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Titanic droit devant !

Guillaume Dessaix ,

Publié le

Après avoir fait le tour du monde, l'exposition consacrée au Titanic fait escale à Paris. Le temps de comprendre la construction du paquebot et de découvrir les ultimes traces de ce géant des mers aux progrès techniques importants malgré son dramatique destin.

Titanic droit devant !

Les entreprises citées

En partenariat avec Industrie Explorer

C'est tout à la fois l'histoire d'une réussite industrielle suivie de son échec le plus tragique. Ici, peu de photos du bateau ou de déclarations des survivants. À peine quelques courtes biographies présentent les industriels ayant embarqué à bord, déboursant jusqu'à 100 000 dollars actuels pour des cabines luxueuses : John Jacob Astor IV, gérant d'un vaste empire immobilier qui contribua notamment à développer le moteur à turbine ; Isidor et Ida Strauss propriétaires du grand magasin Macy's ; Benjamin Guggenheim, fils du magnat de l'industrie minière.

De la vaisselle, quelques vêtements, une valise gonflée par l'eau, de la monnaie, des nécessaires de toilette, des bijoux, des flacons pour certains encore remplis… Après 73 ans passés à plus de 3 800 mètres de profondeur, dans le noir et le silence, ces objets remontés à la surface dès 1985 permettent au visiteur de se plonger un siècle en arrière sur ce qui fut alors le plus grand paquebot du monde.

Quelques coupures de presse de l'époque annoncent ce que sera ce monstre des mers, celui de la démesure et du progrès technique. Sa hauteur est comparée à celle de la tour Eiffel et son luxe aux plus grands palaces. Les cabines de première classe sont équipées de l'électricité grâce à des générateurs produisant davantage de courant que beaucoup de villes aux États-Unis en ce début de XXe siècle. 

Autant dire que l'entreprise est immense. Pendant trois ans, la compagnie Harland & Wolff emploie plus de 15 000 personnes pour bâtir le navire. Le Titanic était muni de trois hélices. Une réussite de l’ingénierie maritime de l’époque. Les moteurs alternatifs propulsaient les hélices latérales, alors que la turbine provisionnait l’hélice centrale. La coque à double fond et à 16 compartiments était soutenue par trois millions de rivets. Elle aura nécessité 29 mois de travail à raison de 9 heures par jour avant de toucher l'eau. Deux types de rivets furent utilisés pour la construire. Ceux en acier bénéficiaient d'une toute nouvelle technique, plus rapide, le rivetage hydraulique. Ceux en fer forgé, plus malléables, étaient utilisés dans les zones difficiles d'accès, comme la proue et la poupe grâce au rivetage manuel au marteau. Ces rivets étaient chauffés à blanc par le chauffeur placé à l'intérieur de la coque, puis lancés à l'attrapeur, qui le réceptionnait dans un bol en bois et le positionnait avec des pinces. Les frappeurs placés de part et d'autre de la coque le martelaient à chaque extrémité, tandis qu'un dernier homme, placé à l'extérieur, le maintenait à l'aide d'un marteau approprié.

Et c'est là que l'entreprise faillit. La différence de matériaux serait à l'origine de l'affaiblissement de certains rivets lorsque le Titanic s'abîma contre l'iceberg. Une faiblesse, un défaut de fabrication en somme. Quatre de ces rivets sont d'ailleurs exposés, comme des coupables glorifiés, pardonnés en raison de leur intérêt testamentaire. Ces trophées survivent non loin de l'un des sifflets du navire, testés tous les midis durant le chantier et coordonnant les mouvements des différents remorqueurs. À côté, un engrenage côtoie une grande pince en fer. Après la mise à l'eau du paquebot, plus de 3 000 ingénieurs, charpentiers, électriciens, plombiers, peintres, mécaniciens… se sont activés pendant dix mois pour le finaliser. 

Le Titanic partit avec 5 892 tonnes de charbon, réquisitionnant le stock d’autres navires en raison d’une grève de mineurs. 159 fourneaux avalaient quotidiennement 850 tonnes de charbon, 1,4 kilo de charbon étant brûlé pour chaque mètre parcouru. Une salle de l’exposition est d’ailleurs consacrée aux chaufferies et à ses Gueules noires, premières victimes du naufrage. 

Tout le monde connaît la fin de l’histoire. Le sinistre fit 1500 morts, dont près de 700 des 889 membres d’équipage. Et révéla au monde entier les limites de ces progrès techniques que l’on pensait révolutionnaires, ceux d’un bâtiment que l’on rêvait insubmersible.

Guillaume Dessaix

Exposition Titanic, de vrais objets, de vraies histoires à Paris Porte de Versailles, originellement jusqu’au 15 septembre, prolongéé jusqu'au 29 septembre.

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