américaines (Tracma, Albret Industrie, Erma, Devtec et Lantis), dont certaines étaient établies depuis plus de quarante ans sur le marché. Un virage dans la transformation de cette entreprise plus que centenaire, qui a démarré sa vie au XIXe siècle comme atelier de soierie.

Savoir-faire et vitesse d’exécution

Cette internationalisation lui permet de mieux servir ses grands clients, tels les compagnies aériennes (Air France KLM, Air India, China Eastern...) et les spécialistes du transport express (UPS, FedEx…) De quoi revendiquer environ 15%dumarché mondial des équipements aéroportuaires en 2009, en compétition avec des groupes allemands (Trepel…) et américains (JBT et ITW).

Multinationale certes, l’entreprise n’en est pas moins réactive. Une qualité indispensable pour faire face aux à-coups du marché. « L'an dernier, l’activité mondiale s’est écroulée de près de 40%, mais seulement de 25% pour TLD. Malgré cela, nous restons profitables », se réjouit le dirigeant. Le secret de l’entreprise? « Nous avons les avantages d’une multinationale sans sa lourdeur », souligne Hervé Criquillion, chargé de l’activité en l’Europe. Grâce à un outil informatique et à des méthodes de travail identiques à l’ensemble des sites, les équipes internationales pratiquent la fertilisation croisée. Cette souplesse lui a permis de gagner des contrats, tel celui de l’US Navy, l’an dernier, pour 200 tracteurs. « Pour répondre à l’appel d’offres de la marine américaine, notre filiale locale s’est rapprochée des équipes de Montlouis-sur-Loire, qui développaient un tracteur correspondant assez bien aux besoins de l’US Navy. Le transfert du savoir-faire a été rapide. Cette vitesse d’exécution nous a facilité l’affaire », explique Hervé Criquillion.

Ce principe d’échange d’expérience s’applique aussi aux autres départements du groupe. « Aux Etats-Unis, l’essentiel des commandes de pièces de rechange est traitée pour une expédition dans la journée. L’objectif est de faire aussi bien ici, en s’appuyant sur cet exemple », indique Céline Tessier, la responsable du service après-vente à Montlouis-sur-Loire. Dans cette usine de 120 salariés, les ouvriers et les techniciens n’ont qu’à monter l’escalier pour accéder au bureau d’études, situé au-dessus du hall d’assemblage.

TLD sait aussi se montrer ouvert aux collaborations. Il a été le premier à nouer un partenariat exclusif en octobre dernier avec le groupe Israel Aerospace Industries. Les deux entreprises ambitionnent de révolutionner le convoyage des avions entre l’aérogare et la piste. Le pilote commanderait, depuis son cockpit, un tracteur sans chauffeur. Le prototype du TaxiBot devrait être prêt à la fin de l’année. Pour faire face aux aléas du marché, TLD a également misé sur la flexibilité industrielle. « Pour être plus souple, nous avons sous-traité la construction de nos châssis », explique le PDG.

Enfin, les usines du groupe en France restent compétitives malgré les deux sites en Chine. « La part des coûts de main-d’oeuvre reste inférieure en moyenne à 7% du prix de revient total de nos produits », indique Jean-Marie Fulconis. Ou comment une ETI relève le défi de la mondialisation.

Hassan Meddah

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